9.2

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***

Perdu dans mes pensées, ne sachant où tout cela allait me conduire, je n’entendis pas Aldegrin se rapprocher. Je fixais un point au loin comme si une réponse allait soudain surgir devant mes yeux.

« Alors, fit-il en fourrant ses mains dans les poches d’un manteau qui épaississait sa silhouette, tu as retrouvé ton père ?

  • C’est plutôt l’inverse. Mais tu n’y es pas étranger. Pourquoi ? »

Il vint se placer à ma hauteur et se mit lui aussi à regarder droit devant lui.

« J’ai fait beaucoup de mauvaises choses dans ma vie, Bonten, mais ça, ça n’en était pas une. Tu as besoin de lui.

  • J’aurais sûrement trouvé un moyen de m’en sortir seul.
  • Oui, je n’en doute pas, dit-il avec un bref sourire, mais je ne parlais pas de ça. Je songeais à sa présence.
  • Il ne m’a jamais manqué, si c’est ce que tu sous-entends. Je t’avais toi.
  • J’ai été un bien piètre père, rit-il avec amertume.
  • Les derniers temps seulement.
  • Tu le penses ?
  • Je n’ai pas été malheureux avec toi.
  • Mais as-tu été heureux ?
  • Je crois pouvoir dire que oui. Mais aujourd’hui, si on me ramenait à cette époque, je ne pourrais pas l’être.
  • Qu’est-ce qui a changé ?
  • Moi. En bien, je crois.
  • J’ai été surpris, tu sais, de te voir si entouré. De te voir… amoureux ?
  • Avec un homme, tu veux dire ?
  • Non, tu n’as jamais montré d’intérêt pour les femmes.
  • Pour les hommes non plus.
  • Vraiment ? Tu ne te souviens pas de ce rang A ? Comment il s’appelait ? fit-il en se grattant pensivement le menton, Lucien ! Il n’est pas resté longtemps à Black Diamond.
  • Quoi ? Lucien ? Je ne lui ai jamais parlé !
  • C’est vrai, mais tes yeux le suivaient dès qu’il passait devant toi.
  • Je ne sais même plus à quoi il ressemblait ! me défendis-je en lui jetant un regard noir. Quand est-ce que tu as pu remarquer ça ? Et pourquoi tu t’en rappelles ?
  • Tu étais mon petit garçon, voilà pourquoi. »

Aldegrin n’avait jamais été du genre sentimental. Je le vis pour la première fois ému, bien qu’il tenta de le masquer en évitant mon regard. Gêné, tout comme lui, je baissai les yeux sur le sol enneigé, sa dernière phrase résonnant en moi comme un écho. Je ne savais pas quoi en penser. J’aurais voulu être en colère, mais une partie de moi trouvait cela satisfaisant à entendre.

« Je sais tout le mal que je t’ai fait, poursuivit-il, je sais que je n’ai plus le droit de vouloir que tout redevienne comme avant entre nous. Alors quand cette histoire sera finie, je sortirai de ta vie. Tu n’entendras plus parler de moi. Je suppose que ça te convient ?

  • Est-ce que tu te fous de moi ? demandai-je en le fusillant du regard. Tu me demandes de te pardonner et maintenant tu abandonnes ?
  • Je voudrais que tu puisses me pardonner, mais c’était égoïste de te le demander. Si je pouvais retourner en arrière, revenir à cette décision, je te jure que je refuserais. Mais ce qui est fait est fait, et tu en as payé le prix.
  • Alors, en grand seigneur, tu te retires, c’est ça ? Pour m’éviter de me torturer l’esprit. Bon sang ! Est-ce que tu essayes de m’embrouiller ? Un coup tu me demandes pardon, un autre tu me dis que tu n’en es pas digne !
  • Que veux-tu que je te dise ? Je veux une chose que je n’ai pas le droit d’avoir.
  • Comme toujours, lui reprochai-je. Voilà une leçon que tu n’apprendras jamais. »

Il n’ajouta rien. Ne me regarda pas. Il savait que j’avais raison, mais je regrettai déjà mes mots. C’était l’une de ses caractéristiques, ou peut-être un de ses défauts. Quoi qu’il en soit, cela cachait une confiance inébranlable et une détermination sans faille. Et je l’avais toujours admiré pour cela.

« J’ai changé, Aldegrin. Et toi alors ? »

*****

Je regagnai ma chambre, perdu dans mes pensées. Personne ne m’avait posé de question, pas même lors du dîner. Où peut-être que si, mais je ne les avais pas écoutées. Je remarquai la présence de Calithra derrière moi seulement parce qu’il me rentra dedans après que je me sois brusquement arrêté pour regarder par la fenêtre du couloir.

« Pardon ! Je ne t’ai pas fait mal ? Je ne m’attendais pas à ce que tu… Bonten ? »

Il profita du couloir désert pour me faire pivoter vers lui et glisser ses bras autour de moi. Je pris véritablement conscience de sa présence à cet instant et lui adressai un sourire.

« Tout va bien ? Tu as l’air ailleurs depuis que tu as parlé avec ton père.

  • Je ne sais pas. Tel que tu me vois, j’essaye d’être plus sage qu’à l’habitude et de ne pas tout ranger dans une boîte. »

Il me serra contre lui, puis déposa ses lèvres sur mon front.

« Ça t’aiderait d’en parler ?

  • Tu demandes parce que tu souhaites m’aider ou parce que tu es curieux de savoir ce que mon père m’a dit ? demandai-je, suspicieux.
  • Je veux t’aider, bien sûr ! Mais… dit-il tandis que ses lèvres s’étiraient, j’ai vraiment envie de savoir ce qu’il t’a dit !
  • Au moins, tu es honnête.
  • Avec toi, toujours ! On va dans ma chambre ? J’ai oublié mon téléphone.
  • Tu as passé tout le dîner sans ? Et, tu es encore en vie ? le raillai-je, je suis impressionné !
  • Je vais t’en acheter un et tu comprendras pourquoi je ne me sépare jamais du mien ! rit-il en me tirant derrière lui.
  • Je n’en aurais pas l’utilité.
  • Bien sûr que si ! Je t’enverrai texto sur texto, tu serais obligé de me répondre.
  • Autant se parler face à face. Et profiter de la présence de l’autre.
  • Mais si on était séparés ? Si on partait pour une mission chacun de notre côté ?
  • Ça n’arrivera pas, je ne fais partie d’aucune guilde. »

Il fit mine de bouder une courte seconde – nous savions tous les deux que nos avis divergeaient à ce sujet – puis il me fit signe d’entrer. Il se jeta instantanément sur son téléphone posé sur le lit et peina à masquer sa déception. Je l’interrogeai du regard alors il répondit :

« C’est rien, j’ai envoyé un message à ma sœur, et elle ne m’a pas répondu. J’ai l’habitude. Viens, assis-toi ! On n’est pas là pour parler de moi, mais de toi !

  • Cela fonctionne dans les deux sens.
  • Je sais, mais… peut-être plus tard, d’accord ? Alors, ton père t’a dit quoi ? »

Assis près de lui, je lui racontai tout sans rien omettre. Ce que ma naissance avait provoqué, les reproches que j’avais faits à mon géniteur et ses espoirs.

« S’il tient à toi autant qu’il le dit, c’est normal qu’il veuille te protéger, non ? Qu’est-ce qui te dérange là-dedans ? demanda Calithra d’une voix douce.

  • Il se comporte avec moi comme si nous nous étions quittés hier. Mais nous sommes des inconnus l’un pour l’autre. Il a l’air de croire qu’il y a un lien indéfectible entre nous, mais moi, je ne le ressens pas. Parce que je suis son fils, l’enfant de la femme qu’il a aimé, il pense qu’il a un devoir envers moi.
  • Ou peut-être qu’il t’aime, tout simplement. Qu’il a espéré chaque jour de sa vie pouvoir enfin te revoir. Il ne t’a vu que le jour de ta naissance, c’est ça ?
  • Je crois. Justement, comment pourrait-il aimé quelqu’un qu’il n’a vu qu’une fois dans sa vie ? Et après tout ce temps ?
  • Tu as dit qu’il semblait toujours amoureux de ta mère.
  • Oui. Il y avait… un truc dans son regard et dans sa façon de s’exprimer quand il m’a montré la photo.
  • Les sentiments, ça ne s’estompe pas comme ça. Regarde, toi avec Aldegrin. Tu as toujours de l’affection pour lui, malgré ce qu’il t’a fait.
  • D’ailleurs, il est venu me voir juste après. C’était étrange. On aurait dit qu’il avait peur que Sam prenne sa place alors que c’est lui, en partie, qui l’a amené ici.
  • Peut-être que c’est sa façon de s’excuser ?
  • Ce qu’il a fait n’est pas excusable, lui rappelai-je en soupirant. Je ne peux pas le pardonner, je lui en veux. Et peu importe ce qu’il fera, ça n’effacera rien. Il ne peut pas me jeter un jour, et vouloir me reprendre un autre.
  • C’est vrai, mais ça te fait souffrir. Parce qu’au fond, tu aimerais pouvoir lui pardonner.
  • Suis-je si transparent ? demandai-je tristement.
  • C’est aussi ton père, répondit-il en prenant ma main, et il ne t’avait jamais déçu avant, n’est-ce pas ? Si tu dois lui pardonner l’impardonnable, ne le fais pas pour lui, fais-le pour toi, pour te libérer. »

J’acquiesçai d’un signe de tête en sachant qu’il était encore trop tôt pour cela. Mais Calithra avait raison, si je décidais de pardonner Aldegrin, je devais avant tout le faire pour moi.

« Concernant ton père, tu devrais lui laisser une chance. Surtout s’il parvient à te sauver la vie, ajouta-t-il en souriant. Apprends à le connaître avant de le juger. Et je ne devrais pas à avoir à te le rappeler, mais, il faut être deux pour faire un enfant. Ta mère aussi a décidé de t’avoir avec lui, et elle connaissait les risques. Ils se sont mis dans cette situation tous les deux. Ça a tourné de la pire des manières, et ils ne pouvaient pas le prévoir.

  • Je suppose. »

Il glissa sa main dans le bas de mon dos, et me tira contre lui pour m’embrasser sur la joue. Je plissai les yeux dans sa direction, un sourire malicieux sur les lèvres :

« C’est tout ?

  • Tu quémandes maintenant ? fit-il, surpris.
  • Jamais, je constate simplement un fait. »

Son sourire s’agrandit et son amusement redoubla ; ses doigts effleurèrent mon menton pour guider mes lèvres vers les siennes. Mon cœur battit brusquement si fort qu’il envoyait de violentes décharges dans tout mon corps. Je me perdis dans les nuances de son regard émeraude comme si chaque teinte essayait de me retenir.

L’instant d’après, je me retrouvai assis sur ses cuisses, face à lui, son visage entre mes mains que je contemplais comme si je le voyais pour la première fois. Sa bouche rencontra de nouveau la mienne, puis encore une fois. J’appréciais chaque seconde de ce contact, j’en redemandai.

« Ça valait le coup, murmurai-je.

  • Quoi donc ?
  • Ces cent quatorze dernières années. Pour toi, elles valaient le coup. »

Ses yeux s’embrumèrent brusquement puis il colla son visage contre mon torse :

« Ça, c’est un coup bas ! se plaignit-il en me serrant contre lui. Il ne faut pas me lâcher des trucs comme ça sans me préparer ! Mais je suis content si tu le penses.

  • On dirait que tu déteins sur moi, j’arrive à voir du positif dans le négatif. »

Il releva la tête, une lueur tendre dans le regard, puis m’embrassa de nouveau avant de me faire pivoter pour me pousser sur son lit. Il passa au-dessus de moi, et se stoppa brusquement comme si son corps était allé plus vite que ses pensées.

« Euh… tu en as envie ?

  • Ça me parait plutôt évident, non ?
  • Tu as le droit de ne pas vouloir aller jusqu’au bout. Et sache que je ne t’en voudrais pas. Si tu n’es pas prêt, ce n’est pas grave, on prendra notre temps. »

Je priai secrètement pour que le monde entier soit repeuplé de copie de cet homme qui faisant tant fondre mon cœur. Avec le recul, j’admettais volontiers que cela ne plairait qu’à moi. Dommage…

En guise de réponse, je le tirai contre moi pour l’embrasser. Messagères de mon désir, mes mains caressèrent sa peau douce et chaude qui avait une odeur sucrée me rappelant des biscuits à la cannelle. Elle provenait de ce parfum dont il adorait s’asperger, et j’avais toujours trouvé qu’il lui convenait à merveille. Davantage encore à cet instant.

D’un geste, Calithra retira les deux couches qui couvraient son torse, me laissant découvrir sa peau blanche comme le lait. Au milieu de ses clavicules, un grain de beauté retint mon attention. On aurait dit qu’un peintre y avait déposé la pointe de son pinceau. Je l’effleurai du bout du doigt, ce qui le fit réagir tout de suite :

« Arrête, je suis très chatouilleux ! » rit-il en attrapant ma main pour y glisser un baiser.

Il la déposa ensuite près de son cœur puis m’adressa un sourire complice. J’aurais pu l’admirer durant des heures, car à cet instant, il était la seule chose qui occupait mes pensées. Je voulais graver dans ma mémoire chaque détail, chaque courbe, chaque ligne de son corps. J’enviais son aisance, puis une question assombrit mes pensées :

« Tu l’as déjà fait ? »

Ses yeux se baissèrent une courte seconde, et il répondit maladroitement :

« Oui, une fois. Est-ce que ça te dérange ?

  • Bien sûr que non. C’est seulement que… voilà encore une chose sur laquelle je suis en retard. Je suis plus vieux que toi et je n’ai aucune expérience dans ce domaine.
  • C’est plutôt logique, non ? Ce ne devait pas être évident à ton époque de rencontrer quelqu’un.
  • Certains y arrivaient, soupirai-je.
  • Et alors ? Tant mieux pour eux, mais ce n’est pas une course. L’âge n’a rien à voir là-dedans. Dans chaque domaine, il y a des gens qui en savent plus ou moins que toi. Ça ne veut pas dire que tu ne vaux rien. Et d’ailleurs, avec seulement une fois au compteur, je ne peux pas dire que je suis expérimenté. Sans compter que chaque personne est différente, donc tout est différent. Ne va pas croire qu’il y a un mode d’emploi que tout le monde suit à la lettre, c’est faux. D’accord ? »

Il posa sa main contre ma joue et attendit ma réponse. Comment fait-il pour être si mature ? me demandai-je en souriant malgré moi. Je déposai un baiser sur ses lèvres puis il m’aida à me débarrasser de mon haut. Une légère tension envahit mon corps lorsque je vis ses yeux glisser avec gourmandise dessus. N’étais-je pas trop mince ? Ne manquai-je pas trop de muscle ? N’étais-je pas trop pâle ?

« Est-ce que je peux te toucher ? fit-il avec douceur.

  • Oui. »

Je ne semblai pas le rebuter. Le contact de sa main glacé me fit frissonner, mais le passage de ses doigts sur ma peau était agréable. Mieux que tout ce que j’avais pu imaginer. Et ses lèvres sur les miennes embrasaient tout mon corps. Lorsqu’elles descendirent sur mon cou, le brasier à l’intérieur de moi enfla subitement, m’obligeant à prendre une profonde inspiration. Cela fit sourire Calithra qui redoubla d’effort en descendant doucement. Quelque chose sembla se réveiller dans mon ventre, ou peut-être un peu plus bas. Une sensation agréable que je n'avais jamais ressentie auparavant.

« Tu veux aller plus loin ? » fit-il en glissant son index derrière le bouton de mon pantalon.

En imaginant ce dont il parlait, je me mis à rougir et mon cœur fit un bon dans ma poitrine. J’aurais voulu pouvoir lui dire oui, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Il allait être déçu, j’en étais certain. Oui, dis oui, crétin ! Il me suffit de croiser son regard pour voir qu’il avait compris que nous n’irions pas plus loin. Mais quel con ! Je soupirai, évitant son regard et le repoussai brusquement avant de me lever et d’attraper mes vêtements.

« Bonten, ce n’est pas grave, me rassura-t-il. C’est bien d’être allé jusque-là. »

Je ne répondis rien, ne le regardai pas.

« Ce n’est pas grave, je te dis ! insista-t-il. Allez, viens là ! »

Comme je ne bougeai pas, il se leva et attrapa mes mains pour me tirer contre lui. Il passa ses bras autour de moi et déposa un baiser sur mes cheveux.

« C’est rien, d’accord ? Tu n’es pas prêt et te forcer n’arrangera rien.

  • Je suis désolé.
  • Non, ne le sois pas. Il n’y a rien de grave, je t’assure !
  • Mais tu en as envie.
  • Oui, mais j’attendrai. Je ne vais pas en mourir, tu sais ? »

Il m’adressa un sourire puis me serra contre lui.

« On peut toujours dormir ensemble, proposa-t-il finalement.

  • D’accord. »

Nous nous installâmes tous deux dans son lit, l’un contre l’autre. Plus je le regardai, plus je pensais ne pas le mériter. Du haut de ses vingt ans, il avait déjà l’air d’un homme et sa maturité n’avait d’égale que sa gentillesse. Il était tout l’inverse de moi.

« Bonten, me tira-t-il de mes pensées, je te vois. Tu es en train de cogiter, mais te connaissant, pas en bien. Je t’ai dit que ce n’était pas grave, alors n’essaye pas de te morfondre.

  • Bien, répondis-je en esquissant un sourire.
  • Je préfère ça ! » dit-il en m’imitant.

Je me tournai vers lui, la tête appuyée contre la main.

« Au fait, j’ai un frère. »

Il sursauta, l’air hagard et attendit que je poursuive.

« Un demi-frère, précisai-je. Kelen. Mon père voudrait que je le rencontre. Il m’a montré une photo de lui.

  • Il te ressemble ?
  • Peut-être un peu. Il m’a aussi montré une photo de ma mère. Je suis son portrait craché.
  • Au moins maintenant, tu sais à quoi elle ressemblait. Est-ce que tu vas revoir monsieur Neill ?
  • Tant que sa famille en a après moi, je suppose que oui.
  • Tu n’as pas envie qu’il te parle d’elle ?
  • Pour quoi faire ?
  • La connaître.
  • Pourquoi ? Elle est morte.
  • Pour te sentir un peu plus proche d’elle ?
  • Elle est morte, répétai-je, ça ne servirait à rien. »

Je me serrai un peu plus près de lui et l’entourai de mon bras. Puis je posai ma tête sur son torse tandis qu’il me caressait les cheveux. Son cœur battait doucement, et je m’endormis au son de son rythme.

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