21. Mystères d'Iserlohn - Partie 1

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Johannes patientait actuellement dans la cour d'entraînement des soldats du château, adossé à un mur. Les bras croisés, il observait les jeunes recrues sans expérience qui étaient davantage en train de mordre la poussière que de donner l'impression de tirer des enseignements. Leurs gestes maladroits lui arrachaient des soupirs exaspérés, se demandant comment de tels novices pouvaient prétendre devenir des soldats dignes de ce nom. Ses réactions étaient plutôt grossières, voire teintées de mépris. Mais c'était plus fort que lui lorsqu'il voyait de quelle manière leur instructeur les maîtrisait en deux manœuvres à peine, ou en les expulsant parfois d'un pauvre coup de bouclier. Il rit sarcastiquement en réalisant combien la sélection de cette année était mauvaise, ou il allait y avoir beaucoup de travail pour en faire des hommes.

Le terrain d'entraînement ressemblait à un champ de bataille miniature : des traces de pas dans la poussière, des épées abandonnées, des éclats de bois provenant des cibles fracassées, tandis que des mannequins éventrés s'empilaient dans un coin de la cour, témoignant tout de même des efforts fournis. Les armes d'entraînement étaient entassées par terre ou sur des râteliers. La leçon en cours était une cacophonie de bois s'entrechoquant et de chutes dans la poussière. Les jeunes hommes se démenaient, même si leurs mouvements désordonnés trahissaient leur inexpérience. Et l'instructeur, seul maître à bord, tentait de canaliser l'énergie débordante de ces futurs combattants.

Après une petite demi-heure, l'instructeur du jour, également capitaine de la garde royale, vint s'asseoir à côté du mercenaire pour lâcher : "T'es encore venu te foutre de la gueule des novices ? Tu es en train de les démotiver. Certains risquent de quitter le navire par ta faute."

Johannes leva un sourcil incrédule : "Oh bien sûr, parce que vos recrues sont vraiment sur le point de remporter le prochain tournoi de chevalerie ?" lança-t-il, un sourire moqueur étirant ses lèvres rugueuses.

"Bah… pas faux… Mais ils ne se remplacent pas si facilement, on a besoin d'eux. Si on en perd de trop, on sera obligé de compenser en engageant des rustres comme toi." tacla spontanément l'homme.

"Hé !" réagit Johannes : "Ce serait pourtant moins fatiguant pour vous, je vaux cinquante de ces pauvres gamins." affirma-t-il avec un ricanement cinglant.

"Eh bien… Ce n'est pas la modestie qui va t'étouffer…" commenta le chef de la garde, avant d'interroger plus sérieusement : "Qu'est-ce que tu viens faire ici ? La famille royale t'a engagé pour quoi ? Quel pauvre hère comploterait contre les al'Cynan, cette fois-ci ?"

Johannes haussa les épaules : "Ils m'ont parlé de chasser un vampire ou quelque chose du genre." Mais il ne se prenait pas vraiment la tête sur la question non plus, et ajouta : "On verra bien."

"Pardon ? Un vampire ? Tu es sûr que tu as bien compris ?" questionna l'homme, sceptique, en fronçant fortement les sourcils.

"Bah, soit j'ai mal compris, soit l'homme qu'on m'a envoyé n'avait pas encore fini de décuver. Quand je me suis payé sa tête, il a insisté plusieurs fois en disant qu'il était sérieux et que la requête venait du roi en personne. C'était un type de votre garde, Edyrn, soit dit en passant. Ce sera à vous de mieux l'encadrer s'il m'a raconté des conneries…" expliqua Johannes d'une voix grave.

"Et que fais-tu ici ?" interrogea Edyrn, en précisant ensuite la question : "Je veux dire, sur le terrain d'entraînement ?"

"On m'a demandé de patienter aux écuries, mais je me faisais chier." répondit Johannes sans tourner autour du pot.

Le chef de la garde jeta un coup d'œil en direction des écuries, puis proposa : "Un combat amical contre la bleusaille, ça te tente pour faire passer le temps ? Je suis sûr qu'ils retrouveraient de l'entrain à l'idée de pouvoir te mettre sur la gueule."

"Allez." accepta le mercenaire en se levant dans un élan d'enthousiasme : "Je vais discipliner tes petits gars, moi."

Edyrn sourit avec amusement, puis se dirigea vers les jeunes recrues en annonçant : "La pause est finie ! Vous allez vous entraîner un peu avec Johannes. Et celui qui parvient à le toucher aura droit à un steak pour le dîner." Il savait que si l'idée de se venger de ce type qui les raillait ne les motivait pas assez, alors l'appât de la viande le ferait.

Les recrues se jetaient des regards entre elles avec des sourires enthousiastes.

Tandis que Johannes empoignait la lourde épée qu'il avait dans le dos, Edyrn précisa rapidement : "Avec une en bois, s'il te plaît. Ne va pas me les casser."

Johannes soupira comme si c'était ennuyeux, puis posa son épée contre le râtelier d'armes. Il choisit la plus grosse épée d'entraînement qu'il put trouver en commentant : "C'est trop léger…"

Les recrues se mirent sur leurs gardes en le voyant pivoter vers eux. Il avait, après tout, un physique vraiment impressionnant qui rendait naturellement méfiant.

La première recrue chargea dans un élan d'intrépidité, alors que le colosse répondait d'un mouvement paresseux du bras pour l'envoyer dans la poussière avec autant de grâce qu'une brouette renversée.

Sans geste superflu, Johannes dévia l'assaut du deuxième jeune, le faisant voltiger par-dessus son épaule avant de s'étaler par terre dans son dos.

Avec un soupir de lassitude presque théâtral, le mercenaire envoya le troisième apprenti au sol comme s'il se débarrassait d'une mouche importune.

Les recrues semblaient agitées comme un troupeau de moutons effrayés, tandis que Johannes les dispersait d'un large mouvement d'épée d'entraînement, créant rapidement une débâcle sur le terrain.

Edyrn s'attrapa le front d'une main en secouant la tête lorsqu'il vit deux de ses recrues s'envoler simultanément d'un nouveau coup d'épée.

C'était un vrai massacre, une farce pitoyable devant la maîtrise brutale de ce vétéran. Il les tournait en ridicule à chaque parade, et pourtant les aspirants ne manquaient pas d'entrain. Certains essayaient de mettre en place des stratégies de groupes, mais le colosse était bougrement rapide pour sa masse et ne s'y laissait pas prendre.

Johannes parut être le seul à passer un bon moment : "Vous me rappelez des poussins qui tentent d'apprendre à voler. Beaucoup de plumes et pas beaucoup de progrès !" ironisa-t-il.

Le chef de la garde commença à douter que quelqu'un soit capable de rivaliser avec une brute pareille. Il n'usurpait pas sa réputation, car il était vu comme l'un des mercenaires les plus efficaces de tout le royaume. C'était bien cette réputation qui lui accordait l'intention de la famille royale, d'ailleurs. Mais l'attention d'Edyrn fut finalement attirée par un noble qui s'approchait d'un pas calme, depuis la direction des écuries.

Johannes désarma les jeunes et les envoya au sol les uns à la suite des autres avec un sourire moqueur : "J'ai vu des limaces plus rapides que vous. Et elles étaient probablement mieux armées aussi !" poursuivit-il.

Les visages des recrues passaient du déni à la panique, réalisant rapidement que lui porter un seul coup était hors d'atteinte.

Et le géant, quant à lui, se contentait de sourire, comme s'il jouait à chat avec ces petites souris titubantes. Puis soudainement, il se fit surprendre par un sifflement sur sa droite, entendu bien trop tard. Il regarda son flanc pour apercevoir la lame d'un poignard, et pas une arme d'entraînement, un poignard bien réel, appuyé contre sa cuirasse. Il en resta bouche-bée. Il avait la réputation d'être invaincu et n'était pas du genre à se laisser surprendre, pourtant il ne l'avait pas du tout entendu venir. Et vit ensuite les jeunes s'incliner rapidement vers son assaillant.

"Maître." saluèrent-ils.

"Vous vous amusez bien ?" questionna la voix froide d'un homme dans son dos.

Johannes vit la lame s'éloigner de lui, puis fit volte-face pour ouvrir des yeux ronds. L'homme devant lui était bien habillé et ressemblait à un noble en tout point, sauf que son visage ne lui était pas du tout inconnu. Il leva le doigt en réfléchissant, et l'abaissa ensuite vers lui en réalisant : "Mezh' ! Le gars du bo…"

"Johannes." coupa Mezhelan en offrant un sourire forcé qui trahissait de l'embarras.

Le chef de la garde s'approcha en interrogeant : "Le gars de quoi ? Un peu de respect, Johannes, tu as affaire à Maître Mezhelan, Mage de Sa Majesté."

"Ah !" ricana Johannes : "Je savais que vous aviez un lien avec le château après avoir vu votre collier, mais ça, je ne m'y attendais pas !" commenta-t-il.

"Ah ! Et j'ai encore une autre surprise pour vous." imita Mezhelan de façon légèrement ironique. Il se tourna ensuite vers le chef de la garde pour le saluer poliment d'un signe de tête. Il se souvenait parfaitement que lors de leur première rencontre, cet homme l'avait traité de triple-buse, mais il ne lui en tenait pas vraiment rigueur.

"Maître." fit respectueusement Edyrn en retour.

"Laquelle ?" questionna Johannes.

"C'est avec moi que vous avez rendez-vous. Venez, maintenant." affirma Mezhelan en jetant un regard compatissant vers les novices, puis en s'en retournant vers les écuries.

Légèrement déstabilisé, Johannes regagna le râtelier d'armes en disant : "C'est vous qui m'avez fait engager ?"

"Oui, nous allons chasser un vampire à Iserlohn." lança Mezhelan en continuant de s'éloigner.

Johannes jeta un coup d'œil incrédule sur Edyrn : "Y'a vraiment un vampire, alors ?" réalisa-t-il en rattachant son épée dans son dos.

"Si c'est lié au mage… peut-être bien. Bon courage, Johannes." dit-il simplement.

Ce dernier se figea un instant, puis partit en direction des écuries en accélérant le pas : "Pourquoi me vouloir moi pour cette tâche ? Je suis mercenaire, pas chasseur de monstres."

Mezhelan s'arrêta pour pivoter sur lui-même : "Refusez-vous cette mission ?"

"Je n'ai pas dit non… je suis juste un peu… curieux. Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un mage que j'ai rencontré dans un bordel pour m'engager sur un coup pareil ?" indiqua Johannes.

Mezhelan prit une expression ironique : "S'il vous plaît, j'aimerais que vous ne disiez à personne que l'on s'est rencontrés là-bas. C'est un peu gênant pour moi. Et vous m'avez révélé être originaire d'Iserlohn, je suis certain que votre expérience me sera utile. D'autant plus que je suis toujours intéressé par ça…" déclara-t-il en indiquant son collier.

"Si vous êtes le mage du roi, votre rang est l'un des plus élevés du royaume, vous n'aviez même pas besoin de me demander mon avis. Vous auriez pu le prendre par des moyens déloyaux." remarqua Johannes.

"Soyez heureux que je n'opte pas pour les moyens déloyaux, dans ce cas." dit simplement Mezhelan en reprenant sa route.

"On va vraiment chasser un vampire ?" questionna le mercenaire.

"D'expérience, lorsqu'on me dit d'aller chasser un monstre, ça ne se révèle être qu'un pauvre diable maudit ou un animal souffrant ou difforme…" raconta Mezhelan.

"Donc, pas de vampire." résuma Johannes.

"Ça, je ne peux pas en être sûr, Johannes. Croyez-vous aux vampires, vous ?" interrogea-t-il en le fixant avec curiosité.

Johannes plissa légèrement les yeux face à sa curiosité, puis répondit : "Je pense qu'il y a des choses dans ce monde qu'on est incapables de comprendre."

Mezhelan détourna calmement le regard : "Je vois ce que vous voulez dire. Moi, je pense que toutes les choses inexplicables ont en réalité une explication bien concrète." affirma-t-il en entrant dans les écuries : "Par exemple, comment ai-je fait pour vous menacer avec mon poignard, vous qui semblez pourtant si entrainé et invincible ?"

"J'ai dû manquer de vigilance, je ne vous ai pas entendu arriver." admit Johannes.

"Ça, c'est une réponse très terre à terre. Mais vous ne m'avez pas entendu parce que j'ai utilisé la magie. Vous ne pouviez pas m'entendre." informa Mezhelan en approchant d'un cheval déjà sellé.

"C'était un peu sournois, alors…" remarqua Johannes avec un léger sourire moqueur : "Oseriez-vous vous frotter à moi de front ?" lança-t-il.

"Hmm. Je pense que oui. Parce que je crois que j'aurai toujours le dessus… sur un simple mercenaire en tout cas." dit Mezhelan en lui jetant un nouveau coup d'œil intéressé.

Johannes se sentit encore un peu plus troublé et perdit rapidement son attitude fanfaronne. Que savait-il, ou Que pensait-il savoir, pour lui dire quelque chose d'aussi précis ? Il allait devoir rester méfiant le concernant, car il n'était pas ordinaire, c'était un magicien. Il songea un instant à refuser ce travail, mais après un moment de réflexion, il s'approcha finalement des chevaux pour y attacher ses affaires en silence. Qu'avait-il à craindre, de toute façon ?

"Avez-vous soudainement perdu votre langue ? La semaine de trajet risque d'être longue si on ne discute pas un peu." remarqua Mezhelan.

"Vous aviez qu'à engager un conteur d'histoires ou un ménestrel alors, ces gens-là sont plus loquaces que les mercenaires." ironisa Johannes.

Mezhelan se sentit amusé : "Une fois, j'ai dû chevaucher deux jours durant avec un barde. Il m'a cassé les oreilles." raconta-t-il.

"Ahah." rit spontanément Johannes en mettant le pied dans l'étrier de sa monture : "Ça dépend du barde. J'en ai connu un bon, il a même chanté mes louanges. Connaissez-vous la ballade du bout du monde ?"

"Non… Mais j'imagine qu'elle parle de vous ?" répondit le mage en montant à cheval.

"Ah… dommage, c'est une bonne chanson." dit Johannes.

"Parce qu'elle parle de vous ? Vous pourriez me la chanter, peut-être ?" taquina Mezhelan.

"Sûrement pas." refusa catégoriquement Johannes avec un léger sourire. Le jeune homme était plutôt amusant.

Durant les heures suivantes, Mezhelan continua la conversation : "Quel âge avez-vous ?"

"Trente-quatre. Et vous, vous ne semblez même pas avoir vingt ans." remarqua le mercenaire.

"Parce que j'ai dix-neuf ans, sans doute." répondit le mage sur un ton légèrement amusé.

"Je trouve ça surprenant." nota Johannes.

"Que voulez-vous dire ?" demanda Mezhelan.

"J'avais déjà entendu parler du mage du roi, alors j'avais aussi entendu dire qu'il était jeune, mais je ne pensais pas autant. Ce n'est pas une critique. Je trouve juste ça étonnant qu'une place si importante soit confiée à quelqu'un d'aussi jeune." expliqua-t-il.

"Ce n'est pas comme si le roi avait eu une alternative. Les mages ne courent pas les rues." déclara Mezhelan.

"Bah… c'est pas faux." admit l'homme en réfléchissant.

Le soleil se coucha loin du village le plus proche, forçant les deux hommes à bivouaquer dans les bois obscurs. Accompagnée du calme de la nuit, une présence semblait les guetter dans l'ombre et menaçait de les prendre par surprise à chaque instant.

Johannes vit rapidement le mage s'endormir sur le sol, profondément et sans inquiétude, tandis qu'il remettait du bois dans le feu. Probablement de l'assurance, ou peut-être de l'insouciance, il lui faisait beaucoup trop confiance après tout juste une journée. Sa magie devait le protéger même en dormant, mais Johannes, lui, ne pouvait pas en dire autant. Un mauvais pressentiment ne le quittait pas, et il était bien conscient de ne pas avoir que des amis dans le coin. Il serait donc bien incapable de dormir aussi sereinement. Si d'ordinaire, il ne craignait personne, c'était autre chose lorsqu'il était endormi. Il bâilla péniblement et s'adossa à un arbre.

La lueur pâle de la lune faisait danser les ombres des arbres sur le sol craquelé. Quant au silence des bois, il était seulement brisé par le vent dans les feuilles et le crépitement du feu de camp consumant les derniers morceaux de bois.

Après des heures de lutte contre le sommeil, le mercenaire finit par somnoler. Un léger bruit sur le sol le tira de sa torpeur. En ouvrant les yeux, il aperçut une silhouette penchée sur le mage, ce qui le réveilla en sursaut. Il se redressa, cherchant son épée pour interpeller : "Hé !" Mais il réalisa vite que son arme avait disparu. Un homme surgit de derrière l'arbre dans son dos pour l'attaquer. Johannes parvint à saisir une main brandissant un couteau et l'écarta d'un coup de pied.

L'assaillant s'écrasa dans les braises du feu et se releva d'un bond alerte.

"Fais rien de stupide, fils-de-pute, sinon ton copain y passe." menaça un homme, sa voix rauque perçant le silence de la nuit. La lame brillante appuyée sur la gorge de Mezhelan fit glisser une goutte rouge le long de son cou.

Johannes analysa rapidement la situation pour chercher une échappatoire. Il n'avait plus son épée, mais n'avait pas peur d'eux. En revanche, le mage se trouvait dans une situation un peu délicate. On voyait au premier coup d'œil que ces gens étaient d'autres mercenaires, mais il y avait également un noble parmi eux. Il se redressa en faisant craquer son cou de droite à gauche, puis dit finalement : "Lâchez-le avant de faire une grosse bêtise, c'est avec moi que vous avez un problème, non ?"

Mezhelan attrapa la main tenant la lame sous sa gorge : "Ne vous inquiétez pas pour moi Johannes, faites comme vous l'entendez." dit-il calmement.

Johannes en fut interloqué, mais l'ignora pour interroger prudemment : "Qu'est-ce que vous voulez ?"

"Oh, tu as déjà oublié ?" interrogea l'aristocrate à leurs côtés.

"Il s'agit juste de ça ? C'est lamentable. Vous vous attaquez au messager plutôt qu'au commanditaire ? Vous avez vraiment le sens des priorités, les gars." lâcha-t-il avec un dégoût palpable.

"On verra si tu auras encore la langue aussi bien pendue quand ton employeur aura perdu la sienne, ou un autre morceau…" menaça l'homme au-dessus de Mezhelan, en mettant un peu plus de pression sur sa lame.

Prochainement : Mezhelan

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