064 - l'ennemi du bien
Au Parlement Bleu on s’isole avec Dana qui doit me parler de :
- Cendrine, elle s’est mise dans une position d’intouchable. Son sort est surveillé par les demandeuses de régularisation.
- Les bannies, ça a trop duré. La prison, c’est pas à vie, surtout dans l’éternité. Il faut faire avec, non ?
- Tu me laisses pas le choix. Je me sens moins seule tout d’un coup à devoir gérer les reprises de justesse.
- Un combat, ça se mène à deux. On veut toutes d’une ère claire alors autant dissiper les zones d’ombres. Comment va Danielle ?
J’aime bien installer le doute chez Dana surtout qu’elle ne peut pas lire en moi, comme toutes les médium, ma primarité les aveugle. Fin de la réunion, je repars regarder le spectacle théâtral des lois qui se votent et puis je m’en lasse vite, je sors prendre l’air, je rentre même, à pied, par le Parc Central. Marcher et réfléchir. Faire le point. Elle me surprendra toujours, Brigitte m’attend sur un banc, je m’installe à côté d’elle, on se fait la bise et on regarde les canards dans la marre en face.
- J’ai soif. Ça me plaît bien, ton traitement.
- On peut faire ça ici, en plein air. Si tu veux. Il n’y a personne.
Je l’entreprends, je la chevauche et j’enlève mon pull et le reste. Me voilà torse nue, cheveux au vent. Elle en choisi un en caressant l’autre. J’appuie son visage contre ma poitrine. Je lui masse sa nuque maintenant recouverte d’une épaisse coiffure. Je ferme les yeux et je profite, excitée de la situation et ses bruits de succion. Elle expire enfin, rassasiée. Je me rhabille, un peu gênée comme si on nous voyait faire mais je ne sens aucune présence à part la sienne maintenant que mon lait est en elle. Je l’embrasse tendrement comme pour clore notre cérémonie intime. Elle me retient en me serrant contre elle, affection et reconnaissance. Elle est déjà plus belle encore. On se relève et je me promène à son bras en parlant de tout et de rien, ce sont dans nos silence qu’on communique le plus, dans nos geste tendres, nos regards perdus et profonds. Elle se met à en rire :
- Tu es extraordinaire, Jenna. La seule primaire parmi nous, les évoluées.
- Les ovulées, les fécondées, j’ai tant à vous offrir pour vous accomplir.
- Tu es une anti-gourou, c’est toi qui donne aux autres, comme une élue.
- Concept périmé, paradigme dépassé, on est dans une ère en mutation.
Une évolution oui, mais vers le bas, vers l’essentiel, le nécessaire, le primordial, la décroissance, la régression, la renonciation à une suite. Dans mon combat pour la Paix, le mieux, c’est l’ennemi du bien.
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