073 - émotion négative
L’Art de la Paix. Faites l’Amour, pas la Guerre. J’habite dans une Caserne de pompiers qui n’a jamais éteinte aucun feu de mémoire de deuxième vague. Plutôt que le toit humide et venteux, je descends au rez de chaussée grimper dans la cabine du gros camion rouge plein de chromes et de tuyaux. Même les pneus des roues ont une odeur de neuf. J’ai du mal à ouvrir la porte avec mon petit corps de jeune fille qui se glisse à l’intérieur sur la banquette en cuir noir. Il y a des traces blanches et des bijoux sur les tapis. Une tradition des passagères qui en ces lieux ont joui. Je reconnais une boucle d’oreille de Greta. Je baisse le par soleil et dans le miroir je me regarde me la mettre à l’oreille gauche. J’attrape le volant mais je ne touche pas les pédales avec mes jambes trop courtes. Suis-je faite pour ce monde ? J’ai pourtant été une sorte de pompière, à l’Est, au Port, sur mer et dans les airs, commandante H. Je ferme les yeux pour regarder ma vie d’aujourd’hui. Marie et Cendrine dans le premier cercle, Greta et Brigitte dans le second, Énola au-delà et au centre à la fois. Je suis Jenna, j’ouvre les yeux et de sort de là pour rejoindre ma couche en me glissant nue entre les chaleurs de Cendrine et Marie dont les corps m’accueillent machinalement, une main ici, l’autre là et les caresses commencent. J’évolue d’un lit à l’autre, d’une femme à l’autre, dans la luxure intrinsèque de la société de l’ère 4, à la surface de cette planète dont les forces telluriques se nourrissent de chacune de nos jouissance à sa surface. Avec nos émotions nous ne faisons qu’une avec la planète qu’on aime et où on s’aime, on sème et on récolte l’absolu. Je fais partie de ce tout. Pendant que Marie dort, une main sur son ventre, Cendrine nous équipe de minibris pour vibrer ensemble l’une dans l’autre jusqu’à l’heure du brunch où elle m’abandonne pour aller le préparer. Je me réfugie alors contre le corps soyeux de la mère d’Alexa qui se réveille joyeuse de me voir et désireuse de réveiller son corps sous mes mains baladeuses. C’est l’heure de la tétée. On en garde un peu en bouche pour embrasser Cendrine qui nous appelle pour partager notre dernier repas sensuel et sucré ensemble car elle doit rentrer.
- Retrouver Sandrine avec qui j’ai fusionnée. Elle était avec Greta pendant tout ce temps là. Avec Sandrine on est comme des jumelles, pas plus, pas moins. Et on se sent bien ensemble. On fonctionne. De temps en temps on fait des pauses, pour voir. Elle va me trouver changée, c’est sûr. Et puis on va se recalibrer l’une sur l’autre, s’équilibrer, on est la même personne maintenant mais dans deux corps séparés et identiques.
On se sépare en Paix et reconnaissantes, sans aucune émotion négative.
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