Octobre 1665

Une minute de lecture

J’avance soubs ton œil, prisonnier par la haine,

Je combats en ce jour pour ma patrie hautaine.

Elle devient à l'instant sombre de mon païs,

Quand tesmoigne le bois, mes actes enlaidis.

Povre homme ensanglanté par ce glaive sans ame ;

Au bout, l’infatigable ange tueur infame.

Povre marionnette à l’esprit deschiré,

Humain du souvenir d’un seul dieu esgaré.

L’homme est-il un Caïn exempté de l’amour ?

Un esclat violent qui se veste le jour

De tissus despouillez par le vieux doigt du Pere,

Ce fol ensorceleur, ceste ingrate chimere ?

Je ne fais ny l’estat, ny la science du mort

Qui pense eslever là l’ame vers un dieu fort.

Mais le juste examen d’une vie esgorgée

Que pleurera la povre espousée esseulée.

Mais suis-je ce bourreau, moy le poëte craint,

Blessant l’homme au thorax, mourant dans son escrin,

Souillant compaigne & sœur, saignant le porc tranquille,

Et coupant de la main le blé meur & fertile ?

Devant toy mon jumeau, je brandis le trenchant

Pour te donner la mort, soubs le soleil couchant.

Mais dans tes yeux ton ame esclate de lumiere,

Comme l’arc du Seigneur, on cede à la priere.

Je m’escroule à genous, devant ta face d’homme,

Car te fendre le corps, c’est m’enlaidir en somme.

Alors rassemblons-nous, frere du mesme sang !

Allons boire à nostre ame & laissons l’innocent !

Pour toi mon cher Peter, en espérant que ces mots t'aideront à produire un vieux poème ;).

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