La folie du poète
Avant toute lecture, je vous informe que ce poème à été jugé immoral, contraire à l'éthique de la société par mon ancienne éditrice. Peut-être a t-elle raison sur le fond, mais l'art, selon moi, ne doit être ni moral ni immoral... Attention aux âmes sensibles.
Ce corps nu au teint rose, endormi sur le lit,
Les yeux fixes et verts sur l'homme et son délit,
Ne voit, ni ne sent rien dans les nymphes du sexe
Quand le poète amant, le saisit sans complexe.
Il n'aura, en amour, que son odeur d’ilang ; (prononcé ilan)
Pour les attouchements, ses doigts tachés de sang.
Il n'aura désormais, pour lécher, que sa langue ;
Jouir de son méfait, cette maîtresse exsangue.
Il n'est que son amant qui boit la sève rouge,
Sur sa peau veloutée où nul esprit ne bouge.
« Mon amour tu es lasse ! Éteins ton regard vert !
Et n'aie aucune crainte à ton corps découvert... »
Mais le cadavre chaud qu’on nommait Virginie,
Navette vers l’auteur qui n’a qu’une envie,
Inonder de têtards le conduit vaginal,
Espérant reconstruire un monde marginal.
Il pénètre sa langue en l’oreille coupée,
Entonne d’une voix douce une mélopée ;
Il suce sans dégoût enfin son cérumen jauni,
Comme une abeille boit un doux nectar béni.
Et dans la mort glissante, il parle à son âme,
La trouve impénétrable ainsi le cœur de femme.
Il l'a assassinée, elle est pour lui son thé,
Son breuvage exutoire au goût d'éternité.
Annotations