077 - une deuxième tartine
Parce que j’ai besoin d’un acte de soumission, d’être prise et éprise, dominée par sa chair sur la mienne, par la numéro une.
- Fais moi mal, Greta. Je suis à toi, je suis ta chose.
- Victoria aimerait se joindre à nous, pour une fois.
Pourquoi pas ? Entre nous elle vient et elle prend toute la place. En fait elle nous réclame. Elle aussi a besoin de se noyer d’affection, de désir et d’amour, de tout ce qu’on peut lui offrir, comme nos mamelles sur son visage pour le coquetèle d’un doux massage de sa bouche sur nos seins et on descend explorer son corps jusqu’à ses pieds qu’on lèche et qu’on embrasse, qu’on gobe et qu’on mordille pour lui tirer des cris de chatouillis de nos langues qui remontent lui laver ses longues jambes interminables. Finalement, avec Greta en miroir, je m’endors en bavant sur le sein droit de Victoria qui au réveil n’est plus là. Je glisse alors vers Greta histoire de réveiller nos corps avec le désir de la luxure, au brisim cette fois-ci, et nos ventres connectés s’agitent comme on se lape le visage en laissant nos gémissement sortir librement de nos petits corps vibrants de bonheur. On arrive au brunch dans un état second, parallèle à nous-même, sales et souillées face à une Victoria propre, droite, grande et digne de s’occuper de nous faire un minimum de toilette avant de passer à table.
- Vilaines filles. Il vous faut reprendre des forces. Même toi Greta.
Elle a tendance à ne plus manger en ce moment. Mais ça va aller. Je pose ma main sur la sienne. Elle baisse les yeux. Je ferme les miens et je serre pour que mon énergie passe en elle, juste un peu d’envie, un peu d’appétit. Quand j’ouvre les yeux elle se redresse, elle a plus de couleurs, ses tâches de rousseurs ressortent, ses yeux sont plus bleus. J’en reviens pas moi-même, Victoria non plus. Je les rassure :
- Vous inquiétez pas, ce n’est que mon lait. Il est très… nourrissant, surtout quand je l’active, en prière.
Quitte à canaliser l’occulte, autant en avoir un peu sur moi. Comme j’ai un peu de science et un peu de politique. C’est ça aussi, être neutre. Mais je réalise que je n’y suis pas arrivée toute seule et ce qui a changé dernièrement dans mon quotidien, c’est Edwige, qui vient à peine d’arriver et avec qui je n’ai eu aucun contact. Donc, j’ai dû attraper quelque-chose avec Énola, elle a dû me refiler un truc, c’est évident. Je prends maintenant la mesure de l’intensité de notre dernière entrevue. Victoria me sert une crêpe recouverte de miel, une main sur mon épaule, bisou sur ma joue, caresse dans le dos. Greta reprend une deuxième tartine.
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