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Je l'attendais, pressée, comptant cent et un pas,
L'aube à peine levée sur la proche aréna,
La mine somnolente, le cœur effervescent,
L'alacrité grisante du songe enfin présent,
J'avais voulu y être, et tant de fois passées,
Avais laissé mes guêtres au fond de leur panier,
Nouvelle sous la lune avivant mes entrains,
Exhortée par les runes à suivre mon instinct,
Je foulais les pavés de la gare endormie,
Impatiente, excitée, ivre de l'euphorie.
Bientôt il sonnera m'invitant au départ,
Au quai numéro trois larguera les amarres.
Les parfums d'aventure, le souffle des planètes,
Un voyage à l'allure d'une indicible quête,
Assoiffée d'abandon, tant seule qu'exaucée,
Qu'importe le wagon dans lequel je montais,
Je ressentais déjà jaillir sous ma poitrine,
L'irremplaçable joie qui parfois nous anime :
Celle de ne vouloir, pour aucun or au monde,
Changer le lieu, l'histoire, ou la moindre seconde.
J'ai entendu ta voix siffloter doucement,
Sur les rails de l'émoi et des bons sentiments,
Apostrophe des anges, collision des hasards,
Connexion à l'étrange ou destin illusoire,
En cherchant mon essor, parcourant mes envies,
J'ai trouvé un trésor aux accents d'Italie.
Le train s'est arrêté, à sa destination,
Mais nos cœurs entichés roulent vers l'horizon.
MH.
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