Le coffret mystérieux

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Azura tourna la page de son calendrier : c'était dimanche, son unique jour de congé. Elle quitta sa chambre, descendit à la cuisine et se prépara un café. Installée sur un tabouret, elle observa les premiers flocons de neige tourbillonner au-dessus de Pembroke. La scène avait quelque chose de paisible, presque envoûtant.

Quelques instants plus tard, sa mère, Rosa, fit son apparition. Vêtue d'une longue jupe pourpre assortie à des collants blancs et d'un épais pull en laine noir, elle incarnait la grâce et l'élégance naturelles. Azura esquissa un sourire en la voyant.

— Voilà longtemps qu'il n'avait pas neigé dans la région ! s'exclama Rosa avec son léger accent espagnol.

— Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose, maman, répondit Azura. Tout est fermé aujourd'hui et c'est mon seul jour de repos.

— C'est justement l'occasion de te reposer ! Tu sortiras une autre fois.

— Si tu le dis...

— Ton frère dort encore ? Vous êtes rentrés tard ? Je ne vous ai pas entendus arriver.

— Ewen avait un peu de retard...

— Il a toujours été tête en l'air. pouffa Rosa en réunissant ses longs cheveux bruns dans un chignon négligé. Et le travail, comment ça se passe ?

— Mis à part que mon patron est un tyran et que les clients ne laissent jamais de pourboire... plutôt bien.

Rosa fez uma grimaça.

— Tu sais, après réflexion, peut-être que tu devrais envoyer des candidatures à plusieurs universités. Je pourrais prendre quelques heures de plus au magasin pour nous en sortir.

— À quoi bon ? Tous mes amis du lycée ont déjà une longueur d'avance sur moi. Enfin... anciens amis.

— Tu es bien pessimiste. As-tu essayé de les contacter au moins ?

— Ils n'ont jamais pris la peine de le faire.

— Si tu attends qu'ils fassent le premier pas, ma chérie, tu risques d'attendre longtemps.

Sur ces mots, elle quitta la pièce, laissant Azura songeuse. La jeune femme soupira. Sa mère avait raison, comme toujours. Elle déposa sa tasse vide dans l'évier et regagna sa chambre. Une fois allongée sur son lit, elle saisit son téléphone et tapa un numéro qu'elle n'avait pas composé depuis bien longtemps. Celui de Madelyn, son amie d'enfance. Elles avaient pris des chemins différents et cela faisait des mois qu'elles n'avaient pas échangé un mot.

Dans le combiné, une voix douce résonna.

— Allô ?

— Maddie ?

— Azura, c'est toi ? ! Ça fait un bail...

— Un bail, oui...

Un silence s'installa avant que Madelyn ne reprenne d'un ton hésitant :

— Alors... Comment vas-tu ?

— Je bosse dans un restaurant. Ewen, toujours fidèle à lui-même... Rien de bien excitant. Et toi, l'université ?

— Je travaille très dur, mais je me plais bien ici. 

— Tu m'étonnes, Cambridge, Londres a l'air si fun en comparaison avec Pembroke. 

— En effet.

— Tes photos sur les réseaux sociaux n'en sont que la preuve, vous n'avez pas l'air de travailler si dur pendant toutes ces soirées costumées et arrosées. lacha-t-elle. 

— Que veux-tu dire ?

— Ces gens sur les photos, tu les connais depuis longtemps ?

— Certains depuis le début de l'année. C'est quoi ce questionnaire Azura ? 

— Je constate, c'est tout.

— Tu constates ? Maddie semblait offusquée.

— Tu n'as jamais pris une minute pour m'appeler, mais tu trouves le temps de faire la fête avec tes nouveaux amis. Alors désolé, mais oui, je constate que je ne fais plus partie de tes priorités aujourd'hui.

— Je te rappelle quand même que tu ne m'as pas appelé non plus. Ma vie ne s'est pas arrêtée depuis que tu as décidé de ne pas intégrer l'université, il fallait y réfléchir à deux fois !

— Comment peux-tu dire ça, je travaille, moi ! Pour aider ma mère, tu te souviens ? ! 

Sa voix se brisa.

— J'hallucine, tu me fais une crise de jalousie, Azura ?!

— Tu sais quoi ? Amuse-toi bien avec ta petite vie parfaite, c'était une erreur ce coup de fil de toute façon. 

Elle raccrocha avant que Madelyn ne puisse répliquer. Furieuse, elle quitta sa chambre et descendit d'un pas vif au sous-sol. L'air y était froid, chargé de poussière et d'humidité. Parmi les vieux cartons et objets entassés, une boîte attira son attention : « Azura souvenirs » était gravé en grosses lettres sur le couvercle.

Elle l'ouvrit et découvrit un album photo. En l'apercevant, la colère la submergea et elle le jeta à travers la pièce. Il heurta une étagère bancale, la faisant vaciller. En s'approchant pour le ramasser, son regard fut attiré par une forme rectangulaire recouverte d'un linge blanc. Elle le retira avec précaution, dévoilant une petite boîte à bijoux ornée de gravures dorées. Elle tenta de l'ouvrir, en vain : elle était verrouillée.

Intriguée, elle entreprit de chercher une clé. Son exploration la mena à une vieille pendule miniature dans sa maison de poupée. En l'ouvrant, elle trouva une petite clé aux motifs identiques à ceux de la boîte. Lorsqu'elle la prit entre ses doigts, un frisson la parcourut.

De retour sur son lit, elle introduisit la clé dans la serrure. Un déclic résonna, suivi d'une douce lueur bleutée qui s'échappa du coffret. Azura tressaillit. Avant qu'elle ne puisse réagir, la lumière fonça sur elle et la transperça. Une vague de chaleur l'envahit, puis une profonde fatigue la submergea. Incapable de lutter, elle s'écroula sur son lit, plongeant dans un sommeil profond.

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