086 - nos incantations
Dans la piscine, Edwige m’aide à faire la planche, elle me soutient légèrement avec ses mains, je mets les bras en croix pour mieux tenir à la surface où elle me sonde :
- Qu’est ce qui se serait passé si j’avais répondu un truc du genre : « L’âme de ta Marie est déjà à moi. »
- J’imagine que Énola serait apparue pour te faire disparaître d’un claquement de doigt.
- Ça alors, il faut que je retienne cette incantation alors, ça peut toujours servir au cas où je tourne mal.
Mais après le bain je peux le vérifier dans l’intimité du bois au fond du jardin quand je la plaque contre un arbre pour l’embrasser. Elle ne tourne pas mal, sa langue dans ma bouche. Surprise et gênée, elle ose quand même me demander, d’un regard timide sur ma poitrine, à y goûter. Je la prends donc par la main pour l’entraîner dans le confort d’une chambre de la Maison Bleue, celle qui a un grand fauteuil dans lequel de nombreuses tétées ont sûrement déjà été faites. Edwige, avec son corps nu recroquevillée sur le mien me paraît tout d’un coup toute petite. Elle pose délicatement une main sur mon sein, ferme les yeux et approche sa bouche pour aussi clore les miens pour ressentir ensemble toutes les sensations magique de cette transmission de vie, d’envie, d’amour et de joie d’exister, de grandir, s’épanouir dans une extase merveilleuse loin de toute luxure primaire, près de l’essence même de l’évolution intérieure de nos corps, nos esprits et nos âmes au-delà de l’amour qui inondent nos cœurs. Edwige s’endort dans la digestion de mon lait. Je la laisse dans le ventre du fauteuil et je la recouvre d’une couverture. Caresse et bisou sur sa joue, je passe en salle d’eau me rafraîchir. Quand je relève le visage, Énola est dans le miroir.
- Merci, ça m’évite une réalité alternative à gérer.
- Tu sais jouer les fantômes aussi ? Si tu veux vraiment rester dans notre dimension, il faut te plier à nos usages. Les pouvoirs, c’est une faiblesse.
- Je suis très faible. Mais tu as raison, je dois retrouver des forces.
Je sens une main sur mon épaule, la sienne, et on se retrouve ailleurs. Téléportation.
- On est où ? On est quand ?
- Le temps est linéaire malheureusement. On est chez moi.
- Pourquoi tu es venue me chercher à la Maison Bleue ?
- Parce que tu m’as invoquée.
Ses mains glissent sur moi et on commence à mélanger nos incantations.
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