Adieu
Adieu, douce beauté, mon rêve d’ange… Adieu !
Comme un homme éreinté et tordu par la vie,
Je ne trahis la main qui me mène en ce lieu,
Où l’âme des morts chante, où la raison s’oublie.
Je suis une fumée, un rêve ou un brouillard
Qui monte, s’effiloche et dans l’air se disperse.
Et dans mon cœur ouvert, je verrai, l’œil hagard,
Mon semblable jouir d’un mal qui le transperce.
J’aimerais luire en toi, savoir les sacrifices
Qui mordent le chagrin de l’homme vertueux,
Quand bien même ton être aime sans artifices,
Devant l’ennui de l’or et les jours luxueux.
Adieu, soleil doré, mon firmament… Adieu !
Avant qu’Aquilon souffle et raidisse ma haine,
Sur mon chemin de verre où reflète un ciel bleu,
Je pars comme un esprit libéré de sa chaine ;
Car, vivre dans un monde ingrat et travesti,
Inapte, malhabile à dépeindre un vrai style
Au médiocre fond de son cœur néanti,
Mon âme se tordra avant d’être imbécile.
Je voudrais, toi, le mur réel de mon courage
Te donner un baiser qui entre dans l’esprit.
Mais je quitte la terre où l’homme assoit sa rage,
Et où même Satan, de son ciel, la maudit.
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