11. Première mission - Partie 5

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Soren se sentit une nouvelle fois incroyablement soulagé de constater que Mezhelan était toujours vivant. Il avait aussi très rapidement compris que ce boulot n'allait vraiment pas être de tout repos, que ce soit physiquement ou mentalement : "J'ai peur que ma vie s'écourte à cause de vous." plaisanta-t-il en avançant, portant le jeune homme. Ce dernier était plutôt léger, il ne pesait guère plus de quarante-cinq kilos. Cependant, il était évident qu'il n'en restait pas moins redoutable en dépit des apparences. Mais puisqu'il le voyait aussi vulnérable, l'homme avait de plus en plus envie de le soutenir et de le protéger. Même un mage pouvait avoir besoin d'aide, apparemment.

"Il est réveillé ?" questionna le chasseur à côté de lui.

"Oui…" acquiesça Soren, jetant un nouveau coup d'œil sur le concerné qui ne disait rien et restait parfaitement immobile. Il remarqua un sourire discret sur ses lèvres alors qu'il observait le ciel déclinant : "Vous pouvez marcher ?" l'interrogea-t-il.

"Je suis bien, là, pour l'instant." répondit simplement Mezhelan, les yeux toujours rivés vers la cime des arbres.

Le guide sourit de plus en plus largement à cette réponse, puis se mit même à rire de bon cœur : "D'accord." accepta-t-il en continuant de marcher.

"Le soleil est déjà bien bas, vous devriez rester au village pour la nuit. Nous serions ravis de vous héberger gracieusement, surtout en tenant compte du grand service que vous venez de nous rendre." suggéra le représentant du hameau.

"Ce serait bien, oui." approuva aussitôt le mage en tournant enfin la tête vers l'homme qui parlait, puis il porta ensuite son attention sur Ébène, essayant de lui lécher les mains. Lorsqu'ils eurent franchi la lisière de la forêt, il sollicita finalement : "Pourrais-tu me poser, s'il te plaît ?"

Le groupe s'arrêta pendant que Soren le reposait sur ses pieds, attendant de voir s'il avait des difficultés à marcher ou non.

Mezhelan se tint droit et prit une profonde inspiration avant de marcher par lui-même en caressant Ébène : "Un bain et un repas seraient fort appréciés." réclama-t-il en jetant un regard circulaire sur le groupe.

"Bien sûr, avec plaisir." accepta aussitôt l'homme avec un visage révérencieux.

'Je le pensais un peu réservé au début, mais il n'hésite pas du tout à demander ce qu'il veut.' pensa Soren. Ces gens auraient été bien mal avisés de lui refuser cette demande de toute façon, le magicien était sans doute l'une des personnes les plus importantes de tout le royaume après le roi lui-même, même s'il n'était pas sûr qu'ils s'en rendent bien compte.

Après avoir profité de l'hospitalité chaleureuse des habitants pour la nuit et partagé le couvert avec eux, les deux compagnons de voyage se préparèrent à reprendre la route. Le matin était clair et frais, et le village tout entier semblait être venu les saluer.

Ils étaient nombreux sur la petite place avec des mots de remerciements et des paroles bienveillantes, quelque chose auquel le guide n'était pas du tout habitué. Devant cette scène, il eut l'impression de faire partie de quelque chose d'important pour la première fois de sa vie, et il trouva ça plutôt satisfaisant.

"Vous serez toujours les bienvenus ici." assura le représentant du hameau en les regardant partir.

Mezhelan adressa un bref signe de la main aux villageois avant de prendre la parole quelques minutes plus tard, en selle sur son cheval : "C'était accueillant."

Le soleil commençait tout juste à réchauffer l'air frais du matin, dissipant les brumes qui s'attardaient encore sur les collines environnantes. Les plaines verdoyantes s'étendaient devant eux, couvertes de cultures prêtes à être récoltées.

"C'est vrai, mais je parie que dans une semaine, certains d'entre eux raconteront que tu es descendu en enfer et que tu as scellé ce diable avec un rituel occulte." plaisanta Soren.

"C'est plus inquiétant que tu ne le penses." commenta finalement Mezhelan avec sérieux : "Si même la vérité ne suffit pas, comment est-ce que je peux espérer leur faire comprendre la magie ?"

Soren haussa les épaules : "Tu ne convaincras probablement jamais tout le monde. Mais bon, si ça peut te rassurer, je pense que tu as quand même fait ta petite impression. Tu m'as encore choqué par tes actions. Je ne pensais pas que la magie pouvait être aussi dévastatrice et impressionnante, tu viens de complètement ébranler ma vision du monde."

"J'ai passé mon enfance à cela, je n'avais rien d'autre à faire…" confia le mage.

Le guide le regarda du coin de l'œil : "Et t'as déjà raté quelque chose, une fois ?"

Mezhelan haussa les épaules à son tour : "J'ai mis du temps à maîtriser le feu, alors que j'aurais pu passer ce temps à maîtriser d'autres éléments moins complexes."

"Ouais… mais t'as fini par le maîtriser." commenta Soren en fronçant légèrement les sourcils, repensant au moment où il avait balayé la fumée d'un simple geste : "Tu as aussi fait du vent." fit-il remarquer, plus pour s'assurer qu'il avait bien vu ce qu'il avait vu.

"En effet, et cela m'a pris trois fois moins de temps de faire du vent, que de faire des flammes." ironisa Mezhelan.

Soren laissa échapper un ricanement bref, sans trop savoir si c'était une plaisanterie ou une vraie affirmation : "Ah bon ?"

"Oui, le feu est un élément capricieux et destructeur. Je dois constamment m'en préserver tout en le générant à partir de rien. Alors que l'air est partout, stable, et ne blesse pas d'un simple contact…" expliqua le jeune mage.

Toujours intrigué, l'homme rebondit : "D'accord… mais si je comprends bien, il te reste juste la terre et l'eau ?"

"Pas tout à fait… et il y en a bien d'autres, contrairement aux idées reçues." répondit Mezhelan.

"Comment ça, d'autres ?" interrogea-t-il à nouveau.

"La foudre et la glace font partie des éléments centraux par exemple, avec les quatre déjà mentionnés, mais je serais bien incapable de citer tous ceux qui en découlent… En tout cas, tous ces éléments cohabitent harmonieusement, car ils ont besoin les uns des autres pour exister. Il n'y a que la lumière et les ténèbres qui échappent à cette règle… Ils ne sont nécessaires que l'un à l'autre, et bien que beaucoup de vies dépendent d'eux, ils restent complètement indépendants." raconta Mezhelan d'un air pensif.

Soren fronça les sourcils, essayant d'imaginer les implications. Comme si ce n'était pas déjà assez fou d'avoir vu Mezhelan faire des flammes, maintenant de la foudre…? : "Attends, tu veux dire que tu pourrais aussi balancer des éclairs ?" s'offusqua-t-il dans un mélange d'excitation et d'inquiétude.

"Si je me donnais la peine d'apprendre, alors j'imagine que oui. Mais je ne sais pas le faire, si c'est ta question." s'amusa le jeune homme en réponse.

"Tu connais la glace aussi, par contre ! Tu avais gelé la pinte de l'autre ivrogne à la taverne." réalisa le guide.

"Mes motivations à apprendre la glace étaient plutôt… puériles. Ma connaissance de cet élément, tout comme celle de l'eau, reste très sommaire… Je n'y arrive qu'avec de l'eau justement, mais de même que le feu, il est possible de produire et de maîtriser ces éléments à partir de rien." révéla le magicien.

"Tu… envisages de tous les maîtriser ?" demanda Soren.

À mesure qu'ils avançaient, les paysages se transformaient. Les plaines laissaient place à des collines boisées, et les reliefs escarpés leur offraient par moments des vues dégagées sur des vallées profondes, où des rivières scintillaient en contrebas.

"Pas vraiment, non…" révéla Mezhelan : "Cela prendrait beaucoup trop de temps, et je ne suis pas convaincu que ça me serait très utile. En fait, je pensais plutôt m'essayer à la création de sorts."

"Hein ?" fit l'homme avec choc. Que voulait-il dire par là ? Il voulait lancer des sorts ? Sur qui ? Pourquoi ? : "Quel genre de sorts ?"

"J'aimerais… pouvoir me déplacer d'un endroit à un autre sans me casser le derrière sur une selle. Mais c'est aussi la situation d'hier, dans le puits, qui vient de me conforter dans cette idée. Je ne sais pas réellement ce qui aurait pu se passer si tu ne m'avais pas aidé." déclara-t-il en le regardant dans les yeux.

"Bien… c'était surtout normal." marmonna Soren en regardant devant lui avec une légère surprise : "Et honnêtement, c'est plutôt gratifiant de pouvoir être utile à quelqu'un comme toi."

"Je t'en suis reconnaissant." précisa le jeune homme.

"Hmmm… Tu penses que c'est seulement possible, de se déplacer instantanément d'un endroit à un autre ?" interrogea le guide. À cette éventualité, il trouvait que le monde était devenu encore plus fou.

Mezhelan fit rouler les rênes entre ses doigts, son regard perdu dans le paysage vallonné : "Comme ça, je ne vois aucune contre-indication, mais ça prendra surement pas mal de temps avant que je ne trouve comment m'y prendre. Imagine le nombre de personnes supplémentaires que je serais capable d'aider, si seulement je pouvais m'épargner les temps de voyages ?"

Soren scruta son visage, devinant qu'il réfléchissait déjà à mille idées, ça se voyait : "Je suis pas mage, mais ça me paraît… ambitieux." lâcha-t-il enfin. Ce petit gars parlait de réécrire les lois de la nature comme d'autres discuteraient de changer un fer à cheval.

Le mage détourna son regard de l'horizon pour croiser avec intérêt celui de son compagnon de route : "Tu veux dire impossible ?"

Le guide hésita et détourna les yeux. Impossible, non, pas après ce qu'il avait déjà vu. Mais il sentait qu'il valait mieux poser les bonnes limites à ce garçon trop sûr de lui : "Je pense que tu n'auras plus besoin de guide si tu y parviens." tenta-t-il de plaisanter.

"Je n'en suis pas si sûr. La magie, c'est essentiellement de la visualisation. Même sans avoir étudié la chose, je suis persuadé que je ne serais jamais capable de me rendre dans un endroit que je n'ai jamais vu, puisque je serais incapable de me représenter ce lieu inconnu. Et de toute manière, je ne suis pas certain de trouver la solution dans les prochaines années, parce que je vais sans doute être très occupé à partir de maintenant. Je continuerai donc d'avoir besoin de tes services." expliqua Mezhelan.

"Je vois… Ma mission sera de te faire voir le plus d'endroits possibles jusqu'à ce que tu y parviennes !" affirma Soren : "Enfin, si le roi continue de vouloir m'employer, bien sûr…"

"Si c'est ce que je décide, il ne pourra rien en dire."

Le sentier s'élargissait progressivement, ondulant entre des collines boisées. Des oiseaux s'envolèrent à leur passage et Soren, qui suivait à nouveau le sentier du regard, était abasourdi. On parlait du roi quand même, et il déclarait pourtant ça si facilement. Même s'il était raisonnable de penser que le roi ne pouvait pas se passer de son mage de toute façon… : "Tu… étais le seul disciple magicien, au château ?" s'interrogea-t-il à voix haute.

"Oui." confirma le jeune homme.

"Pourquoi n'en former qu'un seul… ? Enfin, je veux dire, qu'est-ce qui se serait passé si tu étais mort durant ton apprentissage, par exemple ? Le taux de mortalité infantile reste assez élevé…" réfléchit-il, scrutant un village en approche devant eux.

"Ce n'est heureusement jamais arrivé, car ce n'est pas une option. Pour la lignée al'Cynan et Vardan, notre souverain, la croyance est que la magie est omnipotente. Dès le moment où l'enfant qui est confié au mage est bien portant, ce dernier le protégera des maladies, et de toute autre chose, en le maintenant en bonne santé. Ils pensent que la magie est un cadeau des dieux, et que les dieux n'abandonnent jamais leurs protégés de toute façon. Il en a toujours été ainsi." expliqua Mezhelan avec une expression terne.

Soren perçut une pointe d'ironie dans ses paroles, ce qui piqua sa curiosité : "Tu… as toujours eu une bonne santé ?" questionna-t-il prudemment en fixant le jeune homme.

Mezhelan tourna la tête vers son camarade en déclarant : "Si je suis toujours vivant, ce n'est certainement pas grâce à mon maître. Engueran avait pour habitude de m'enfermer lorsqu'il partait quelque part. Un jour, quand j'avais neuf ans, son voyage s'éternisa tant que j'ai failli mourir de faim seul, dans les quartiers magiques."

Le guide fut tellement choqué par cette confidence qu'il en avait la bouche ouverte. Une fois de plus, il se demanda quel genre de vie avait mené le garçon jusqu'à présent. Mais s'il avait passé une partie de sa vie enfermé, ce n'était pas surprenant qu'il n'ait jamais appris à monter à cheval, parmi tant d'autres : "Je suis désolé…" dit-il simplement, momentanément à court de mots.

Mezhelan secoua légèrement la tête en disant : "Tu n'as pas à l'être, ce n'est pas comme si tu y pouvais quelque chose." Après un moment de silence, il rebondit sur ce qu'il avait entendu précédemment : "Tu as dit que la mortalité infantile était assez élevée, mais en y repensant, il y avait beaucoup d'enfants au village où l'on s'est arrêté… ?"

"Les familles paysannes ont tendance à faire de nombreux enfants, car beaucoup meurent prématurément, mais aussi parce que la contraception est inexistante en dehors des grandes villes. Les remèdes coûtent cher et les guérisseurs et rebouteurs sont rares, voire complètement absents des campagnes. Tu as peut-être remarqué qu'il n'y avait pratiquement aucun vieillard dans ce hameau non plus… Je dirais qu'en moyenne, un nourrisson sur deux ne survit pas à sa première année de vie. Et que parmi les survivants, il y aura de nouveau un enfant sur trois qui mourra de maladie avant ses dix ans." raconta Soren avec sérieux.

Lorsque leurs montures arrivèrent à hauteur du village, certains habitants, curieux de voir passer deux étrangers, s'arrêtèrent dans leurs activités pour les observer, discutant entre eux.

"Me dis-tu donc qu'il y a presque trois enfants sur quatre qui ne dépasseront pas les dix ans ?" traduisit le mage avec surprise, son attention se posant sur une fillette qui battait du linge.

"Parmi le petit peuple, les conditions de vie font que c'est à peu près ça, oui. Dans les grandes villes et leurs faubourgs, comme à Dafan par exemple, l'accès aux soins augmente drastiquement leurs chances, si tant est qu'ils aient les moyens de se les payer." informa le guide.

"Je n'imaginais pas ça… Voilà une chose dont les livres ne font pas mention." cogita Mezhelan à voix haute.

Soren jeta un coup d'œil sur le jeune homme avant de poursuivre ses explications : "Il n'est pas rare qu'un enfant qui dépasse les dix ans soit enfin considéré comme sauvé. Comme s'il était en sursis jusqu'à cet âge… De la même façon qu'un vieillard qui dépasse les soixante-dix ans en campagne est presque systématiquement considéré comme un sage, de par son expérience… Il n'y a bien que dans les grandes villes qu'on m'appelle encore gamin… J'ai quand même vingt-cinq ans."

Mezhelan resta silencieux et sembla réfléchir à ces paroles.

Durant ce premier jour, ils traversèrent et firent halte dans des villages nichés au creux des vallées ou perchés sur des hauteurs. Et les habitants les reçurent avec chaleur et curiosité, partageant avec eux leurs histoires et leurs spécialités locales.

Les jours suivants les menèrent à explorer des régions plus reculées et accidentées. La route serpenta davantage et les arbres se pressèrent les uns contre les autres, formant parfois des tunnels naturels qui projetaient des ombres mouvantes sur le chemin. Les habitants les accueillirent avec des histoires sur les légendes de leur province et des avertissements sur les dangers de la Forêt aux disparus.

Soren observa attentivement les réactions du jeune homme à chaque arrêt, notant son intérêt pour les différentes cultures et son étonnement mesuré face aux réalités souvent difficiles de la vie dans les contrées isolées. Au fil des conversations, ils apprirent à mieux se connaître, lui permettant d'en apprendre plus sur ses talents et ses aspirations en tant que mage.

À l'approche de leur destination, les arbres paraissaient encore plus nombreux et plus imposants, formant une barrière de végétation qui annonçait leur arrivée imminente. Il était environ 11h lorsqu'ils stoppèrent leurs montures sur des hauteurs pour contempler un paysage s'étendant sur au moins deux lieues, accompagné des parfums de la nature et des murmures du vent.

"Millepins se trouve juste devant nous." indiqua Soren du doigt, désignant une bourgade légèrement visible au milieu des sapins. Puis, il tourna l'index vers la droite en ajoutant : "Là où les arbres sont tellement denses qu'on croirait la nuit, c'est la Forêt aux disparus, notre frontière nord."

"Le village est plus proche de la forêt que je ne le pensais." constata Mezhelan.

"Oui, les villages qui le sont autant sont rares, car tout le monde craint cette frontière." expliqua le guide en donnant un léger coup de talon à son cheval pour lui faire reprendre la route. En général, les gens qui vivaient à côté étaient des originaux ou des téméraires. Quant à lui, il évitait habituellement de trop s'en approcher, mais refuser un possible contrat d'un an avec la famille royale était une aubaine trop avantageuse pour être ignorée.

Le magicien invita son cheval à suivre, tout en répondant : "J'imagine que les histoires sur cet endroit ne manquent pas, en dehors de celles concernant les disparitions… Quel est ton avis sur ce qui s'y trouverait ?"

"Difficile à dire, puisque personne n'en revient." poursuivit Soren avant d'évoquer les rumeurs et les légendes : "Certains pensent que la forêt est vivante et se protège simplement des intrus. Il y a beaucoup de mythes différents… : Des spectres et autres créatures anthropophages… Liechi, Changelin, Lestrygon… La liste est beaucoup trop longue. Mais la majorité d'entre elles sont probablement infondées, nées de la peur des gens, ou juste pratiques pour dissimuler des méfaits. Ce que je peux te raconter de plus concret, en revanche, c'est que des symboles ésotériques sont gravés sur des pierres dressées le long de la lisière. Ce sont des vestiges laissés par nos aïeux, qui servaient sûrement à les défendre d'une façon ou d'une autre. Ces dernières années, des fétiches sculptés à même le bois des arbres ont également été découverts. On m'a raconté qu'ils étaient utilisés dans d'anciens rituels de protection visant à préserver les villages frontaliers de l'influence néfaste de la forêt et de ses occupants surnaturels."

"Hmm… moi cela me rend curieux." marmonna le jeune homme, perdu dans ses pensées.

"Ne fais pas n'importe quoi, parfois, c'est bien de ne pas savoir." mit en garde Soren, conscient des dangers de cette mystérieuse forêt : "Car s'il y a une chose qui est concrète, c'est que ceux qui s'y rendent disparaissent réellement. Et ça fait des siècles que c'est comme ça."

"Je ne comptais pas m'y rendre, détends-toi." assura Mezhelan de manière légèrement moqueuse.

"On ne sait jamais avec toi…" taquina Soren en retour en secouant la tête avec impuissance. Après ce qu'il avait vu de lui, il le pensait sincèrement assez téméraire pour s'y rendre. Le guide ne pourrait sans doute que rarement apporter une aide tangible au jeune mage, en revanche, il avait bien plus d'expérience que lui et comptait bien la mettre à profit pour le protéger, lui et ses intérêts : "Même les plus prudents peuvent être tentés par l'appel du mystère. Mais n'oublie pas, c'est une chose de savoir, c'en est une autre de s'aventurer dans l'inconnu." précisa-t-il.

Ils avancèrent encore pendant un bon moment avant d'être confrontés aux premiers comportements récalcitrants de leurs montures. Les chevaux semblaient devenir nerveux à l'approche de la forêt, mais ils parvinrent quand même à dépasser la première habitation qui constituait la bourgade. Ils y étaient enfin. Et si Soren s'en tenait maintenant à ce qu'il savait de la mission confiée par le roi, ils allaient devoir… vaincre un monstre tueur ? Bien qu'il ait rempli son propre engagement en l'amenant jusqu'ici, il sentit une goutte de sueur glisser le long de sa tempe. Était-il réellement prêt pour ça ? S'il se voyait mal rester sans rien faire en attendant que le magicien règle tout, il se demandait en quoi il pouvait l'aider, et s'il en avait vraiment le courage. Voyager avec Mezhelan, oui. Découvrir des choses inconnues, pourquoi pas. Mais affronter ce qui rôdait ici… c'était une autre histoire.

Prochainement : Mezhelan

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