042 - drôle de rencontre

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Elle préfère ne pas être reçue à l’Ambassade, pour ne rien officialiser. Quand Marie part de la Caserne pour aller au travail, je vais donc la chercher au point de rendez-vous, un kiosque à musique dans le Parc Central juste à côté. Elle se lève quand elle me voit approcher. On se fait la bise et on marche. On dirait vraiment sa mère, Dana. Malgré tous ses efforts, Danielle reste prisonnière de son statut de clone. D’ailleurs :

  • Jenna, tu as réussi partout où moi j’ai échoué. Tu as pris le contrôle sur tes gènes, tu as changé de nom, tu as réussi à stopper la Bible, tu as échappé au Grand Chelem, la liste est longue.
  • C’est pas ce qui compte le plus dans une vie éternelle, Dani. Toi, tu as vraiment réussi, après quelques errances indispensables, tu as retrouvé la femme de ta vie. Tu en es sûre, c’est elle, pour toujours, Camélia.
  • Même pour ça Jenna. Nos schémas affectifs ne te correspondent pas non plus. Sinon tu serais retournée avec Pauline ou je ne sais qui, tu as le choix. Le fait que tu sois devenue primaire et sans pouvoir, sans influence occulte, ça te libère de tous les destins écrits et désormais aveugles sans la Bible.
  • Danielle, tu es quand même toi-même et tu existes en dehors de Dana.
  • Je sais mais je ne veux rien de spectaculaire, je ne veux pas tout changer, je veux juste quelque chose à moi, un petit quelque chose, discret et privé. Une légère mutation ? Pas forcément très visible. Quelque chose qui me fasse me sentir moi. Tu es la mieux placée de toutes pour le comprendre, c’est pour ça que je te le demande.

Je la prends par la main et je la regarde pour lui faire signe que j’accepte. Mais je la laisse dans le doute, c’est ce qui marche le mieux. Je l’entraîne à la Caserne où on se met à l’aise.

  • Je fais chauffer de l’eau. On va boire un peu d’alcaloïde.
  • Tu as un laboratoire ici ?
  • Non, j’ai mieux que ça, Dani, j’ai un salon privé, c’est là que ça se passe. De la science occulte. De la magie. Il faut boire, de mon lait.
  • D’accord, mais je le veux nature, directement sur toi, pour être sûre.

Il n’y a qu’avec ses certitudes que ça peut marcher alors j’arrête la bouilloire et quand je me retourne elle est déjà dans mes bras. Elle a l’air si légère, douce et fragile. Elle sent si bon aussi. Elle dégage des ondes qui ne sont perceptibles que dans son cercle d’intimité. Comme nous toutes mais avec elle c’est beaucoup plus marqué, évident, brut, primaire. J’adore. Elle aussi ressent les mêmes choses. Nos deux corps basiques et différents se reconnaissent dans cette drôle de rencontre.

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