7. Première mission - Partie 1

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Soren guida spontanément Mezhelan jusqu'à l'entrée des écuries du château. Les imposantes portes en bois donnaient sur une vaste structure de pierre, témoin de siècles d'histoire et d'activités équestres. Le guide siffla soudainement alors qu'un chien massif aux longs poils noirs se précipita sur lui avec une énergie débordante, le couvrant de léchouilles affectueuses : "Ahh, non non ! Ça suffit ! Du calme, mon grand !" réprimanda gentiment Soren en manquant de perdre l'équilibre, avant de sourire à l'assaut enthousiaste de son compagnon.

Il entra ensuite à l'intérieur des étables, et l'odeur de la paille fraîche mêlée au parfum musqué des chevaux imprégnait l'air. Les magnifiques créatures au pelage lustré se prélassaient dans leurs stalles, leurs grands yeux expressifs observant chaque mouvement autour d'eux. Certains secouaient doucement la tête, faisant tinter les grelots accrochés à leur harnais, tandis que d'autres émettaient de doux hennissements en signe de salutation. Soren rejoignit le vieux palefrenier qui dépassait de l'un des box du fond pour désigner son animal qui le suivait de près : "Il ne vous a pas causé de problèmes ?" demanda-t-il.

Le vieux palefrenier, au visage buriné par les années et marqué par les rigueurs de sa profession, émergea du box. Ses mains calleuses témoignaient de nombreuses heures passées à soigner les chevaux, tandis que ses yeux fatigués brillaient d'une lueur de bienveillance envers les bêtes dont il avait la charge : "Non, comme vous l'aviez dit, c'est vraiment un brave. Il a été très calme et m'a suivi pendant mon travail… J'avais peur qu'il effraie les chevaux, mais tout s'est bien passé." assura-t-il en suivant le gros chien du regard.

La langue pendante et les yeux pétillants de l'animal trahissaient son enthousiasme à retrouver son maître. Ses pattes puissantes martelaient joyeusement le sol en faisant voler la paille.

Soren gratta les côtés de la grosse tête de son chien au moment où il lui sautait dessus : "Mais oui, c'est une brave bête, c'est bien mon gros." félicita-t-il avant de reporter son attention sur le palefrenier pendant que son compagnon descendait finalement ses grosses pattes : "On va se mettre en route immédiatement. Vous avez pu seller les chevaux ?"

"Bien sûr, je me dois d'obéir aux requêtes provenant de Sa Majesté…" répondit l'homme en jetant un coup d'œil vers le chien qui partait rencontrer le garçon à ses côtés.

Mezhelan observa le gros chien avec un mélange de surprise et de curiosité. Lentement, il tendit une main hésitante vers l'animal, permettant à celui-ci de le renifler.

"J'ai choisi les bêtes les plus dociles que j'avais à disposition…" continua d'expliquer le vieil homme en scrutant le comportement du chien.

Soren se tourna pour suivre son regard et vit l'animal en train de remuer la queue de plus en plus vite avant de se lever, les pattes en avant sur les épaules de Mezhelan. Il ignorait que c'était la première fois que ce dernier voyait un chien en dehors d'un livre, mais il fut aussitôt pris d'une sueur froide en voyant son animal lécher le visage du mage sans retenue. Il attrapa alors rapidement son collier pour le maîtriser : "Ébène ! Tu descends !" ordonna-t-il, paniqué.

Mezhelan recula un pied pour ne pas basculer sous le poids de la bête, posant une main affectueuse sur son épais pelage : "Tout va bien." dit-il vers Soren en percevant son inquiétude, tout en gratifiant le chien d'une attention sincère.

"Vous êtes sûr ? Je suis désolé, il ne fait pas ça d'habitude…" expliqua Soren en tenant toujours le collier avec hésitation. Son chien n'avait pas pour habitude de se comporter familièrement avec les étrangers, et il avait un très bon instinct pour reconnaître les personnes bienveillantes de celles qui avaient de mauvaises intentions. Une part de lui se sentait donc rassurée de savoir que son chien jugeait si bien le jeune homme, surtout s'il devait collaborer avec à l'avenir.

"Je vous assure que ça va, sauf si vous êtes jaloux." choisit de plaisanter Mezhelan, une pointe de malice dans la voix.

Soren resta un instant perplexe face à la taquinerie, puis lâcha le collier en se détendant légèrement : "Je vais peut-être le devenir, parce qu'il doit vraiment vous apprécier pour faire ça." dit-il simplement en souriant en retour. Il aperçut Mezhelan en train de fermer instinctivement les yeux à cause des coups de langues de son chien lorsqu'il se tourna vers le palefrenier pour présenter : "Voici Maître Mezhelan."

Le vieux palefrenier fit alors une courbette maladroite en saluant : "Maître Mezhelan…"

"Bonjour… Monsieur." répondit poliment ce dernier, déstabilisé par le chien qui n'en avait pas fini avec lui.

Soren regarda Mezhelan en expliquant finalement : "Il s'appelle Ébène, il m'accompagne partout où je vais et sera du voyage… Sa taille à elle seule est plutôt dissuasive. Mais quoi qu'il en soit, il faut le supporter, alors n'hésitez pas à lui ordonner de descendre et à le réprimander s'il devient trop envahissant…"

"Descends, Ébène." ordonna Mezhelan d'un ton soudainement autoritaire qui parvint à légèrement surprendre les deux autres.

Le chien, toujours un peu foufou, s'exécuta néanmoins avant de continuer à lui tourner joyeusement autour.

Mezhelan ne put s'empêcher de sourire de nouveau en constatant : "Il est remarquablement obéissant."

"Oui, la seule exception c'est lorsqu'il s'agit de nourriture, vous voilà prévenu." précisa Soren avec amusement. Il se tourna de nouveau vers le palefrenier en disant : "Nous aurions besoin d'un cours accéléré d'équitation."

"Vous sembliez pourtant savoir ce que vous faisiez tout à l'heure…" remarqua le vieil homme.

"Ce n'est pas pour moi." expliqua Soren en revenant sur ses pas pour rejoindre les deux chevaux déjà sellés. Il commença à détacher les rênes pour guider les bêtes vers la sortie des étables en s'adressant au jeune homme : "J'espère que vous saurez pardonner mes manières si vous me trouvez un peu abrupte dans mes explications…"

"Nous n'avons pas de temps à perdre, alors expliquez simplement et ne vous inquiétez pas du reste." répondit aussitôt Mezhelan.

"Bien." dit Soren avec appréciation, en remettant l'une des rênes dans les mains du palefrenier pour commencer ses explications face à son cheval : "La première chose, quand vous devez monter seul, c'est de veiller à l'immobilité de votre monture, pour ça vous devez remonter légèrement les rênes et les tenir au niveau de la crinière pour qu'il ne bouge pas, c'est aussi à la crinière que vous vous tiendrez pour monter. Placez-vous au niveau des pattes avant et mettez le pied gauche dans l'étrier avant de grimper en l'enjambant." Il accompagnait l'exemple à ses explications, et se retrouva donc sur la selle en regardant Mezhelan comme pour lui demander s'il avait compris.

Le vieux palefrenier conseilla : "Il devrait peut-être déjà monter une fois pendant que je le tiens."

Soren fit un signe de tête alors qu'il regarda Mezhelan s'approcher du cheval et mettre le pied dans l'étrier avant d'hésiter légèrement à agripper la crinière : "Tenez-vous fermement sur le haut de sa crinière. N'hésitez pas à vous aider de votre main droite au niveau de la selle. Pas d'inquiétude, il est habitué et vous ne semblez pas très lourd." rassura-t-il rapidement.

Mezhelan s'exécuta, avant de parvenir à monter plutôt facilement, surtout pour une première fois.

Le vieux palefrenier s'en étonna rapidement : "Eh bien, j'ai vu pire… C'est vraiment la première fois que vous montez ?" questionna-t-il avant de mettre les rênes dans ses mains.

"Oui…" confirma Mezhelan, sans trop oser bouger.

"Bien, les rênes, dans ce sens." précisa Soren en montrant ses mains : "Les rênes vers le haut, les pouces vers le haut."

Mezhelan jeta un coup d'œil en direction de son formateur provisoire avant d'ajuster sa façon de tenir les rênes.

"Pour le faire avancer, vous serrez légèrement les talons." poursuivit Soren en montrant l'exemple alors que son cheval se mit spontanément à avancer. Pendant qu'il voyait Mezhelan suivre l'exemple, il ajouta : "Pour le stopper, vous ramenez doucement les rênes vers vous. Si vous voulez qu'il aille à droite, vous ouvrez le poignet vers la droite, et à gauche, la même chose de l'autre côté."

Mezhelan appliqua ce qu'il venait d'entendre pendant les minutes suivantes sans difficultés particulières.

Le palefrenier regarda en commentant vers Soren : "Il apprend vite. Vous ne devriez pas avoir trop de problèmes."

Soren s'arrêta au niveau de l'homme en confirmant : "Oui…"

Mezhelan fit un petit tour aux alentours des écuries, puis revint vers eux en disant : "Et pour descendre ?"

"Vous tenez les rênes au niveau de la crinière et déchaussez les deux étriers. Vous inclinez le buste vers l'avant en élançant la jambe droite par-dessus la croupe du cheval, sans le toucher, ensuite vous vous laissez glisser jusqu'à retoucher le sol." expliqua Soren en montrant une nouvelle fois l'exemple.

Mezhelan reproduisit ce qu'il venait de voir avec facilité, puis donna quelques tapes sur l'encolure de la bête en souriant : "Il est vraiment facile." commenta-t-il.

"C'est une bête qui a des années de dressage, elle est calme et ne devrait pas vous rendre les choses difficiles." confirma le palefrenier.

"C'est parfait." dit Mezhelan en se tournant vers Soren pour poursuivre : "Vous mentionniez deux à trois jours de cheval, est-ce bien cela ?"

"Pour l'aller, oui, et autant pour le retour. Ce n'est pas très loin, mais le temps réel dépendra de nos temps de pauses." répondit Soren en attachant un sac à sa selle. Sans compter que pour un débutant, la selle allait peut-être être dure à supporter.

Mezhelan se tourna de nouveau vers sa monture en plaçant les rênes au niveau de la crinière avant de remonter dessus tout seul. Il croisa les regards surpris de Soren et du palefrenier, puis demanda : "Pouvons-nous partir ?"

Soren ne put s'empêcher de se demander pourquoi il semblait si pressé, mais acquiesça calmement : "Oui, comme il est bientôt midi, on pourrait s'arrêter en route dans l'auberge de la Porte Ouest pour manger avant de quitter la capitale ? Qu'en dites-vous ?" proposa-t-il.

Mezhelan accepta : "Cela me semble bien."

Soren fixa le jeune homme un instant, il se posait beaucoup de questions à son sujet, quel genre d'enfance avait-il eu ? Et quel genre de magie pratiquait-il ? Était-ce celle dont parlaient les contes ? Bien que sa première impression de Mezhelan fût plutôt bonne, il ne pouvait s'empêcher d'être très sceptique à ce sujet. Il l'imaginait plutôt avoir des connaissances en plantes et minéraux et préparer des potions et autres décoctions grâce à elles.

Ils se mirent en route quelque temps plus tard, après avoir attaché leurs quelques bagages aux selles des montures. Ils quittèrent les fortifications du château pour s'engager dans le dédale animé des rues de la cité.

Les bâtiments, avec leurs façades de pierre ornées de balcons en fer forgé, semblaient se resserrer autour d'eux à mesure qu'ils avançaient. Et ces rues, bondées de citadins affairés, ralentirent considérablement leur progression. Des marchands ambulants vantaient leurs produits, tandis que des jeunes filaient entre les passants devant les boutiques ouvertes, toute cette effervescence formant une symphonie désordonnée. Les pavés usés par les générations rendaient également leur avancée plus délicate, même si de temps à autre, une fontaine scintillante au milieu d'une place offrait plus d'espace et une vision rafraîchissante, ses eaux limpides reflétant la lumière du midi.

Sur le chemin, Mezhelan sembla essayer de faire connaissance : "Quelle est la race de votre chien, Soren ?"

"C'est un Terre-neuve, vous n'en aviez jamais vu ?" répondit aimablement Soren. Leurs voix tentaient de couvrir les bruits ambiants de la ville, créant une atmosphère de camaraderie et de découverte.

"Je n'avais surtout jamais vu de chien avant aujourd'hui…" confia honnêtement Mezhelan.

Soren avait encore plus de questions en écoutant ça, et ne put s'empêcher de regarder l'air légèrement gêné du jeune homme avec des yeux ronds : "Pardonnez-moi si ma question est déplacée, mais étiez-vous déjà sorti du château avant aujourd'hui ?"

"Une seule fois, mais je ne suis jamais sorti de Dafan." dit Mezhelan.

"J'ai… du mal à comprendre. N'êtes-vous pas de la noblesse ?" questionna prudemment Soren en fronçant les sourcils.

"Je… ne sais pas vraiment qui je suis, Soren. On ne me l'a jamais dit, et je n'ai pas le droit de connaître mes origines non plus. Je connais juste le nom que l'on m'a donné, et ce que l'on attend de moi…" confia très calmement le jeune homme.

Soren fut à court de mots pendant un long moment. Même si la position du mage lui accordait d'énormes privilèges, c'était aussi d'énormes responsabilités à un jeune âge, et ça semblait quelque peu injuste. Il avait presque dix ans de plus que lui, et pourtant, il n'avait pas du tout l'impression de se trouver face à un gamin de seize ans.

Ils passèrent ensuite devant une place sur laquelle une troupe de jongleurs et de musiciens divertissait la foule. Des arômes enivrants de pain frais et d'épices émanaient des échoppes, et des artisans exposaient fièrement leurs œuvres, des poteries délicates aux étoffes colorées. Une vieille femme salua respectueusement Soren, reconnaissant en lui un visage familier, tandis qu'un groupe de jeunes garçons écarquilla les yeux devant l'intimidante stature d'Ébène.

Ce dernier remarqua l'intérêt du jeune mage pour le spectacle de rue, et suggéra finalement avec prudence : "Je ne sais pas ce qui nous attendra au village de Millepins, mais peut-être qu'on pourrait essayer de profiter un peu sur la route ?"

"Profiter ?" répéta Mezhelan avec curiosité.

"Oui, pour vous montrer des choses qui valent le coup d'œil, découvrir un peu le royaume et ses habitants…" répondit Soren, toujours très prudemment.

"Si ça ne nous rallonge pas de trop, cela peut être plaisant." acquiesça finalement Mezhelan.

"Est-ce qu'il y a des choses en particulier que vous aimeriez voir ou découvrir ?" demanda Soren de façon un peu plus détendue.

Mezhelan sembla hésiter un long moment.

Soren remarqua l'air légèrement embarrassé du jeune homme et rapprocha son cheval du sien pour dire plus doucement : "Je vous promets que je connais beaucoup de lieux et de gens agréables… Même s'il s'agit de femmes."

Mezhelan, surpris, répéta : "Comment ça, de femmes ?"

"Bah, vous savez… si vous voulez découvrir les choses de l'amour, par exemple…" poursuivit Soren.

Le visage de Mezhelan devint cendré : "Me parlez-vous de prostitution, là ?" s'offusqua-t-il.

Ressentant un changement radical d'humeur chez le jeune homme, Soren eut l'impression qu'il venait de faire une énorme boulette et essaya rapidement de se rattraper : "Euh, non… bien sûr… Je ne…"

Mezhelan comprit qu'il n'était plus très sincère et le coupa : "C'est surtout que je pensais que la prostitution avait été interdite par la reine-mère il y a des années ?"

Soren, mal à l'aise et nerveux, demanda : "Je risque des problèmes, là ?"

Mezhelan ne put s'empêcher de sourire à sa réaction et rassura : "Non, vous pouvez parler librement, je vous l'assure. C'est simplement de la curiosité."

Soren essaya de jauger sa sincérité, puis décida de répondre honnêtement : "Elle l'a peut-être interdite officiellement, mais ça fait partie des choses qu'on ne peut jamais totalement endiguer, c'est le propre de l'homme. Ça se fait simplement de manière beaucoup plus discrète. Et il est impossible pour le roi de surveiller tous les recoins du royaume en permanence. Plus on descend vers le sud, et moins ils s'en cachent, d'ailleurs."

"Il est certain que Sa Majesté n'aurait jamais pris l'initiative d'interdire ces pratiques. Et si la loi n'a pas encore été abolie, c'est vraisemblablement par égard envers sa mère. Car je doute sincèrement qu'il apprécie la législation actuelle." raconta spontanément Mezhelan.

Soren resta bouche-bée par ce qu'il venait d'entendre. Il ne l'avait vraiment pas vu venir celle-là. Il éclata subitement d'un grand rire débridé, qui ne commença à se calmer progressivement qu'après avoir manqué de se mordre la langue à cause de son cheval : "Je ne m'attendais pas à ce que vous me fassiez cette petite confidence sur le roi !" s'amusa-t-il.

"Moins fort." sourit Mezhelan, en voyant qu'ils attiraient l'attention des passants.

"Pardon." fit Soren en continuant de sourire de toutes ses dents : "Du coup, ça ne vous intéresse pas ?"

Mezhelan répondit alors par une question : "Avez-vous déjà fait ça, vous ?"

"Je l'avoue, ma curiosité m'a poussé à découvrir la chose auprès de femmes qui vendent… ce genre de service. Je ne suis pas un très bon parti pour les dames, vous savez." chuchota Soren dans sa direction.

"Je vois…" dit simplement Mezhelan, visiblement pensif.

"Vous n'êtes pas curieux ? À votre âge, je n'avais que ça en tête pourtant…" réfléchit Soren : "Encore aujourd'hui, d'ailleurs…"

Mezhelan sourit d'abord légèrement à ce qu'il entendait, avant que le coin de ses lèvres ne retombe finalement petit à petit : "Non, je ne suis pas curieux. Ignorez-vous que les mages font vœu de célibat ?" questionna-t-il sérieusement.

"Vraiment ? Je n'en savais rien, désolé…" s'étonna Soren : 'Il n'est quand même pas eunuque, si ? Ce serait super triste.' pensa-t-il. Mais il n'osait néanmoins pas pousser la curiosité au point de l'interroger sur le sujet : "Ça, c'est pas d'chance." ajouta-t-il spontanément.

"Vous avez un tact incroyable, Soren." remarqua Mezhelan en serrant légèrement les dents.

Prochainement : Mezhelan

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