17. S'adapter - Partie 1
Trois ans plus tard, dans les quartiers magiques...
"Tu repenses à Astrid et Elaine, parfois ?" questionna Soren, devant l'imposante porte renforcée des quartiers.
"Cela m'arrive, surtout à cette période. J'ai reçu des enveloppes à la même date ces deux dernières années, peut-être le fera-t-elle encore cette fois. On s'en approche." répondit Mezhelan.
"Ah oui ? La petite doit avoir bien grandi..." réfléchit Soren.
"Elle a onze ans maintenant, donc je suppose qu'elle est sauvée ?" dit Mezhelan, pendant que ses lèvres formaient un vague sourire.
"Ouais… tant mieux." confirma Soren : "Et toi, dix-neuf aujourd'hui… le temps passe tellement vite." songea-t-il.
"Quant à toi, tu approches dangereusement de la trentaine, Soren." taquina Mezhelan.
"Ça va… T'étais pas obligé de me le rappeler…" se plaignit-il. Après une légère pause, il demanda plus sérieusement : "Alors, c'est pour bientôt, non ?"
"Oui… Et c'est la première fois que j'appréhende depuis longtemps." confia Mezhelan.
Soren fut extrêmement surpris par ce qu'il venait d'entendre, et finit par répondre : "Ça t'arrive vraiment d'être inquiet pour quelque chose, alors ? Tu n'devrais pas, Mezh', je suis sûr que tout se passera bien, comme toujours en ce qui te concerne." essaya-t-il de rassurer en poussant finalement la porte pour partir.
Mezhelan lui jeta un regard reconnaissant, avant de conclure : "Merci d'avoir pris le temps de venir pour mon anniversaire, Soren."
Ce dernier lui lança un regard complice, un écho muet de toutes les épreuves qu'ils avaient traversées ensemble. Malgré leurs différences, une amitié sincère était née entre les deux : "Pas de quoi, tu sais où me trouver en cas de besoin." déclara-t-il en lui rendant un grand sourire.
Mezhelan le regarda s'éloigner dans le couloir, puis referma la porte derrière lui. Même s'il avait cette aptitude à rester en bons termes avec presque tout le monde, Soren était le seul qu'il considérait véritablement comme un ami. L'homme lui avait appris beaucoup de choses et l'avait tiré de nombreux pétrins.
Il se rendit ensuite dans le jardin, souhaitant continuer de s'exercer à l'ouverture de portails. Maîtriser la téléportation n'était pas seulement une prouesse magique, mais une quête personnelle. Il voyait dans cette capacité la clé pour étendre son influence et aider davantage de citoyens en s'épargnant les temps de voyage. Sa concentration était palpable, comme une aura tangible qui imprégnait l'air. Il leva lentement ses mains devant lui, les paumes tournées vers le ciel, et essaya d'imaginer chaque détail de la porte dans son esprit pour devenir le canal des forces mystiques qui l'entouraient. Des fissures éthérées déchirèrent alors l'air tout à coup.
Il avait été tellement occupé depuis qu'il était le mage officiel, qu'il n'avait finalement toujours pas réussi à créer cette magie de téléportation dont il rêvait tant. Il n'en était toujours qu'au tout début dans la pratique et dans la compréhension. Mais il était sans cesse en mission sur les routes, réglant plus souvent des problèmes résultant de la paranoïa collective ou des superstitions que de la magie.
Par conséquent, il n'avait que très peu de temps à consacrer à ça. Et avec le bouche-à-oreille dans le royaume, le nombre de requêtes envoyées par le peuple avait littéralement explosé. Il partait fréquemment des mois entiers pour s'occuper de plusieurs missions consécutives lorsque c'était loin dans le sud. C'était un travail à temps plein et épuisant de surcroît.
Mais la confiance et le respect envers le Mage de la cour, ainsi que sa réputation, s'étaient considérablement accrues, pendant que l'influence de la famille royale et du roi Vardan en avait fait tout autant. Toutes ces missions remplies gracieusement au nom de la couronne tendaient de plus en plus à faire de Vardan al'Cynan l'un des rois les plus aimés et admirés de tous les temps.
"Maître, il est bientôt l'heure." appela un domestique dans le dos du mage.
Mezhelan s'interrompit alors que les fissures semblèrent danser un instant avant de s'éteindre, disparaissant toutes dans la même direction comme des lucioles dans la nuit. Ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à ce phénomène et avait du mal à le comprendre. Lorsqu'il était au château, sa magie partait systématiquement vers le nord-ouest lorsqu'il arrêtait de la manipuler, comme s'il y avait un pôle d'attraction quelque part là-bas. Il avait bien l'intention d'en apprendre plus sur le sujet un jour. Finalement, il n'avait pu s'entraîner qu'une petite demi-heure cette fois, avant qu'on ne vienne le chercher : "Allons-y." accepta le mage en suivant son valet jusque dans sa chambre.
Deux autres domestiques attendaient déjà sur place, et elles s'attelèrent immédiatement à le préparer, alors qu'il s'y pliait sans conviction. Cette tenue, offerte par le roi spécialement pour son anniversaire, n'était pas quelque chose à laquelle il tenait particulièrement. Mais les servantes semblaient si impatientes et excitées depuis des jours à l'idée de le voir dedans qu'il n'avait simplement pas voulu les décevoir. Elle était très cérémoniale et sophistiquée, prenant un temps interminable à ajuster. Peu familier avec ce genre d'apparat, il trouvait l'expérience franchement désagréable.
Après un long moment, lorsque le valet et les femmes qui l'aidaient eurent terminé leur œuvre, ces dernières semblaient fières et emballées alors que l'une d'elles le complimentait spontanément : "Ça vous va à ravir, Maître, vous êtes très beau."
Cette tenue de bleu et d'or avait été faite en velours sur-mesure et était extrêmement raffinée. La veste, qui lui arrivait aux pieds, était d'un bleu profond et entièrement brodée aux fils d'or. Dans le dos, on pouvait distinguer une fleur de lys, l'emblème royal, car la lignée al'Cynan était représentée par des lys bleus, de la couleur de leurs yeux.
Mezhelan, désireux d'être libre, soupira en réponse : "Merci. Puis-je y aller maintenant ?"
La même femme, qui le connaissait maintenant bien, se mit à en rire : "Bien sûr. Vous êtes parfait."
Mezhelan s'arrêta dans l'encadrement de la porte, et se retourna pour les voir rire entre elles. Ces personnes qui étaient arrivées à son service très méfiantes, à l'exception de son ancienne nourrice, paraissaient dorénavant toutes se plaire ici. Il avait établi une relation de confiance avec elles. Il leur adressa un léger sourire, puis partit rejoindre la salle du trône, où devait avoir commencé le banquet.
S'il lui avait offert des présents onéreux à ses précédents anniversaires, le roi s'était particulièrement appliqué cette année, allant jusqu'à organiser une soirée en son honneur. Les nobles de la cour et les familles les plus influentes de la région y étaient conviées. Mais ce qui piquait davantage la curiosité du mage, c'était de se demander s'il reverrait Alina aujourd'hui. Il n'avait aucune nouvelle d'elle depuis trois ans, et ne l'avait jamais croisée à la cour non plus, bien qu'il en soit souvent absent.
Mezhelan put entendre le brouhaha des invités avant même de pénétrer dans la grande salle. Et ce qui le frappa tout de suite, c'était que le vert recouvrait temporairement le bleu ciel et l'or habituel de la salle du trône. Le roi n'ignorait pas que c'était une couleur qu'il chérissait, et c'était sans doute la raison derrière ce choix. Il ne put s'empêcher de se sentir un peu touché par l'attention, même s'il n'avait pas besoin de tout ça pour lui être entièrement dévoué.
En bas des marches du trône, accompagné de sa reine, le souverain repéra le mage du coin de l'œil, qui avançait de l'autre côté des piliers. Il donna alors plusieurs légers coups de cuillère sur son verre pour attirer l'attention de la centaine de convives présents : "Nobles dames et gentilshommes, merci de vous être déplacés pour ce banquet, et pour certains de loin… Je tiens à attirer votre attention sur la personne qui fait son entrée discrètement…" dit-il en indiquant Mezhelan de la main : "Il est la personne sans qui cette fête n'aurait pas lieu d'être, et il doit être au centre de vos attentions ce soir. Et croyez-moi, c'est rare d'avoir l'opportunité de lui parler, car il est extrêmement occupé. Je commence à avoir des difficultés à obtenir son attention moi-même…" plaisanta-t-il.
Mezhelan esquissa un sourire de complaisance avant de s'incliner respectueusement devant lui : "Mon roi…" salua-t-il.
"Voilà que tu oses me contredire devant tous ces témoins." blagua le roi, en constatant que Mezhelan lui accordait actuellement une attention totale.
Les invités se mirent à rire de la scène.
Mezhelan se redressa avec un amusement contenu, puis s'inclina de nouveau humblement devant la reine : "Votre Altesse…" Il n'avait affaire à elle qu'en de très rares occasions, mais savait parfaitement reconnaître cette femme particulièrement distinguée.
La reine inclina respectueusement la tête en retour : "Maître Mezhelan, bon anniversaire." dit-elle avec un sourire amical.
"Je vous remercie, Madame." répondit le mage avec sincérité.
Le roi posa la main sur l'épaule de Mezhelan en parlant plus bas : "Bon anniversaire, et essaie de t'amuser."
Il chuchota en réponse : "Je ferai de mon mieux."
Le roi lui fit un sourire en se tournant vers les convives : "Je te laisse saluer nos invités." encouragea-t-il.
Alors que Mezhelan observait les nobles réunis dans la salle du trône, il se remémora les événements qui l'avaient conduit jusqu'à ce moment, se demandant comment il en était arrivé là après ces années de luttes et de sacrifices. À présent davantage habitué aux allocutions, il parla à la foule d'une voix distincte : "Messieurs dames, damoiseaux et damoiselles, je suis honoré de votre présence. Soyez-en remerciés." Il inclina légèrement la tête vers eux pour leur rendre hommage, puis la releva rapidement vers les imposants lustres suspendus au plafond par des chaînes massives. La lumière du coucher de soleil se faisait de plus en plus rare à travers les vitraux de l'imposante salle, et ça manquait un peu de lumière à son goût.
Le mage monta alors sur la première marche de l'estrade, pouvant laisser penser qu'il se lancerait dans un grand discours, mais claqua ses mains l'une contre l'autre avant de les rouvrir dans une traînée de feu. Les regards devant lui, éclairés par la lumière qu'il produisit, étaient tous en état de sidération. De manière assez spectaculaire, il souffla les flammes dans ses mains sur la longueur du plafond de l'immense pièce, créant l'espace d'un instant, une lumière plus vive que jamais. Ça épargnerait au personnel du château, déjà bien occupé, d'allumer toutes les bougies des lustres, car il venait de le faire de façon stupéfiante.
Le temps de réaliser ce qui venait de se passer, ce que le mage avait fait, les invités étaient très impressionnés et se mirent à applaudir à cette représentation improvisée. Les murmures se multiplièrent, certains louant son pouvoir, tandis que d'autres craignaient son influence croissante.
Mezhelan n'avait pas besoin de regarder pour savoir que ce qu'il venait de faire, devait beaucoup plaire au roi. Il était évident que cette fête servait également à l'exposer comme un trophée, c'était une démonstration de force. Mais chacun avait ses propres desseins, et ça lui était bien égal tant que le roi restait bon pour lui et le peuple. Sa dévotion était totale car il représentait toute sa vie. Le mage descendit de la marche pendant que des nobles vinrent se présenter à lui les uns à la suite des autres.
Durant l'heure suivante, il entendit quelques anecdotes plus ou moins intéressantes de leur part, alors qu'il se contentait de faire des réponses courtoises de surface en sirotant son vin. Il entendit aussi quelques folles rumeurs parmi eux, certains murmuraient que des traîtres s'étaient infiltrés à la cour, d'autres évoquaient les complots d'une faction rebelle visant à renverser le roi. Mais ce fut un couple distingué, venant se présenter, qui cassa finalement sa routine ennuyeuse et suscita immédiatement toute son attention.
"Maître Mezhelan, je m'appelle Théodore De Milan, et voici mon épouse Donna." se présenta un homme élégant.
Le mage plaça la main sur le cœur en inclinant légèrement la tête : "Ravi de faire votre connaissance, Monsieur et Madame De Milan."
"Nous sommes ravis également ! Ces flammes que vous avez faites tout à l'heure étaient très impressionnantes. Si je ne l'avais pas vu de mes yeux, je ne l'aurais sûrement pas cru." complimenta Théodore.
"Ce n'était pas grand-chose…" répondit Mezhelan, réfléchissant déjà à une manière pas trop suspecte de se renseigner sur le compte d'Alina.
Donna semblait attentive depuis le début, puisqu'elle remarqua : "Je me fourvoie peut-être, mais j'ai l'impression que vous ne vous sentez pas totalement à votre aise ici, depuis le début de cette fête. Vous êtes plus souvent en voyage à l'extérieur plutôt qu'au château, n'est-ce pas ?"
"Donna…" s'offusqua son mari.
Mezhelan vit là une occasion se présenter d'elle-même et répondit : "Vous avez en partie raison. Je suis un peu ailleurs, mais ce n'est pas pour les raisons que vous pourriez croire. Puis-je me confier auprès de vous, Madame ?"
"Bien entendu." assura Donna.
"Sans doute avez-vous appris qu'on allait bientôt me confier la relève. Et avoir la garde d'un si jeune enfant, c'est cela qui me préoccupe." répondit Mezhelan. Et pour le coup, il était très honnête dans ses paroles, ça le préoccupait réellement.
"Oui, nous vivons à la cour toute l'année, alors nous en avons évidemment entendu parler..." confirma Donna.
"Avez-vous des enfants, Madame ? Si vous avez des conseils à me donner, je suis preneur." dit innocemment Mezhelan.
"Oh, je ne saurai que trop vous en donner… Nous avons une fille qui nous a donné beaucoup de préoccupations… Mais de mon humble expérience, voici le plus important : Restez fidèle à vos principes et à vos valeurs concernant son éducation, c'est cela qui est essentiel." conseilla-t-elle.
"Je vous remercie pour ce conseil et le garderai à l'esprit. Quel âge a votre fille, Madame ? Ne vous accompagne-t-elle pas ce soir ?" questionna Mezhelan avec curiosité.
"Oh, non, elle n'est pas venue ce soir. Notre fille a déjà vingt ans et est mariée. Elle a donc quitté notre domicile depuis quelques années." répondit Donna.
Mezhelan sentit son cœur se contracter tout à coup dans sa poitrine, et ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti une douleur si vive. Il se l'interdit d'ailleurs immédiatement pour ne pas perdre la face ou créer une catastrophe. Il attrapa inconsciemment le bracelet d'Alina à son poignet et prit une grande bouffée d'air.
Cette réaction un peu étrange sur ce visage si fermé n'avait pas échappé à Donna, qui regarda les mains du mage en étant aussi intriguée qu'incertaine : "Vous connaissiez notre fille, Maître ?" questionna-t-elle.
Théodore fut interloqué par la question de sa femme, mais vit Mezhelan finir son verre cul-sec.
Le mage marmonna en réponse, d'un air perturbé : "J'espère… qu'elle est heureuse." puis s'excusa à la va-vite pour fuir la conversation : "Pardonnez-moi, je vais prendre l'air." Il se dirigea en ligne droite vers la sortie donnant sur les jardins du château, ignorant qu'un autre noble l'avait attentivement observé ces dernières minutes.
Il marcha un moment dans la cour, avant de s'accroupir dès qu'il ne vit plus personne : "Reprends-toi, bon sang… tu n'as pas le droit de te sentir triste ! Reprends-toi ! Reprends-toi, Mezhelan… !" s'ordonna-t-il à lui-même. Les souvenirs d'Alina, ses rires, ses regards complices lors de leurs promenades, revenaient le hanter. Il se rappelait les promesses non tenues, les rêves partagés, maintenant brisés par cette réalité cruelle. Il n'aurait jamais pensé que cette blessure pouvait être encore si fraîche dans son cœur. Il avait sincèrement cru avoir tourné la page ces trois dernières années, mais réalisait brutalement que non. Ce n'était pas comme s'il avait eu l'intention de la reconquérir, ni même espéré qu'elle lui revienne un jour, alors pourquoi la savoir avec un autre homme le blessait autant ?
"Vous avez besoin d'un autre verre." lança une voix derrière lui.
Mezhelan réalisa qu'il ne l'avait pas entendu approcher, et se redressa presque d'un bond en se retournant. Ainsi, il distingua le trentenaire qui lui tendait un verre de vin. Il le prit sans contestation pour avaler une gorgée : "Merci…" dit-il simplement.
"C'est un plaisir." répondit l'homme, avant de reprendre la parole après un moment de silence : "Au fait, je m'appelle Klaus Lyseria, je suis architecte au service de Sa Majesté." se présenta-t-il.
Mezhelan, parfaitement entraîné à ça, commençait déjà à reprendre le dessus sur ses émotions : "Ravi de vous rencontrer, Monsieur Lyseria. Pardonnez-moi pour ce spectacle peu flatteur, c'est à cause de la chaleur…" justifia-t-il de manière trop peu convaincante.
"Vraiment… ?" questionna Klaus en levant un sourcil : "En réalité, c'est moi qui devrais m'excuser de mon indélicatesse : ma curiosité m'a poussé à vous suivre."
"Oh… ?" s'étonna Mezhelan, sans trop comprendre ses intentions.
"Oui, ma femme vous admire beaucoup, alors j'attendais une occasion de venir vous parler." expliqua Klaus.
"C'est réconfortant de savoir que j'ai des admirateurs à présent… c'est quelque chose de plutôt récent." essaya de plaisanter Mezhelan.
"C'était indiscret de ma part, j'en conviens, mais j'ai entendu votre conversation avec Donna De Milan, concernant l'enfant qu'on allait vous confier. J'aimerais vous donner mon propre avis, si vous me le permettez… J'ai moi-même deux fils qui ont tout pris du côté paternel, n'en déplaise à leur mère…" plaisanta-t-il avant de poursuivre : "Ces enfants sont ma fierté, et je les aime de manière inconditionnelle. Alors voici mon conseil, Maître : même si cet enfant est destiné à n'être que votre disciple, aimez-le et tout ira bien pour lui comme pour vous."
Ce conseil réchauffa le cœur de Mezhelan. Cet homme, avec sa présence rassurante et ses paroles bienveillantes, lui apporta un réconfort inattendu. Dans l'obscurité des jardins, un éclat d'espoir brilla faiblement, une lueur fragile promettant un avenir incertain mais chargé de promesses et de possibilités : "Merci, Monsieur Lyseria." répondit-il. Sous ce ciel étoilé, il voulut croire que peut-être, tout irait bien après tout.
Prochainement : Soren
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