~ Chapitre 8.2 ~

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— Je vais rouler doucement, lui assure Joakim d’une voix plus chaleureuse.

Il s’amuse de la voir se tortiller derrière lui pour essayer de se caler correctement. Il se retient d’en rire.

— T’inquiètes, c’est pas grave. Je serais coiffée comme un hérisson à l’arrivée, c’est tout, boude-t-elle. Une heure de brushing pour rien, pas de soucis. Et avec un peu de chance, je ne perdrais pas un talon en com…

— Tu n’as besoin ni d’une coiffure ni d’artifices pour être la plus belle, l’interrompt Joakim en se retournant vers elle pour lui tendre son casque. Tiens, mets ça.

— Oh, merci. Mais, et toi ? sourit-elle en rougissant, touchée par ses compliments.

Elle se love ensuite contre son dos et l’agrippe doucement.

« Finalement, il reste gentil, au fond… », songe-t-elle, émue, tandis qu’il démarre son véhicule, sans un mot de plus.

— Il y aura qui, ce soir ? lui demande-t-elle en relevant la visière de sa protection de tête.

Elle parle fort pour qu’il l’entende, tandis qu'il roule à une vitesse très raisonnable ; lui qui d’ordinaire se plaît à frôler la contravention…

— Que tu connais ? Euh… personne, répond-il en s’arrêtant à un feu.

Il pose un pied à terre et attend qu'il passe au vert.

Trisha en profite pour continuer la conversation :

— Il y aura surement le fameux Kristofer, du coup !

— Toi, tu as trop trainé avec le crew, souffle Joakim d’un air blasé.

Dès qu’il pourra repartir, il accélérera jusqu’à ce que le vent contre ses oreilles l’isole de ces insipides ragots féminins… « Il n’a pas signé pour ça, bordel ! »

— Je plaide coupable ! s’amuse Trisha.

— Dis-leur d’aller se faire foutre quand tu les entends parler de moi.

La jeune fille rit d’un air gêné, puis reprend.

— Oh, mais ils ne disent jamais rien de grave…

Le feu passe au vert et Joakim redémarre, à une vitesse qui force désormais la rouquine à s’agripper plus fermement à lui, en silence.


— On est arrivés, informe le jeune homme dix minutes plus tard.

— Waouh ! Je savais que tu habitais à Santa Monica, vu que Noah nous a dit un jour que vous étiez voisins, mais waouh ! Tu es carrément sur la plage ! s’émerveille-t-elle en relevant de nouveau sa visière pour admirer l’océan sur lequel se reflète la lune.

Son partenaire dégaine sa clef qui ordonne aux portes automatiques du garage de s’ouvrir. Il range rapidement sa sportive à l’intérieur et ajoute :

— En effet. Le sale blond vit dans la maison à gauche.

— Oh, énorme ! Mais en fait, comment ça se fait que des fois, même lui, n’a plus de nouvelle de toi pendant des jours, alors qu'il est juste à côté ?

— J’ai besoin d’un Doliprane… souffle Joakim en s’étirant après avoir rangé sa moto. 

— Tu es en train de me dire que je parle trop, là, ou je rêve ?

— Tu ne rêves pas, rit Joakim en traversant le couloir intérieur de chez lui pour aller ouvrir la porte principale de sa maison.

— En fait, je vais faire comme si je n’avais rien entendu ! La bave du beau gosse n’atteint pas la merveilleuse princesse ! renvoie Trisha sur un ton faussement hautain.

Elle le suit et ajoute, heureuse : 

— Votre salon est joli ! J'adore ces baies vitrées partout !

— Tu ne t’arrêtes décidément jamais.

— Et si je le faisais, tu te sentirais comment ? Parce que moi, je peux te le dire ! 

— Ravi ?

— Que tu es petit, Joakim Bauer, petit ! Tout petit ! Minuscule ! réplique Trisha en mimant une voix de sorcière de contes pour enfants.


Ils rient, grimpent au deuxième étage, puis empruntent un passage extérieur qui mène à une large salle insonorisée, dédiée aux fêtes de la famille. Piste de danse, décorations festives, cabine de DJ, fauteuils en alcôve, lumières de boite de nuit : l’endroit parfait pour tout type de célébrations…

Prenant la main de sa rousse, Joakim l’entraine au fond de la pièce et se rapproche pour lui parler contre l’oreille à cause du volume de la musique avec lequel Kristofer semble jouer…

— Tu m’excuses deux minutes ? En attendant, fais comme chez toi.

Sa phrase terminée, il abandonne la demoiselle pour s’en aller discuter avec son ami.


Trisha patiente sagement sur un tabouret de bar, devant une table en verre, intimidée par l’endroit et par ces visages qu’elle ne reconnait pas. Des invités du gérant de l’empire Peninsula. Pas réellement des camarades, juste de la masse afin de créer une foule festive.

Alors qu’elle s’apprêtait à envoyer un message à Amy pour savoir comment se déroule sa soirée de son côté, avec Noah et d’autres Drifterz, elle sursaute en réalisant qu’une jeune fille s’adresse à elle :

— Coucou, tu es sa nouvelle poupée, je suppose ? lui grince Erika avec une grimace de dégoût.

Elle observe son frère aîné d’un air blasé.

— Euh… Enchantée, moi c’est Trisha ! Et toi, tu es ?

— Erika. La sœur du type qui va bientôt te sauter avant de te jeter comme une merde.

— Euh… Pardon ? Je ne te permets pas, s’offusque Trisha en remettant nerveusement son téléphone dans son sac à main.

Elle n’aura finalement envoyé qu’un smiley à sa meilleure amie.

— Barre-toi, si tu as un peu d’estime pour ta personne. Mon frère ne recherche pas en toi une petite copi…

— Dis donc, toi ! Qui t'a invitée à notre table ? s’exclame soudain Joakim avec un faux air enjoué.

Il arrive derrière sa cadette pour la saisir par les épaules et la retourner vers lui avec fermeté :

— Bon, maintenant, t'es mignonne, mais tu dégages de ma vue et tu vas t’occuper d’Alarich. Il n’est pas censé être tout seul et il ne faut pas qu’il vienne ici pour te chercher. Alors tu bouges.

— Vas-y, je t’emmerde, tu ne me donnes pas d’ordre, tu te prends pour qui là ? renvoie fièrement Erika en portant un demi à ses lèvres. 

— Pardon ? demande Joakim, les sourcils froncés en lui attrapant le bras pour qu’elle pose son verre sur la table. Répète ?

— Lâche-moi, tu me fais mal, grogne la brunette avec effroi.

Elle se défait de son emprise et quitte la salle pour fuir dans la chambre de son jumeau.

— Excuse-la, sourit Joakim en direction de sa rousse.

— C’est rien, les petites sœurs sont toujours comme ça avec leurs frères, je suppose !

— J’espère que les autres ne sont pas aussi casse-couilles, souffle Joakim d'une voix enjôleuse.

Trisha rit puis lui attrape délicatement le menton pour le ramener vers elle afin de pouvoir l'embrasser tendrement…

Joakim se laisse faire en fulminant de la tentative de sabotage de sa cadette.

Après un langoureux échange, il propose une boisson à sa rousse qui, déclinant tout alcool fort, choisit finalement la douceur d’une pina colada.

— Je vais te préparer ça, je reviens, lui annonce Joakim en se décrochant de ses lèvres affamées.

Elle se relève de son tabouret et le suit jusqu’au bar pour le regarder lui servir son cocktail ainsi qu’un whisky sec pour lui.

— Eh bien, monsieur, on boit du fort, ici ! lui sourit-elle d’un air intrigué.

—Faut au moins ça pour te supporter.

— Oh ! Toi ! rit-elle alors qu’il s’empare de sa main pour se diriger vers le canapé d’angle le plus éloigné de la pièce.

Arrivé à destination, il se laisse tomber dessus et avale presque d’une traite son whisky. 

Trisha le dévisage avec suspicion, s’assoit à ses côtés et s’exclame :

— Sacrée descente !

— Je savais que tu recommencerais à parler, j’ai donc pris les devants.

— Je ne relève même plus, tu sais !

Joakim sourit et un ange passe pendant que leurs regards se perdent sur la piste de danse. Trisha reprend peu après, dans le but de relancer la conversation.

— Du coup, Kristofer, c’est un très bon ami à toi, mais le reste de ton crew le déteste.

—Ça va, inspecteur Trisha ?

— Nickel, et toi ?

— Tu veux que je te fasse visiter la maison ? 

— Oui ! J'adorerais !


Une proposition explicite, validée par la rouquine, et à peine sortent-ils de la salle des fêtes que Joakim l’étreint vivement pour l’embrasser en l’entrainant vers sa chambre, à un couloir de là.

Folle de désir pour lui, elle lui rend chacun de ses baisers, tout en lui attrapant sa veste pour la lui enlever. Joakim répond à ce geste en lui retirant sa robe moulante sur le sol, avant de placer ses deux mains sur ses seins pour les malaxer. Trisha lui défait rapidement son pantalon en retour et tire son tee-shirt vers le haut pour qu’il se dépêche de l'enlever…

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