Après tout...
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Je remonte le fleuve après une semaine,
Balloté par le vent, sur mon frêle radeau.
Sur le bord qui s’étend, invisible rideau,
Chantent, dansent au bois, Euterpe et Melpomène ;
Leurs chants nécessitant à mon cerveau, effort
Et attention, pour se saisir ce langage ;
Ne les comprenant pas, je plie alors bagage.
Le fleuve scribayen, parfois, est sans confort.
Qu’importe le roulis qui cherche à me noyer,
Je m’accroche, dérive, arrive à côtoyer
La berge et prendre pied ; des écrivains m’accueillent,
Me font lire leur art ; mes sens n’ont profané
Ni la verve, le verbe et le talent qu’ils cueillent,
Comme un lys chatoyant que le temps n’a fané.
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