6.4

12 minutes de lecture

« Bonten, ici ! » cria Iason à travers la salle dès que je réapparus.

Plusieurs têtes se tournèrent dans ma direction comme pour me rappeler que personne n’avait oublié mon nom. Pour la discrétion, on repassera… Je m’installais sur la chaise vide à côté de Calithra dont le visage s’éclaira dès que j’eus posé les yeux sur lui. La table avait été généreusement garni – un ogre s’était-il invité ? – et Iason ne se fit pas attendre pour se servir. Je le vis engloutir une portion impressionnante de riz avant d’enfourner un morceau de pain puis une boulette de viande.

« Prends garde à ne pas dévorer tes couverts », lui dis-je en esquissant un sourire.

Il déglutit péniblement, et j’aurais juré avoir vu sa gorge se gonfler sous le passage de la nourriture. Une grimace fendit son visage puis il me regarda fièrement :

« Tu disais ?

  • Rien, je suis impressionné !
  • Évidemment ! C’est mon talent caché ! »

J’attaquai à mon tour mon assiette – avec moins de dextérité – satisfait de manger autre chose que des baies, des champignons ou du gibier. Je savourai chaque bouchée, chaque goût comme si c’était la première fois.

« Oh, merde ! lâcha soudainement Calithra. Félicité est dans le coin, elle nous demande de l’attendre. Elle sera là demain matin.

  • Quoi ? Mais comment tu le sais ? s’enquit Rosa.
  • Elle vient de m’envoyer un message. Je ne sais pas de qui elle a eu mon numéro, mais… bref, qu’est-ce qu’on fait ? On l’attend ?
  • Je propose qu’on se lève très tôt pour partir avant ! fit Iason en glissant du fromage dans sa bouche.
  • Pourquoi voudrait-elle nous rejoindre ? Que fait-elle dans le coin ? les interrogeai-je.
  • Elle te cherchait aussi, m’informa Hide en faisant mine de réfléchir. On devrait l’attendre, ce serait méchant de l’éviter. Elle est partie toute seule, et depuis ton départ, le conseil lui en a fait baver.
  • Pourquoi ?
  • Parce qu’elle n’a pas réussi à t’empêcher de partir, ils pensent que son rang a été surévalué. Son moral est au plus bas.
  • Comment tu sais tout ça ? fit Iason.
  • Je laisse mes oreilles trainer dans les couloirs du manoir.
  • Surévalué ? Je n’ai jamais connu de rang S capable de me battre seul. Pas même en duo, à vrai dire, expliquai-je. Ce serait injuste qu’ils la jugent comme si elle était mon égale.
  • Tu es sûr que tu n’es qu’un rang S ? m’interrogea soucieusement Rosa. Tu t’es enfui avec une telle aisance ! Et tu n’avais pas encore totalement récupéré, n’est-ce pas ?
  • Non, même encore aujourd’hui. Peut-être est-ce simplement vos critères qui ont baissés par rapport à mon époque ?
  • Alors, on l’attend ? » insista Hide.

Ils se tournèrent tous vers moi comme si seul mon avis comptait. Après tout ce que Félicité m’avait fait endurer, je n’étais pas enclin à accepter. Jusqu’au bout elle n’avait cessé de me harceler, et si je l’avais laissée faire, j’aurais été arrêté. Jamais elle n’avait douté de ma culpabilité, jamais elle ne m’aurait laissé m’enfuir, et ce, même si ma vie en dépendait. Je soupirai, grimaçant mon aversion pour cette femme.

« Allez, fit Calithra en me donnant un léger coup de coude, elle te cherchait ! Tu vois, elle a compris son erreur.

  • Mouais, à une époque, on aurait eu le temps de me passer la corde au cou…
  • Mieux vaut tard que jamais, non ?
  • Certes. Bien, c’est d’accord… »

Les coins de ses lèvres remontèrent puis il plongea le nez sur son téléphone. Face à moi, Iason affichait un rictus moqueur que je questionnai d’un regard.

« J’ai rien dit ! s’esclaffa-t-il.

  • C’est plutôt ce que tu ne dis pas qui m’intrigue. Alors parle !
  • Calithra t’a convaincu si facilement… »

Celui-ci releva brusquement la tête, les joues rouges, tentant de lui faire les gros yeux pour qu’il se taise. Quant à moi, je retins un sourire, mais je n’en fus pas moins amusé.

Le regard naviguant au hasard à travers la salle bondée – le froid rassemblait toujours autant les foules – un visage retint brusquement mon attention. Celui d’un vieil homme, seul à une table dans un coin de l’auberge. Étourdi par la surprise, je restai là, pétrifié, ne pouvant détacher mes yeux de lui.

« Ça va pas ? » s’inquiéta Calithra en penchant la tête pour entrer dans mon champ de vision.

Lorsque je voulus reposer les yeux sur l’homme, il avait disparu.

« Bonten ? poursuivit-il en agitant sa main devant mes yeux.

  • Oui, je… J’ai cru… Laisse tomber, la fatigue sans doute !
  • Alors va te reposer si tu as assez manger ! »

J’acquiesçai, il n’y avait que mon épuisement pour expliquer cette vision. Ou peut-être était-ce le fait de me retrouver au milieu du monde après avoir passé plusieurs mois entièrement seul ? Quoi qu’il en soit, je devais me reposer.

Je regagnai ma chambre, prêt à tomber dans les bras de Morphée. Mais assis sur le lit, je ne pus sortir cet homme de mon esprit. Un fantôme du passé, voilà ce qu’il était ! Et il devait le rester. Je perds la tête, voilà tout. Il est mort, il y a des années.

Quelques minutes plus tard, on frappait à ma porte. C’était Calithra.

« Tu es certain que ça va ? Tu as eu un drôle d’air tout à l’heure, demanda-t-il en venant s’asseoir à mes côtés.

  • Ce n’est rien, je deviens barje.
  • Il fallait bien que ça arrive, s’amusa-t-il. Tiens, je suis venu te rendre ça ! »

Il attrapa ma main et y plaça le carillon que je lui avais confié. Je me souvenais parfaitement de ce moment où il était devenu mon ami. Même si ce n’avait été qu’un mot jeté pour la forme, aujourd’hui, je le considérais ainsi.

« Tu m’as toujours fait confiance, n’est-ce pas ? C’est pour ça que tu m’as rendu ma bâtarde au réfectoire.

  • J’ai eu le sentiment qu’on nous montrait ce qu’on voulait voir, alors oui. J’ai douté pendant quelques secondes, pour être franc, mais j’ai vu à ta réaction que tu tombais des nues. Et il y avait aussi le témoignage de monsieur Tutela.
  • Merci.
  • C’est surtout Maître Aloïs qu’il faudra remercier, il n’a jamais cessé de te défendre !
  • Je le ferai. Est-ce que tu… aurais envie d’aller marcher avec moi ?
  • Tu ne devais pas te reposer ?
  • Une balade au clair de lune dans un froid de canard vaut tout le repos du monde, lui assurai-je.
  • Bien, dans ce cas, allons-y ! »

Dehors, un vent glacial vint nous cueillir. Des flocons de neige saupoudraient le paysage ; j’avais presque oublié leur existence tant cela faisait longtemps que je n’en avais pas vu. Petit, j’essayais de les manger avant qu’ils ne tombent sur le sol. C’était un véritable défi auquel je me livrais avec les autres orphelins ; les enfants des rues, comme on nous appelait. Un éclat de mémoire où je nous vis telles des sauterelles essayer d’aller plus haut pour être le premier à en attraper un me rendit soudain nostalgique. J’étais parmi les plus jeunes, à l’époque, et je croyais que la faim disparaîtrait si j’en avalais suffisamment. Je me revis les poings serrés, me hissant sur la pointe des pieds pour finalement bondir et prendre des missiles blancs en plein sur le visage. Lorsque frustré par mes échecs successifs, je menaçais de pleurer, Anya, la jeune fille qui veillait sur moi, me prenait dans ses bras pour m’aider. Qu’était-elle devenue ? Je n’en avais aucune idée. Je ne m’étais jamais posé la question. Pas une seule fois, je n’avais songé la retrouver pour la remercier. Pourtant, des jours enneigés comme celui-ci, elle avait toujours tenu à me faire sourire comme si cela pouvait effacer la faim ou le froid. Ou l’absence de parents. Je ne me souvenais pas avoir réclamé les miens. Pas une seule fois. Je l’avais elle, et c’était suffisant.

Nous fîmes quelques pas, côte à côte et silencieux, la neige craquant sous nos pieds, nos regards se mêlant l’un à l’autre. Calithra semblait apprécier ma compagnie autant que moi la sienne.

« Alors, comme ça, tu étais peiné par mon absence ? dis-je finalement.

  • Iason et sa grande bouche ! pesta-t-il en détournant la tête. Tu veux bien… ne pas en parler ?
  • Cela ne devrait pas te mettre mal à l’aise, il est appréciable de savoir qu’on manque à quelqu’un.
  • Eh bien… tu te doutes peut-être pourq…
  • Bonten ? » m’interpella une voix rauque.

Un vieillard s’avança hors de la pénombre de l’auberge, me contemplant comme si j’étais la septième merveille du monde. Il s’approcha, une certaine tendresse dans un regard familier. Trop familier.

« Je n’y crois pas ! Alors c’est vrai ! Tu es libre ! » se réjouit-il en posant une main sur mon épaule.

Ses traits avaient sensiblement vieilli, ses cheveux étaient devenus blancs et son dos était légèrement voûté. L’espace d’un instant, je crus délirer. Mais Calithra posait lui aussi les yeux sur cet homme, signe qu’il ne s’agissait pas d’une hallucination. Ô comme j’aurais préféré…

« Tu ne me reconnais pas ? s’enquit le vieux avec un sourire triste.

  • Vous vous connaissez ? me chuchota Calithra qui avait compris que quelque chose n’allait pas.
  • C’est Aldegrin », lâchai-je péniblement.

Celui-ci sourit à l’évocation de son nom tandis que je restais immobile, ne sachant que dire ou que faire. Mon cerveau semblait avoir court-circuité face à lui. Où était donc passée la colère ? La haine ? Il ne restait en mon esprit qu’un vide immense qui se prolongeait jusqu’à mon cœur.

« Si tu savais comme je suis heureux de te revoir ! », ajouta Aldegrin en me prenant dans ses bras.

J’étais incapable de bouger, de le repousser, même si tout mon être se tendait. Même si chaque cellule de mon corps suppliait pour mettre fin à cette étreinte.

« Eh bien, dis quelque chose enfin ! m’exhorta-t-il en me secouant doucement.

  • Dégage… murmurai-je comme pour moi-même.
  • Quoi ? Bonten, c’est moi ! Tu me reconnais, n’est-ce pas ? »

Il me suffit de l’entendre prononcer mon nom une seconde fois pour finalement exploser. Tout ce que j’avais ressenti depuis mon réveil gonfla brusquement ma cage thoracique.

« Ne me touche pas ! tonnai-je en le repoussant brusquement. Je ne veux pas savoir comment tu peux être encore en vie, mais tu n’aurais jamais dû reparaitre devant moi !

  • Calme-toi, je…
  • Dis-moi que ce n’est pas toi qui m’as fait accuser du massacre de Yokusai ! Dis-le-moi ! »

La lueur dans ses yeux changea, un voile de culpabilité et de tristesse vint remplacer celui du bonheur de m’avoir retrouvé.

« Tu ne vas même pas l’avouer, hein ? Bon sang, réponds ! Dis quelque chose ! m’emportai-je.

  • Puisque tu le sais déjà, pourquoi tiens-tu à ce que je te le dise ? dit-il finalement.
  • Parce que je veux que tu me jures que c’est faux ! Que toi, Aldegrin, mon père, tu ne m’as pas… Je n’ai jamais compté pour toi, hein ?
  • Bien sûr que si. Tu dois me pardonner. Je n’ai jamais voulu te faire de mal. Je… Je me suis laissé convaincre par Orchid et Andras, j’ai été cupide et avide de pouvoir. Et… oui, je t’ai sacrifié pour ça. Mais je le regrette chaque jour depuis, je te le jure ! Yokusai était une erreur, mais… ils voulaient te tuer et… je ne voulais pas qu’on te fasse de mal, tu comprends ?
  • Ils ne pouvaient pas me tuer ! Je les battais !
  • Ils auraient trouvé un moyen.
  • Alors je devrais te remercier peut-être ? J’ai passé plus de cent ans à me demander pourquoi j’étais là ! À espérer que tu tiendrais ta promesse, que tu viendrais me libérer !
  • Je le voulais, mais j’avais peur de ta réaction quand tu découvrirais tout.
  • Tu avais peur de ma réaction ? C’est maintenant que tu devrais avoir peur ! À moins que tu ne sois finalement venu finir le travail ?
  • Quoi ? Comment ça ? Quel travail ?
  • Me tuer ? Me faire sceller une nouvelle fois ?
  • Quoi ? Mais, d’où te viennent ces idées ? Je suis ici pour demander ton pardon ! Tout pourrait redevenir comme avant, nous pourrions reformer Black Diamond, je te laisserai tout diriger. Je veux simplement être avec toi, rattraper le temps perdu.
  • Je devrais te tuer, Aldegrin, sur le champ ! Mais… pars ! Va-t’en ! Je ne veux pas le faire sous le coup de la colère, je veux avoir la tête froide. Je veux y prendre du plaisir. Alors dégage ! Je ne saurais que trop te conseiller de ne jamais recroiser ma route, parce que je ne ferai preuve d’aucune pitié.
  • Tu as toujours été un bon petit, Bonten. Si tu ne le fais pas maintenant, tu seras incapable de le faire quand ta colère sera passée.
  • Barre-toi ! »

La tête basse, il fit demi-tour, tournant la tête vers moi à plusieurs reprises comme s’il s’attendait à me voir changer d’avis. Lorsqu’il ne fut plus à portée d’yeux, Calithra se rapprocha et glissa sa main dans la mienne.

« Est-ce que ça va ? demanda-t-il doucement.

  • Tu veux bien me faire une faveur ? Ne parle de ça à personne, pas même à Maître Aloïs.
  • Mais, pourquoi ?
  • S’il te plaît ! insistai-je.
  • D’accord. Mais, est-ce que tu veux en parler ? »

Je secouai négativement la tête, songeant que la seule chose dont j’avais besoin, c’était être seul. Le hasard – où Iason – fit que je partageais ma chambre avec Calithra, et je ne pouvais l’en chasser s’en éveiller d’interrogation. Nous rejoignîmes notre chambre en silence, et alors que je m’apprêtais à m’isoler sous la couverture de mon lit, Calithra vint plaquer son corps contre le mien.

« Pardon, je sais que tu n’aimes pas trop ça, mais… je crois que tu en as besoin », murmura-t-il sur un ton affecté.

Je me sentis comme si on venait d’enfoncer un millier de lame dans ma cage thoracique. Il caressa mon dos pour tenter de m’apaiser. Il y avait quelque chose d’agréable à l’avoir ainsi près de moi. Je pris conscience à quel point j’avais été idiot de rejeter les autres, à quel point aujourd’hui, j’avais besoin qu’on m’aide à affronter la trahison d’Aldegrin. Sur ce chemin sinueux, rempli de douleurs et de vieux souvenirs, j’avais besoin de quelqu’un pour m’accompagner. Je ne pouvais l’arpenter seul sous risque de m’y perdre.

« J’aurais dû le tuer », finis-je par lâcher.

Calithra recula lentement, m’adressant un sourire triste.

« Il l’a sans doute mérité des milliers de fois. Mais… ne t’en serais-tu pas voulu ?

  • Peut-être.
  • Alors tu as bien fait de ne rien faire. Ne te charge pas d’un fardeau pour le restant de tes jours.
  • Mais il a probablement raison… La prochaine fois que je le verrai, ma colère sera redescendue, et j’en serai incapable.
  • Qui a dit que tu allais le revoir ?
  • Aldegrin ne laissera pas tomber, il tournera autour de moi jusqu’à la fin de ses jours ou des miens. »

Mon pardon… Comment pourrais-je le pardonner ? Le regard dans le vide, je cherchais une réponse qui n’allait pas miraculeusement se dessiner devant moi. Aldegrin avait-il songé une seule seconde à la situation dans laquelle il me mettait ? Bien sûr que non ! Il avait agi comme l’égoïste qu’il était !

« Une chose à la fois, d’accord ? Prends-le temps de te faire à l’idée qu’il t’a… que c’était lui le responsable. Tu ne vas pas le revoir tout de suite, mais lorsque ce sera le cas, tu aviseras.

  • Tu ne me dis pas de ne pas le tuer ?
  • Qui suis-je pour te l’interdire ? En revanche, tu foutras ta vie en l’air, si tu le fais. Je doute qu’on veuille t’emprisonner pour un vieillard censé être mort il y a longtemps, un meurtrier, qui plus est, mais crois-tu que tu pourras vivre avec ça ? Tu le considères toujours comme ton père, malgré tout. Est-ce que tu pourrais assumer de l’avoir tué ?
  • Non, soupirai-je. Mais je ne sais pas… comment lui exprimer…
  • Ta douleur ? finit-il à ma place. Je crois qu’il en a eu un aperçu tout à l’heure. Ne sois pas gêné, ça devait sortir ! Mais tu t’es retenu, n’est-ce pas ? Parce que tu es pudique quand ça concerne tes sentiments. Alors la prochaine fois, crie, pleure, énerve-toi, laisse sortir tout ce que tu gardes enfermé à double tour. Et si tu as peur de paraitre vulnérable, faible ou ridicule, sache que cela demande beaucoup plus de courage qu’il n’y parait. Puis, quand tu auras réussi ça, tu pourras essayer de lui faire comprendre combien il t’a blessé. »

Blessé ? Moi ? S’il avait existé un lien entre ces deux mots, il avait été rompu depuis longtemps. Et sa reconstitution me paraissait hautement improbable. La Terre allait-elle subitement tourner autour de la lune ? L’eau allait-elle brûler ?

« Repose-toi, me conseilla-t-il. Ça fait beaucoup à digérer.

  • Tu ne parleras à personne d’Aldegrin ? J’ai ta parole ? insistai-je.
  • Oui, c’est promis. Mais… est-ce que tu as entendu lorsqu’il a dit que ce n’était pas lui qui te voulait du mal ?
  • Oui.
  • Tu crois qu’il a menti ?
  • Je ne sais plus ce que je peux croire ou non. Mais s’il avait voulu me tuer, il aurait pu me prendre par surprise ce soir et le faire.
  • Donc, ce n’est pas lui. »

Commentaires

Annotations

Vous aimez lire Charlie V. ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0