079 - la muse de l'R4
Estelle cherche a comprendre mes courbes. Celles sur ses écrans. Celles tracées par ses analyses biologiques et chimiques, physiques aussi. La science, quelle poudre aux yeux. Drôle d’expression. Je m’en mets sur les paupières, de la brune, pas trop claire, en attendant ses plaintes :
- C’est qui cette Edwige ? Je me sens évincée, par une druide bannie, les pires, on peut rien contre elle et pendant que je cherche à comprendre mes graphiques elle, elle comprend tout d’un regard, d’une odeur, d’une main posée sur le corps, et encore. Je l’ai vue faire, sur ta Marie. Et elle ne se trompe jamais.
- Notre science, Estelle, c’est notre faiblesse. Apparemment, l’Humanité mérite mieux. Il nous suffit juste de faire voter une petite loi à la con à laquelle personne ne croit pour plonger notre science dans l’obscurantisme et dans un monde de magie ou de miracles de la technique, ça marche aussi.
- Le vent n’a qu’à tourner. J’ai toujours faite dans l’holistique, tu le sais bien, ma science, c’est du folklore, de la littérature, tu connais ça, non ? Au pire, je suis de sang royal, alors… toi aussi d’ailleurs.
- Pour ce qui l’en reste, peut-être bien. Mais à mon stade, je n’en suis plus là. Il s’agit d’un autre fluide maintenant, moins bleu, moins rouge, plus blanc.
Je l’aide à fermer l’infirmerie de la Caserne. On retrouve une plaque de porte, Docteure Mat, H. Elle a exercé ici ? Sur Greta, sans doute. Ce lieu est rempli d’histoires. Il ne nous appartient pas. On ne fait que passer. Estelle ne reviendra pas. Elle me serre dans ses bras. M’embrasse dans le cou, sur la joue, sur la bouche et murmure :
- En cas d’urgence, voir avec la druide Kiesler, E.
- Et pour Alexa ? J’ai besoin de toi pour savoir et voir ça.
- Alexa n’en est qu’au stade embryonnaire, et pour longtemps je pense. Moi je fais plus dans le fœtus. On verra à ce moment là.
Pour l’instant, je vois sur le visage de Edwige les traces de la passion rosée qui traverse son âme et tout le reste, c’est l’effet Little Marie qui en a balayé plus d’une, au moins deux, Paloma et moi. Alors c’est au tour de Brigitte avec qui aller jouer. Elle se sent bien à me pomper mais elle reste modeste et lucide :
- Izzy donne beaucoup plus que moi, elle est mieux équipée. Et plus épanouie aussi, plus fertile et tout et tout, c’est pour ça que je l’aime.
- C’est vrai que vous vous complétez bien, toi et ton côté athlétique, tendue et froide, nonchalante et insouciante, tout le charme à la mode de notre ère, tu en es la plus belle représentante, positive, la muse de l’R4.
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