CHAPITRE 11
Une fois la première surprise passée, Jérémy réfléchit à la situation. Il n'avait jamais eu connaissance d'un phénomène similaire auparavant. Deux rêves identiques chez deux personnes distinctes, au même moment, et qui se réalisaient sans que les protagonistes s'en rendent compte. C'était la première fois qu'il était confronté à ça avec l'implant. Il ne comprenait pas comment ce pouvait être possible. Chaque I'Dream était indépendant et connecté au cerveau d'un seul individu. Ce qui s'était produit dans la nuit était inexplicable.
Il avait attendu que la jeune femme se réveille. Il imaginait sans peine qu'elle serait effrayée de se voir ainsi, à la merci de l'homme qui l'avait dénoncée. Mais cette fois il agirait différemment. D'autant plus qu'il ne pourrait pas expliquer comment elle se trouvait encore à son domicile. C'était trop compromettant. Un rêve commun les avait fait coucher ensemble par somnambulisme. Personne ne croirait ça. Lui-même avait peine à le réaliser...
C'était pourtant le cas. Joyce, une fois éveillée, avait ouvert des yeux horrifiés en le voyant. Puis elle avait ramené le drap sur sa poitrine, dans un geste de pudeur inutile.
— N'aie pas peur, avait murmuré Jérémy. Je ne dirai rien.
Elle avait confirmé sa théorie. Elle ne savait pas comment elle avait atterri là. Elle n'avait jamais quitté la demeure, elle avait passé tout ce temps en haut, à l'abri dans le grenier. Oui, elle avait rêvé de lui toute la nuit. Oui, il s'agissait bien de rêves érotiques. Mais elle n'arrivait pas, du coup, à distinguer le réel du virtuel.
Elle rougit, un peu gênée. Lui non plus ne parvenait pas à démêler le vrai du faux, avoua-t-il. Il s'excusa pour tout cela. Bien qu'il ne regrettât pas cette nuit d'amour un peu particulière, il n'était pas sûr d'avoir agi avec le consentement éclairé de la jeune femme. Cela le mettait très mal à l'aise. Jamais il n'aurait touché une femme sans avoir la certitude qu'elle était d'accord.
— Tu n'y es pour rien, dit-elle.
Elle le regarda droit dans les yeux, hésitant à rajouter quelque chose.
— Ces rêves nous indiquaient notre désir l'un pour l'autre. Voilà tout.
Elle baissa le regard, fixant un pan du drap. Enfin, elle se décida à quitter le lit. Jérémy détourna les yeux pendant qu'elle se rhabillait. Joyce décida de profiter de l'opportunité qui se présentait. Jérémy était déstabilisé par cette nuit étrange, il serait plus enclin à l'écouter. Il n'y avait pas une minute à perdre.
— Je vais chercher mon sac
La jeune femme était déjà debout près de la porte. Elle quitta la pièce. Jérémy bondit de son lit et la rattrapa :
— Attends, je t'accompagne.
Elle le conduisit jusqu'à la trappe. Dans le grenier, de petites lucarnes laissaient entrevoir le ciel. Jérémy éternua. Il ne supportait pas bien la poussière. Joyce avait aménagé un petit coin pour elle. Elle avait trouvé dans un coffre une vieille couverture qu'elle avait étalée sur le sol avec des coussins. Jérémy se dit qu'elle avait repeint toute sa maison avec son ADN. Pas uniquement sa maison, son corps aussi...
— Ce grenier est une mine aux trésors, résuma-t-elle. C'est plus grand et plus beau que mon appartement.
Sur la droite deux meubles vitrés contenaient des livres. Plusieurs malles gisaient là, promettant de dévoiler les secrets de l'enfance de Jérémy. Cahiers d'école, jouets, vieux vêtements. Jérémy remarqua un ours en peluche sur une des malles. Il éternua une deuxième fois.
— Il est là, dit-elle en prenant son sac à dos. Viens.
Elle lui saisit le poignet et l'entraîna hors du nid à poussière. Il avait déjà les yeux rouges et larmoyants.
— Tu n'aurais pas dû monter, affirma-t-elle en refermant la trappe.
— Ce n'est rien... Un café ?
— Merci, oui.
Ils rejoignirent la cuisine. Jérémy se frotta les yeux, éternua encore deux fois. Tout lui semblait irréel. Il rêvait encore. Ce devait être une création de l'I'Dream beaucoup plus réaliste que les fois précédentes. L'implant lui faisait croire qu'il s'était réveillé alors que le rêve se poursuivait. Tout à l'heure il en rirait et surtout : il serait soulagé.
L'arôme du café monta jusqu'à ses narines. Il posa les deux tasses sur la table. Joyce s'était assise sur la même chaise que le soir où il l'avait laissée entrer. Grave erreur, se surprit-il à penser. Me voilà dans les ennuis jusqu'au cou maintenant que j'ai couché avec elle. Mais quel con. Il revit le corps souple et chaud de la jeune femme. Sa peau brune, sa bouche et ses mains courant partout sur son corps. Il ne savait plus trop si tout cela était vraiment une erreur ou si après cela, il pouvait vous arriver n'importe quoi. Il n'avait jamais fait l'amour avec Clara de cette manière. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Il perdait les pédales. Il ferait des analyses complètes pour vérifier s'il ne souffrait pas d'un déséquilibre hormonal. À moins que ce ne soit l'attrait de la jeunesse qui l'ait revigoré. Peut-être que l'amour pouvait faire entrer les êtres en symbiose. Son visage se contracta, irrité par ces pensées ésotériques. Sa mère serait ravie d'apprendre ça...
Joyce l'observait.
— Un problème ? demanda-t-elle.
Il releva sa mèche rebelle et la plaqua en arrière. Elle fixa la bosse et l'hématome et grimaça.
— Non. Qu'est-ce que tu voulais me montrer ?
Elle attrapa son sac, l'ouvrit et jeta sur la table tout ce qu'il contenait. Stylo, bloc-notes, paire de lunettes de soleil, protections hygiéniques, jeu de clés, feuilles de papier chiffonnées, vieux livre, pochette en tissu, portefeuille en skaï noir tout râpé, Ooème première génération.
Elle alluma le vieil appareil et pianota sur l'écran. Jérémy tressaillit.
— On va te repérer.
— Il n'y a pas de traceur dessus. Ah les voilà. Ça risque de te faire un choc. J'en suis vraiment désolée, Jérémy. Mais tu dois savoir avec qui tu travailles.
Des images apparurent entre eux, flottant dans la cuisine. Joyce avait choisi de les projeter toutes en même temps en y ajoutant un fond blanc pour faciliter la lecture. Jérémy lut en silence toutes ces informations. Des chiffres, résultats, bilans d'analyses, conclusions. Il n'avait jamais eu connaissance de ces documents. Les traits de son visage se crispaient au fur et à mesure de sa lecture. Joyce ne le quittait pas des yeux, inquiète. Elle pria pour qu'il lui vienne en aide. Pourvu qu'il ne la jette pas en pâture aux monstres en balayant la vérité d'un geste de la main. Jérémy s'essuya les yeux. Ils étaient enflammés. Des larmes coulèrent sur ses joues. Il croisa le regard attentif de la jeune femme.
— J'ai signé ce matin, dit-il dans un souffle. C'est trop tard...
Des gens allaient mourir à cause de lui, à cause d'une simple signature au bas d'un document. Aveuglé par les paillettes qu'on lui jetait dans les yeux, il avait négligé de suivre de près l'évolution des recherches. On avait trompé sa vigilance. Flora King devrait s'expliquer. Elle était au courant, il en aurait mis sa main au feu. Il se retint pour ne pas taper du poing sur la table. C'est le moment que choisit Minou pour faire une entrée majestueuse dans la cuisine. Jérémy se leva en mode automatique et remplit la gamelle du petit chat roux. La gorge serrée, il ne parvenait pas à parler. Il retraversa une image et se rassit, se prit la tête dans les mains.
— Jérémy ?
Elle vit un éclair noir traverser ses yeux. Elle recula, cognant le postérieur du chat au passage. Surpris, l'animal détala.
— Allons, viens, dit-il en la ramenant tout contre lui. Je t'écoute. Raconte-moi tout, comment tu as ces documents entre les mains. Pourquoi tu as essayé de tuer Mortimer. Parce que c'est ce que tu as fait, Joyce. Tu as poussé un ministre contre une pointe en acier de deux mètres de long.
— C'est impossible, je n'ai pas fait ça. Je le jure !
Joyce, furieuse, s'écarta.
— Je veux la voir, dit-elle. La vidéo. Montre-la-moi.
— Si tu veux. J'ai laissé mon Ooème dans la chambre.
Lorsqu'il revint, Joyce tournait en rond en se rongeant un ongle. Jérémy se frotta encore une fois les yeux. Il ne se souvenait plus s'il lui restait un tube d'Arpédia dans sa pharmacie. Si l'inflammation ne se calmait pas, il faudrait qu'il en prenne un peu. Aller dans le grenier, encore une très mauvaise idée. Combien d'autres mauvaises idées aurait-il à l'avenir ?
Il projeta la scène de l'agression. Le ministre apparut en compagnie de Joyce dans un des bureaux administratifs de la KC. Derrière lui, une statue immense, en acier, représentait un guerrier à tête de taureau qui tendait une lance. On vit Joyce s'élancer et appuyer de ses deux mains sur le torse de l'homme, le projetant violemment contre la pointe acérée de l'œuvre. L'acier traversa l'épaule droite du ministre. Il hurla en silence_ la vidéo avait filmé mais il n'y avait pas le son_ et ses genoux fléchirent. La femme ne perdit pas de temps et partit en courant. La vidéo se figeait ensuite sur le visage souffrant de Carl Mortimer.
— Alors ? demanda Jérémy lorsque l'image s'évanouit.
Joyce semblait abattue.
— C'est faux, dit-elle péniblement. Ça ne s'est pas passé comme ça du tout.
— Parfait. Je veux ta version.
Il prépara deux autres cafés qu'il accompagna de brioche. Elle le remercia d'un signe de tête et se rassit.
— J'étais donc remontée dans les bureaux pour terminer le nettoyage des sols. Je ne suis pas habituée à ces locaux tu vois, ça fait deux ans que je fais toujours la même chose au laboratoire et là... Être catapultée au dernier moment aux étages supérieurs sans explications... Bref...
Elle but une gorgée de café brûlant et croqua dans sa brioche. Elle était délicieuse. Elle mourait de faim.
— Je pensais qu'il n'y avait plus personne mais j'ai entendu deux hommes en pleine discussion. Ils étaient dans ce grand bureau avec cet horrible truc de taureau en acier. Je n'aurais pas dû écouter mais ce que j'ai entendu m'a sidérée.
Jérémy lui tendit une autre part de brioche. Il écoutait, impassible. La moindre réflexion ferait dévier la jeune femme dans des considérations à n'en plus finir.
— Mmm, mais qu'est-ce que c'est bon, dit-elle en se léchant le bout des doigts. Ils riaient, si tu les avais entendus... Ils parlaient de l'Ooème qui va sortir. De tout l'argent que ça allait rapporter. L'homme qui était avec le ministre, c'était le type patibulaire qui se promène toujours dans l'ombre de King.
Jérémy hocha la tête. Skinner. Ce ne pouvait être que lui.
— C'est lui qui a commencé à se moquer de toi. Il disait que tu avais abandonné ton laboratoire, que tu préférais boire des cocktails en léchant les... Euh, bref... En tout cas, ce gars-là il ne t'aime pas beaucoup on dirait. Moi, je pense qu'il est jaloux... Il t'a comparé à un pantin. D'après lui Flora King fait de toi ce qu'elle veut.
Jérémy rangea sa mèche rebelle d'un geste sec. Flora lui avait apporté énormément dans le développement de sa carrière. C'est elle, enfin son groupe, qui avait financé les recherches pour l'I'Dream, le fameux implant ayant rendu à l'humanité sa capacité à rêver. Il était conscient que Flora King était une femme d'affaires, mais elle avait su associer son talent pour faire du profit avec son désir d'aider son prochain. Les deux allaient de pair chez elle. C'est pourquoi Jérémy avait la conviction qu'elle réussissait tout ce qu'elle entreprenait. Être un membre essentiel de la King Company avait rempli Jérémy de fierté jusqu'à présent. Mais les documents que Joyce venait de lui apporter et les propos de Skinner lui laissaient entrevoir une toute autre réalité.
— Il savait que tu regarderais à peine les conclusions et que tu signerais. Skinner s'est vanté de connaître ton talon d'Achille. Mortimer, lui, tout ce dont il voulait être sûr, c'est que rien ne lui retombe dessus. Il avait peur pour sa femme mais il n'a pas expliqué pourquoi. Il a aussi parlé d'une histoire ancienne à propos d'un médicament qui avait fait scandale. Un truc qui s'appelait... Genre Médiatran... Oh, je ne sais plus... Ce Médiatran avait été mis sur le marché par un laboratoire pourtant au courant des risques cardiaques.
Jérémy connaissait ce scandale. Il s'était produit une vingtaine d'années avant le Fléau. Le scandale du Médiator, ce traitement supposé soigner le diabète ou plutôt les personnes diabétiques en surpoids. Au final le risque de valvulopathie se trouvait multiplié par quatre et ce médicament avait causé directement la mort de milliers de personnes. Le laboratoire connaissait les risques pour les utilisateurs de ce produit mais l'appât du gain avait prévalu sur la vie humaine. Et c'est ce qui se passait aujourd'hui aussi. L'Ooème2 associé à l'implant comportait de gros effets secondaires. Certaines fonctionnalités restaient mal maîtrisées. Les résultats n'étaient pas optimaux. Une trop grande marge d'erreur subsistait pour valider la commercialisation du produit. Les conclusions qu'on lui avait remises avant signature étaient incomplètes. Flora l'avait berné et n'avait pas eu le moindre scrupule à le trahir. Comment avait-il pu se tromper à ce point sur quelqu'un ?
— Je suis vraiment désolée, Jérémy. Ce n'est pas ta faute.
Joyce s'était rapprochée. Il pressa le corps souple de la jeune femme contre lui.
— Ensuite, Skinner est parti en laissant Mortimer avec un dossier dans les mains. Je ne savais pas quoi faire. J'avais peur. Le ministre n'avait pas l'air rassuré par les propos de Skinner, alors imagine s'il avait su que j'avais tout entendu. Il a fini par s'en aller lui aussi et je suis entrée dans la salle pour faire le ménage. Et là, qu'est-ce que je vois ? Cet idiot avait laissé le dossier ouvert sur une table. C'est là que j'ai pris toutes les photos que je t'ai montrées. Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai fait ça. Je venais à peine de refermer ce satané dossier que Mortimer a rappliqué. Il s'est avancé vers moi et m'a demandé ce que je faisais là. Je lui ai dit en prenant un air stupide que j'étais la femme de ménage. Il était furieux. Il avait compris que j'avais farfouillé dans les documents. Alors tout d'un coup il s'est jeté sur moi. Je suis sûre qu'il voulait me tuer. Je l'ai esquivé et je me suis enfuie. La suite, tu la connais. Quand je suis partie, il n'était pas embroché dans cette lance en acier.
Jérémy réfléchit. Il la croyait, bien qu'il ne s'expliquait pas l'intérêt de truquer une vidéo pour la diffuser partout. Tout cela ne semblait pas nécessaire. À quoi bon effrayer la population ? Un des objectifs principaux dans la ville blanche et ailleurs dans le Nord était au contraire d'assurer le bien-être mental et la sérénité. Pourquoi agiter le spectre d'une menace terroriste si tout cela était faux ? Il ne comprenait pas. D'autant plus que personne ne semblait s'affoler plus que ça.
— Flora King va devoir s'expliquer, dit-il.
— Quoi ? Non, surtout pas. Si tu lui dis ce que tu sais, elle va aussitôt envoyer ses chiens de chasse à mes trousses.
— On ne doit pas vendre ce produit tant qu'il existe des effets secondaires aussi élevés. C'est absurde et meurtrier. Je ne peux pas l'accepter. Si les recherches prennent une année supplémentaire, voire deux, et bien nous ferons avec. Je refuse de participer à ce désastre.
— Ce n'est pas la bonne solution, Jérémy. Prenons le temps de réfléchir. J'ai besoin de toi pour m'en sortir. Si tu vas à la KC menacer une des femmes les plus puissantes du monde, tu vas nous embarquer tous les deux vers un aller simple pour la mort.
Elle avait eu raison de croire en cet homme. Il était prêt à défier la KC. Par contre, sa naïveté faisait peine à voir.
— Je vais t'aider, je ne te laisserai pas tomber. Je vais contacter I'Concept, en présence de Flora King. Il doit être possible de revenir sur ma signature. Je leur montrerai mes arguments.
Il désigna le vieil Ooème de Joyce. Elle commença à ramasser ses affaires éparses sur la table. Elle ne s'était pas trompée, l'homme était intègre. La vue des documents lui avait ouvert les yeux. Il semblait prêt à en découdre. Son orgueil blessé, il fonçait tête baissée dans les brancards. Elle n'avait pas songé à ça, à cette attitude masculine presque universelle qui consistait à réagir à chaque fois qu'on saisissait leur pénis ou leur égo. Depuis la nuit des temps c'était ce qui entraînait l'humanité entière à sa perte. Après tous ces siècles d'évolution, la problématique principale demeurait identique : se comparer pour voir qui aurait la plus grosse. Si vous aviez bien assimilé la faille, avec un peu de finesse vous pouviez leur faire faire absolument n'importe quoi.
Elle allait récupérer son livre lorsqu'il posa sa main dessus.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Wuthering Heights.
— Ma mère doit connaître. Elle était professeur de littérature à l'université.
Elle le rangea et referma son sac.
— Partage tes données avec mon Ooème.
Joyce savait que Jérémy avait pris sa décision et que son sentiment d'humiliation prédominait sur la prise de distance. Rien ne le ferait changer d'avis, il pensait avoir des cartes en main suffisamment fortes pour gagner la partie. Joyce avait espéré qu'il l'aiderait à s'enfuir. Ensuite il se serait débrouillé pour retarder la vente de l'Ooème2. Au lieu de ça, drapé dans sa fierté, il entrerait dès ce matin dans le bureau de la patronne, tel un empereur romain, et du haut de sa suffisance, il essaierait à son tour d'humilier la reine.
— Très bien, murmura-telle. Tu me condamnes. À ton avis, pourquoi on me voit en train d'essayer de tuer Carl Mortimer ? Les gens m'ont déjà jugée et mis une étiquette que je ne pourrai plus enlever. Tout ce que je dirai sera discrédité. Je suis une terroriste désormais aux yeux de tous. Et pour finir, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué : je suis noire.
Elle prit son sac et s'éclipsa, le laissant seul. Tandis que les paroles de la jeune femme résonnaient encore dans sa tête, Jérémy comprit qu'il ne se rendormirait pas. Il était naturel que Joyce soit effrayée et qu'elle n'ait pas confiance en la justice. Il comprenait. Mais elle avait tort. Ce monde avait aboli les injustices. S'il en restait quelques-unes, on les traquait et on les combattait. Carl Mortimer avait menti au sujet de son agression : il serait puni. Dans la ville blanche il fallait être blanc comme neige. Ou bien on était banni. Jérémy s'essuya encore une fois les yeux.
Bon sang, j'espère que j'ai de l'Arpédia!
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