Chapitre 1

12 minutes de lecture

Ciel limpide, air serein, celui du printemps à ses prémices, de mars à ses frémissements, du XVIIIeme siècle qui commençait à peine, dernier de l’ancienne France où l’honneur se gagnait à pointe d’épée ; ciel limpide, air serein du matin dans lequel une calèche roulait sur quelque route d’une campagne enchantée par le soleil et les oiseaux.

Elle transportait madame de Sagères vers Angers, avec son fils de dix ans, garçon à l’œil vif, et la nourrice, Rosalie. Depuis un moment la dame montrait figure inquiète ; elle observait les abords de la route, ce qui se passait devant et parfois se retournait, quand elle ne demandait pas à son fils, assis face à elle, de regarder en arrière.

« Pourquoi faire ?

—Ne pose pas question. Regarde.

—Je sais, je sais ! Tu penses au maître-bandit. Moi aussi j’espère le voir.

—Jean ! Vous devriez appréhender ce voyage. Il m’inquiète, moi, ce maître-bandit, bien que les colportages incessants en fassent un héros qui ne blesse ni ne tue, un sacripant capable de politesse envers ses victimes.

—Il s’agit peut-être d’enjolivements, intervint Rosalie, à dessein de rassurer sa maîtresse. La rumeur va vite à enfler. »

Depuis quelques semaines, dans les auberges à l’entour, les tavernes, dans les tous les relais de poste, on évoquait un bandit dont on ignorait l’identité, qui attaquait si bien voygeurs et voitures, qu’il s’était sans doute fait riche. Ce n’était pas sans frémissement qu’on en causait, car c’était un galant homme – les enfants faisait leur héros de ce maître-bandit, comme on aimait à l’appeler ; les femmes nourrissaient quelques rêves à son propos, quoiqu’on n’eût jamais vraiment su à quoi il ressemblait. Toujours il portait une cape qui lui enveloppait jusqu’aux épaules. Son visage disparaît pour partie derrière un large bandeau, et ses cheveux sous un chapeau à plumes. Les témoignages lui prêtaient une barbe perceptible derrière une écharpe comme ils lui prêtaient un teint rose et une voix douce à l’oreille. Bien que son tromblon de bandit le garantît contre tout mouvement trop vif, il ne tuait jamais, il ne brutalisait même pas ; mais il commandait, il exigeait, il désirait très fort ; son cœur se mettait dans sa voix, sa voix dans l’air et l’air dans les oreilles des attaqués. « Votre bourse !»

À cet ordre, à cette hardiesse, parce qu’il attaquait seul contre n’importe quel gibier, on ne pouvait que céder. Les victimes, et ceux qui espéraient le devenir, tenaient à cette espèce de légende qui coûtait si cher à leurs bourses mais qui les gratifiait d’une aventure dont ils ne supposaient jamais qu’elle leur deviendrait fatale.

Madame de Sagères ne put cacher son tressaillement.

« S’il s’agit d’enjolivements c’est pire : le maître-bandit pourrait tuer… Alors ayons peur ! »

L’enfant s’agita sur son siège.

« Moi, je n’éprouve aucune peur, ça non ! J’espère que le maître-bandit attaquera ; je vous défendrai, mère, et toi ma gentille Rosalie.

—Jean, ce langage, à ton âge ! » gronda sa mère.

Le cocher rit.

« Dieu vous a fait un fils intrépide. Soyez fière, madame.

—Téméraire, audacieux, comme son père, oui ! Une mère n’est pas fière de ce que son fils veuille à toutes forces se battre et jouer au héros ; elle s’inquiète. Et tu dis qu’il peut tuer, Rosalie !

—Je ne le disais pas. C’est vous qui concluez ainsi.

—Mais tu as parlé d’enjolivements. Finalement je préférais le conte ; je préfère y croire encore. Les gens parlent par expérience, après tout. Espérons n’obtenir aucune preuve qui aille dans un sens ou dans un autre. Je ne veux pas savoir de quoi il retourne.

—Je finirais pas y croire, dit Rosalie.

—A quoi ?

—A tout. Il peut aussi s’agir d’une mystification. J’en deviens curieuse. Connaître le sacripant derrière le bandeau du maître-bandit, quelle aventure ce serait !

—Vivement qu’il se montre !

—Jean ! se fâcha Madame de Sagères.

—Je suis aussi impatiente que toi, mon petit », lui dit la servante.

—Voilà que vous l’encouragez ! »

On roula quelques temps dans le silence. La calèche franchit un virage serré. Il fallut ralentir. N’importe le temps perdu, rien ne pressait. On en profitait pour mieux regarder dans les bois, profonds et sauvages ; les oiseaux y donnaient tout un récital ; le vent bruissait dans les premiers feuillages et dans les branches, nues de première apparence. L’œil exercé y devinait des bourgeons.

Le voyage était commencé depuis une heure ou deux, peut-être trois, et l’on ne déplorait aucun incident, aucune attaque ; conte ou vérité n’avait pas frappé les voyageurs. Les femmes se remirent à parler. Elle passaient plutôt pour deux amies que pour la maîtresse et la nourrisse. Elles étaient tout-à-fait rassurées, et tout-à-fait contentes. Seul Jean se morfondait : les bois, les roches qu’il voyait et que supportaient les dénivelés du sol, les crevasses et les croupes, il y eût volontiers établi une cabane, il eût volontiers tenu ce poste contre ses amis qui eussent joué aux pirates. Il soupira profondément.

« Allons, Jean ! Ne faites pas votre mauvaise tête !

—Je vais essayer, mère. »

Le long virage se compliqua d’un autre, en direction inverse. Le chemin passait ensuite sur un très vieux pont ; une calme rivière, verdie par les arbustes et les arbrisseaux, asile des libellules, des papillons et toutes sortes de coléoptères, coulait sous son arche de pierres ocres contre lesquelles se lovaient et se mouvaient des ombres fraîches.

On vit une silhouette d’homme à mi chemin du pont.

« Ah ! Peste de cet importun ! » se fâcha le cocher en tirant sur les rênes. Il se rendit compte, trop tard, que s’arrêter était la dernière des bonnes idées.

Cet homme passait pour un petit nuage sur la route dégagée, parce qu’il portait du blanc. Blanche sa culotte, blanche aussi sa longue veste, sa chemise visible par l’encolure, blanche encore la cape passée par-dessus, qui lui donnait majesté et singulière allure ; blanc l’écharpe passée au tour de son cou dont les plis retombaient sur ses épaules, de là un doute : on pensait apercevoir une barbe… Blanc enfin son grand chapeau à plumes ; mais noires les plumes et ses bottes, comme pour encadrer les deux extrémités de son corps. Tout ceci seyait apparemment à une silhouette qu’on jugeait selve, sans certitude. Toutefois, bien que parfaitement confectionné, ce costume avait souffert du temps, soit de celui qui passe soit de celui qu’il fait parfois. Les revers des manches s’effilochaient, et les motifs tracés sur la veste en mordorures légères, disparaissaient presque complètement. Somme toute l’homme était beau à regarder, ainsi mis. Chacune de ses mains, gantées comme pour garder secrète jusque là son identité, tenaient une arme : un pistolet et une rapière.

« Nous allons éventer ou ajouter au conte, dit le cocher.

—C’est lui ! C’est lui ! » s’écria Jean avec l’excitation de l’enfant qui ignore le danger ; le courage de Jean s’apparentait, selon sa mère, à de la naïveté.

Les femmes s’effrayèrent. Si le conte était faux, s’il s’agissait d’un brigand ordinaire, aux penchants criminels, et si ce n’était tout simplement pas le maître-bandit, il se pouvait qu’elles abandonnassent leur sang sur le chemin. Elles se serraient l’une contre l’autre. Jean n’éprouvait aucune peur. Il regardait le maître-bandit avec fascination.

Le véhicule s’arrêta complètement.

« Messieurs, mesdames », salua-t-il.

Est-ce qu’un forban salue si bien ? Un criminel a-t-il regard si franc – regard décidé tout de même ?

« Je vous prierai de me céder votre bourse ou vos bijoux, au choix. Je suis bon prince, et sans excès de gourmandise.

—Monsieur, vous attaquez deux femmes et un enfant ! reprocha le cocher.

—Vous êtes le seul attaqué. Et je vous autorise à vous défendre. Je possède deux épées. Tenez : je vous prête la meilleure, je me battrai avec celle qui est émoussée.

—Un bandit galant homme ! Mais pour qui vous prenez-vous ! »

Le cocher ignorait le maniement des armes. La défense des femmes lui importait, cependant, et celle du petit bonhomme de dix ans auquel il se sentait si attaché.

« Je veux me battre, moi ! assura Jean.

—Jean ! Ne dis pas cela ! s’exclama madame de Sagères.

—Eh bien ? » s’impatienta le maître-bandit.

Le cocher, inquiet, sauta à terre. Une jolie épée sauta dans ses mains. On voyait qu’il ne savait comment la tenir, que sa posture était maladroite. Il porta un coup devant, un coup presque circulaire et avança, ce faisant, vers son adversaire, qui le regardait avec un sourire encourageant.

Le maître-bandit para la lame et dit :

« Vous faites du mieux que vous pouvez, je le vois bien. Vous êtes courageux. Rangez-vous-là. »

Il indiqua le rivage.

« Non, canaille ! »

Le cocher insista, avec plus de vigueur, galvanisé par son amorce de courage. Le maître-bandit opposa son épée, plongea, se trouva dans son dos et de sa main lui bloqua le poignet.

« C’est fait. Obéissez, maintenant. »

Les femmes avait observé avec un effroi allant diminuant, car ni les gestes ni les apparentes intentions du bandit n’annonçait un projet de mort. Cependant elles s’écrièrent lorsque leur unique protecteur fut vaincu et qu’il alla s’asseoir au bord de la rivière.

« Mes chères dames, c’est à nous. Vous détenez bien une bourse, je la veux, voilà tout. »

Madame de Sagères ne maîtrisait guère ses tremblements, au contraire de sa servante, Rosalie, qui se leva, descendit, et osa se présenter devant l’homme svelte et poli mais mûr de résolutions malhonnêtes.

« À mon tour d’essayer.

—Pardon ?

—Prêtez-moi votre épée, j’essaierai de nous défendre.

—Oh ! Puisque vous le demandez… »

Ne craignant rien lui non plus, à son tour avança-t-il plus près. Fraîche comme l’ombre jetée sur la rivière, son haleine se porta jusqu’à elle.

« Non, moi, moi ! » s’agita Jean.

Sa mère retint son bras.

« Prenez mon épée, Madame. En garde ! »

Le maître-bandit commença sa démonstration. Il porta des coups, développa ses bottes, sans jamais la toucher ni sans trop l’approcher. La nourrisse tentait bien de fouetter l’air avec sa lame, d’aller au-devant de l’adversaire – là dessus elle bondissait bien et faisait montre de souplesse. Le maître-bandit ne s’opposait même pas à ses pauvres coups ; il était hors d’atteinte. Son rire argentin éclatait parmi les chants d’oiseau.

Il jouait. La réalité approfondissait les contes.

Rosalie se fatigua. Ses bras retombèrent, son épée ne s’éleva plus.

« Cessons-là, Madame, je ne voudrais pas vous épuiser. Mais je concède vote résistance.

—Vous vous moquez !

—Non, absolument pas ! Tel n’était pas mon but. Je vous donnais une chance. J’ai gagné votre bourse.

—Laisse, ma bonne Rosalie, intervint madame de Sagères depuis la calèche. Laisse. De grâce ne résistons plus ! Donnons-lui notre argent.

—Vos auriez dû vous mettre à quatre contre moi ! dit le maître-bandit. Dommage pour vous, voilà. »

L’agacement perçait dans cette voix claire, la peur peut-être ? Sans doute s’attardait-il trop longtemps.

« Ne croyez pas que je veuille me moquer de vous. Votre main, Madame. »

Le maître-bandit donna la main à Rosalie et la raccompagna devant la calèche ; il l’aida encore à y remonter. Madame de Sagères se glissa sur le banc, jusqu’à lui, frémissante. Elle sortit une grosse bourse de son sac.

« Je vous cède tout, mais de grâce, cessez. Notre bon Pierre et ma chère Rosalie se défendirent vaillamment, mais moi, je n’en ai point la force ; moi, j’ai peur. »

La dame avait parlé sur un ton défait, mais gracieux, mais limpide. Le maître-bandit entendait certainement battre son cœur.

« Comme il vous plaira », répondit-il.

Posant sa main sur celle de la dame, il referma pour elle la bourse. Défaillante à ce contact inattendu elle s’affaissa contre lui. Rosalie hoqueta. Depuis, la berge le cocher remontait vers le pont en courant.

Le maître-bandit aida la dame à se rétablir, comme elle reprenait connaissance. Par mégarde, cherchant appui, elle posa sa main, la main qu’il avait touché, sur sa figure, par-dessus l’écharpe.

« Reposez-vous », dit-il avec douceur.

Madame de Sagères s’affaissa sur le banc, non plus évanouie, mais terrassée par de grandes émotions. Elle tenait la bourse serrée contre elle.

« À mon tour ! » s’écria soudain Jean, en sautant par-dessus sa mère pour aller se jeter devant le forban. Il tenait une épée sortie de sous le siège, qu’il avait chercher à reprendre après s’être fait la résolution de défendre sa mère et de participer à la légende du maître-bandit dont on dirait : il dut lutter contre le plus jeune ennemi qu’il eut jamais.

Le maître-bandit recula, surpris, agacé. Puis, quelque nouveauté se fit jour dans son regard : l’estime pour cet enfant.

« Tu voudrais vraiment te battre contre moi ?

—Oui.

—L’honneur me l’interdit.

—Jean ! Jean ! » appela Madame de Sagères.

Le cocher revint auprès de la calèche ; il retint l’enfant ; les deux femmes s’y mirent aussi et Jean, vexé, bouillant, dut renoncer à son projet, quoique content du regard adressé par la maître-bandit.

Ce dernier tira un coup de feu en l’air. Épouvantés, les chevaux partirent au galop, emportant la voiture à vitesse déraisonnable par-delà le pont.

« Que dîtes-vous de notre aventure, Madame ? demanda Rosalie.

—Je voudrais voir une grande compagnie autour de moi, tant j’ai peur. Ma bouche est toute pâteuse.

—Quel homme étrange !… »

La nourrice se remettait. Sa maîtresse touchait sa propre main et une fois, se mit à la respirer.

La journée s’avançait. Midi sonnait sans doute aux horloges. Après une ou deux lieues passées dans le silence, les voyageurs abîmés dans la stupeur recommencèrent à parler. Les estomacs grondaient.

« Ah, enfin ! » s’exclama le cocher avec plaisir.

Auberge et relais de poste, sis l’un derrière l’autre au bord de la route, présentaient leurs façades, sur lesquelles le soleil dardait ses rayons.

Les voyageurs y entrèrent. Imaginez le personnel à son service ; imaginez les modestes clients vêtus d’étoffes grossières et rapiécées ; imaginez-les sirotant, buvant, bavardant, et voyez s’ouvrir la porte devant deux serviteurs mieux vêtus qu’eux. Ils précédaient le plus bel objet de stupéfaction visible au village, en cette auberge ; ici point de pavé ni demeure princière ; en cette auberge ni lambris ni tableau, ni marbre ni lustre, ni tapis ni tentures.

Or, madame de Sagères n’entrait pas en cliente discrète, elle ne le pouvait : sa robe de mousseline blanche ressemblait au plumage du cygne ; ses volants éclaboussaient le plancher. Le travail du corsage éblouissait. Son voile, qu’elle releva pour mieux voir, retombait par pli étoilé sur ses épaules. Quelle émotion à vue si rare ! Les clientes s’exaltèrent : ce visage – bouche vermeille, nez long et fin, yeux purs, front soyeux, teint ivoirin rehaussé par du rouge aux joues – et cette toilette les inspirèrent ; leurs couturières auraient de l’ouvrage ; les plus pauvres se le donneraient à elles-mêmes ou se contenteraient de l’imagination. Quant aux hommes, ils se faisaient d’autres espérances, encore plus vaines !

Tandis que le conducteur commandait leur dîner, la dame, son fils et la nourrice trouvèrent à s’asseoir, dans un coin de la longue salle. Elle s’effondra plus qu’elle ne s’assit. Craignant un malaise, on lui porta un verre d’eau. L’attaque l’étourdissait toujours, ainsi que le toucher du maître-bandit, celui de sa main et de son visage.

Jean sautait sur place.

« On l’a vu, on l’a vu ! cria-t-il aux clients.

—Mon Jean, calme-toi !

—Qui ? demanda-t-on.

—Le maître-bandit ! Il était rudement poli ! Il a finalement refusé notre bourse ! Quand je serai grand, je deviendrai bandit !

—Jean ! s’offusqua sa mère.

—Mais tu as vu comment il a parlé et comment il t’a donné la main, dis, tu as bien vu ?

—Est-ce vrai, Madame ?

—Oui, répondit Rosalie. Plus étonnant que tout : il nous a laisse une chance de nous défendre. Notre cocher s’y est essayé, puis moi.

—Vous ? s’étonna-t-on.

—Oui, moi ! »L’assemblée rit à gorge déployée.

« Il n’a pas dû beaucoup trembler ! Le diable d’homme aura voulu jouer. »

Le cocher narra cette drôle d’aventure, romantique et romanesque, assez dangereuse pour donner à frémir, sans épouvanter exagérément. Les clients mangeaient en écoutant, ils ajoutaient leurs questions et ceux qui avait noué connaissance avec le maître-bandit, complétèrent par leurs propres récits. Cela forma une sorte d’épopée, une légende.

« Pourquoi m’a-t-il donné la main ? À cause de cela, je le déteste moins que je ne devrais ! avoua madame de Sagères.

—Il est bien inutile de le détester répondit aubergiste. Un homme qui ne fait aucun mal et qui attaque si bien. Je l’aime, moi ! Il m’envoie de bons clients, tiens !

—Croyez-vous que nous devrions nous en plaindre ? s’interrogea-t-on.

—Oui, oui, il faut s’en plaindre, répondit le cocher.

—Non, non ! refusa Jean.

—Il serait pendu, affirma un client.

—Mon Dieu ! s’exclama Madame de Sagères. Qu’on ne me parle ni de pendaison ni d’attaque ! Ne le dénoncez pas, de grâce ! Cet homme ne mérite pas de sort aussi cruel ! »

La conversation tourna au procès. Acquittait-on ou non le brigand ? Chacun y alla de son avis, le plus souvent à décharge. Le vin échauffait les gosiers ; c’était une cascade de verve pour certains. Le fromage, la viande et le pin, entraient à profusion dans les estomacs. Il semblait que le maître-bandit fût un ingrédient de ce repas – le meilleur.

L’aubergiste organisa un vote à main levée.

« Qui pour dénoncer le maître-bandit ? »

Aucune main ne se leva.

« Qui pour le laisser tranquille ? »

Toutes les mains se levèrent.

« Alors c’est décidé, nous l’aimons. Mais le jour où il versera une seule goutte de sang et où l’on se sentira trop appauvri, nous nous plaindrons. Pour l’instant, il nourrit nos conversations, il enchante nos dîners ! Qu’en pense-vous ?

—Oui ! »

Comme tous les autres, le cocher, Madame de Sagères, Jean et Rosalie, éclatèrent en hourras pour le maître-bandit. Il était bien aimé, décidément !

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Florent Billard ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0