049 - le reste aussi
La nuit quand je plonge mon visage dans le cou de Marie, il n’y a plus d’intrigue et je n’ai plus d’ennuis. J’aimerais stopper le temps.
- T’es obligée de retourner travailler à la Mairie demain ?
- Bien-sûr, que non. Je suis une simple GC, interchangeable.
- Ni moi non plus. J’ai maintenant une doublure qui peut assurer.
- C’est vrai que vous vous ressemblez depuis qu’elle a bu de ton lait.
- J’étends ma lignée, je tisse ma toile. J’ambassade.
Au petit matin, je mets nos monos au coffre et on se sauve dans le Parc, se promener, marcher, réfléchir, bruncher à la Cabane, se la couler douce en temps de Paix. C’est pas si mal finalement la vie ici à Sylvania. Et on est bien installées à la Caserne près du Parc Central. On n’est pas trop embêtées non plus par nos activités officielles entre l’emploi fictif de Marie à la Mairie et mon institution dont le but est qu’elle ne fonctionne jamais en temps de Paix, même si elle se dirige toute seule à qui sait bien s’entourer. C’est au tour de la science de revenir au premier plan mais discrètement, la civilisation a atteint un niveau de modernité où elle n’a plus besoin d’elle. Au cas où ça dégénère, mon Ambassade est déjà assez forte pour être une arme de dissuasion de toute dérive. Bri nous rejoint à table à la Cabane pour en discuter.
- Je sais que tu l’aimes bien mais le plus grand atout de Big, c’est qu’il est limité dans sa compréhension de notre technologie.
- Son autre talent, c’est qu’il est prudent. Il ne veut pas perdre une autre planète. C’était lui le conseiller scientifique de Greta sur Terre. Il y en avait un autre mais il y est resté. Ils formaient un excellent binôme. Big ne cesse de s’en chercher et s’en trouver un autre. Un jour ou l’autre, il y en a une qui va débarquer à Westech qui continue d’attirer les talents pour ses thématiques fondamentales.
Je regarde Marie et j’ai comme une intuition. Alexa. Il peut encore attendre longtemps, elle n’est pas prête de naître. Non ? Si ? Marie ?
- Je l’ai en moi. Mais pas question que ton beau-père y pose ses sales pattes.
C’est drôle. Rigolade. C’est plutôt à Big de se craindre notre fille. Les garçons sont maintenant des proies, même les vieux modèles comme lui. Heureusement qu’il a sa famille pour le protéger, sa femme Gaby et sa belle-fille Brigitte. C’est vrai qu’elle est belle aujourd’hui. On la garde avec nous pour la sieste de l’après-midi. J’ai plein de lait à distribuer. Et Bri a plein de prototypes à nous faire essayer, des modèles à trois, ça ouvre des perspectives et le reste aussi.
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