Dans ma nuit
Dans ma nuit d’insomnie, ogresse impitoyable,
J’écris à l’encre rouge un amour finissant.
Je n’aurais plus besoin du parfum ineffable
Pour calmer le chagrin de mon cœur pâlissant.
Ce mauvais vent qui souffle en ce désert meurtri,
Le sable nostalgique avance comme un sabre.
L’ombre de l’amour mort, qui résonne en un cri,
Dans cette âme flétrie, efflue un air macabre.
Je tente par orgueil la débauche confuse,
L’écriture gothique au sang noir du démon,
Mais les mots hébergeant ma conscience incuse,
Volent à mon esprit, l’image et la raison.
Pour que divague ici, le reflet de la lune,
J’invoque par-delà la montagne et la mer,
La diablesse aux pouvoirs divins de la rancune
Qui mêle le raisin au vin fort et amer.
Dans ma nuit d’insomnie, ogresse impitoyable,
J’écris à l’encre blanche un amour hivernal.
Je n’aurai plus besoin de ton corps désirable
Pour gommer la douleur de mon cœur conjugal.
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