Soumise
Maître m'a conseillé d'écrire cette deuxième semaine, après m'avoir montré ses textes sur notre relation, le cachottier. Et c'est vrai, ça m'a fait du bien d'avoir son ressenti écrit. C'est quand même plus simple d'écrire "oh putain j'adore me faire défoncer le cul par Maître" que de lui dire en face. Même si on essaie de faire de notre mieux, ce n'est pas facile. Donc, je vais jouer le jeu de Maître et essayer d'écrire des choses sur ce qui se passe dans ma tête. Je m'excuse par avance auprès de Maître, car de nature je suis vulgaire, j'aime les gros mots, j'aime hurler "putain de merde", ou encore que je suis une salope et une chienne. Ça fait du bien à écrire, foutue règle sur les grossièretés de Maître, même si au fond de moi j'aime cette règle. Maître a bien spécifié : aucune représaille vis-à-vis de ce que j'écris, alors je ne vais pas me gêner, putain !
J'ai l'impression d'être au lycée devant mon clavier en ce jeudi après-midi où je n'ai pas du tout envie de bosser. En fait, je veux juste un shoot de médicament. Clairement, heureusement que je n'ai pas de voiture et que Maître est là, sinon je serais déjà en psychiatrie à l'hôpital pour mon millième passage. Il doit avoir une chambre juste à mon nom là-bas. Bordel, je suis quand même bien ramollie du cerveau, merde. On est jeudi, ça fait une semaine et demie que je suis chez Maître et c'est dur, très dur. En même temps, quelle conne je suis ! J'invite un mec avec qui je n'ai pas parlé depuis des années chez moi juste dans l'espoir de me faire baiser, et me voilà chez lui, et je lui donne entièrement accès à mon corps dégoûtant.
Merde, sur tout ce qu'il a écrit, il ne fait mention nulle part de mon poids. Genre Maître, en a rien à foutre que je sois grosse avec mon cul flasque et ma chatte qui pend. Sérieux, Maître, vous êtes aveugle ou c'est moi qui suis totalement abrutie par le dégoût de moi-même ? Même si en vrai, il a réussi à me faire sentir bonne et baisable plusieurs fois. Mais quand même, merde, comment on fait pour accepter ça ? Comment on fait pour accepter que Maître aime mon corps dégoûtant ? Putain, il bande à chaque fois qu'il me voit, sa pauvre bite bloquée dans ses boxers et pantalon. Genre, il se dit : "Wow, un tas de gras nu, je la baiserais bien alors cette salope soumise". J'aimerais tellement réussir à aimer mon amas de gras comme Maître l'aime. C'est dur, mais je vois une petite lumière loin au bout du tunnel.
La lumière semble loin pour Maître cette semaine aussi. Je l'ai surpris plusieurs fois debout, le regard dans le vide, fixe. Avant de lire ses textes, je me doutais que c'était dur pour lui et qu'il ne me disait pas tout, mais en lisant ce qu'il a écrit, oui, c'est vraiment dur pour lui. Mais je suppose que son ego masculin doit lui dire : "Sois fort, aide-la, c'est toi le bonhomme". Les mecs, toujours aussi cons quand il s'agit de leur ego de merde. Après, je n'ai pas à me plaindre, Maître parle beaucoup et dit parle de lui-même et même de ses émotions, même si je suis sûre qu'il m'en cache beaucoup.
Je n'ai pas envie de le brusquer au vu de ce que j'ai saisi de la connasse toxique qu'était son ex-femme. Du coup, là, je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Maître est à la fois effrayant, viril, dominant, mystérieux et étrange, mais je suis là pour lui. Au final, on est deux inconnus au cerveau pourri et qui baisent, enfin lui me baise comme une chienne. Et bordel de merde, je kiffe sa façon de me baiser comme une salope. Il avait raison, Maître, écrire ça fait du bien. Clair que ça fait longtemps que je ne me suis pas autant laissée aller dans mon rôle de salope soumise. Maître est effrayant avec ses grands moments de blanc où il se referme sur lui et où je ne sais pas trop quoi faire. Mais dès qu'il s'agit de baise, il instaure un univers de confiance magique. Maître peut être bestial tout comme doux.
Il a un mélange qui m'excite tellement. Je ne sais jamais si ça va être brutal ou juste sensuel. Ça me retourne le cerveau. Mais à côté, oui, j'ai vraiment l'impression d'être un peu une étrangère ici dans ma "chambre bureau". En plus, il s'occupe de tout à la maison, je me sens un peu gênée. Il prépare à manger (bordel, c'est bon), il fait le ménage, et même ma lessive, même si je suis sûre que ce pervers en profite pour sentir mes culottes.
J'adore que mon Maître assume ses kinks, ça lui donne un côté pervers assumé très viril. La dernière fois, il m'a regardée droit dans les yeux en sentant mon string de la journée et j'ai vu sa queue gonfler. Il n'avait aucune gêne, juste un visage bestial et après, il m'a fait crier comme une salope. T'es conne, arrête d'y penser, tu vas inonder la chaise, Estelle.
Bref, je n'ai qu'à manger, travailler et être baisée, c'est très perturbant. Pourquoi cet homme fait-il tout ça pour moi ? Pourquoi ne crie-t-il jamais ? Pourquoi ne me rabaisse-t-il pas (hormis en soumission, bien sûr, mon Maître peut se lâcher) ? Merde, c'est ça une relation saine ? C'est ça de ne pas être avec un connard ? "T'en fais pas, tu travailles, je m'occupe du reste", j'ai juste à profiter en dehors de mon travail, j'ai juste à rien faire ? J'ai déjà cassé une assiette et deux verres, oui je suis maladroite, et il me regarde : "C'est pas grave", c'est ça le normal ? On fait comment pour apprécier ça sans culpabiliser ? J'ai vraiment le cerveau en friche, putain !
Désolée si je pars dans tous les sens, j'ai connu que des partenaires de baise vraiment connards, et lui c'est le premier qui en a rien à foutre que je mouille abondamment, il s'en fout, Maître. Au contraire, ça le fait bander. Merde, depuis que je baise, je me prends des réflexions sur ça : "Ah t'es crade", "Aucune chance que je te lèche", "Sérieux, tu te pisses dessus là, non ?", "Ça sent la mouille dégoûtante". Non, Maître, lui, il fourre sa tête sur ma chatte, non, Maître me bouffe comme un mort de faim, et kiffe sentir ma chatte !
Je dois réagir comment, moi, putain ? Juste kiffer ? Bordel, c'est dur ! Je suis la meuf contradictoire casse-couilles en fait ! J'adore la façon dont Maître me prend et à la fois, j'ai des doutes sur ma chatte, mon corps. Merde, à chaque fois qu'il descend, ma tête ne peut s'empêcher de réfléchir : "Tu mouilles trop, c'est le matin, tu as pissé cette nuit et transpiré, et là il va te sentir et te lécher, il doit te trouver dégoûtante". Même si Maître me dit qu'il kiffe, j'ai toujours du mal à tout accepter. Je suis invivable en fait ! Mais Maître arrive dans ses moments magiques à me vider la tête, à me faire dire : "Allez, je prends pied et je hurle comme une petite salope". Oui, ça, Maître arrive à le faire. Maître bestial, c'est tellement jouissif, me faire brutaliser, c'est tellement jouissif, ses grands coups de queue, tellement excitant, ses coups sur ma chair. Il arrive à effacer mes doutes et ça, c'est unique pour moi.
Mais à côté, j'ai toujours l'impression d'être cette fille étrangère à qui on passe une chambre contre de la baise. Et son comportement n'aide pas toujours, le mien non plus, ça fait deux jours que tout mon corps m'hurle de me shooter ! Même s'il y a des moments en dehors de la baise où j'arrive à entrevoir de la lumière, comme lorsque je pratique à nouveau l'ostéopathie sur Maître. Je retrouve des sensations de contact, les muscles et les tensions, et pouvoir les soigner est tellement agréable pour moi. Je pense que la cuisine et prendre soin de moi lui procure la même chose. Pendant ces moments, je n'ai pas l'impression d'être juste l'étrangère à poil chez lui.
En fait, heureusement qu'il y a autre chose que la baise. Heureusement qu'il y a la cuisine. Hier, il m'a parlé pendant une heure de son ancienne vie de cuisinier et moi de ma vie d'ostéopathe. Et on est tombés d'accord que passer trois heures à parler d'autre chose que du cul, c'était vachement bien après une semaine et demie où tout tournait autour de ma chatte et de sa bite. En fait, on a juste essayé de mieux comprendre l'autre, ce qui, si nous étions des personnes normales, serait la première étape à faire, j'en suis sûre.
Ça fait qu'une semaine et demie, en même temps je suis juste trop conne d'être aussi dure avec moi. Pourquoi, putain de cerveau, t'arrives pas à accepter que quelqu'un fasse des choses sans arrière-pensée (hormis me péter le cul, mais ça, je suis 100 % consentante). Je ne sais pas où je vais, c'est sûr, mais pour le moment, être ici me semble être la meilleure alternative et il me reste tellement peu de jours pour passer cette foutue deuxième semaine. Je sais que je peux le...
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J'en étais où ? Ah oui, Maître vient de passer pendant que j'écrivais, maintenant j'ai le visage qui sent la pisse et le foutre. J'adore être déshumanisée comme ça. J'adore quand Maître prend mon corps comme une sex-toy, j'adore que Maître "m'oblige" à subir sa bite après avoir pissé. S'essuyer sur moi puis me faire sucer sa bite bien dégoûtante, putain, j'ai trempé ma chaise. Cette chaise est officiellement parfumée à la chatte ! Merde, je kiffe trop et du coup, je me sens conne d'avoir écrit ça dessus, mais je sais que dans une heure, je vais repenser la même chose, cerveau de merde.
Je pensais écrire trois pauvres lignes et me dire que ça me faisait chier, mais j'ai un peu divagué, il semblerait. Ça fera plaisir à Maître au moins. J'ai envie de me branler maintenant, mais Maître me l'a interdit, c'est très frustrant, ça. J'ai vraiment pas envie de bosser en fait. Et là, faut que je me concentre alors que j'ai une haleine de foutre et que j'adore ça.
En tout cas, merci, Maître, de réussir à me faire accepter comme la salope que je suis et surtout de respecter les moments où je n'ai pas envie, comme ce matin où dès que j'ai dit que ça n'allait pas, Maître a juste mangé le petit déjeuner sans rien essayer de faire, sans aucun signe de frustration. Maître a juste dit : "Pas de soucis". Pourquoi bordel de merde, j'arrive pas à accepter que potentiellement éventuellement je sois tombée sur quelqu'un de sympa ! Et bordel, pourquoi il se dit la même chose avec moi ? On est trop cons ou quoi ?
Bref, tout n'est pas rose, mais bordel que j'aime comment Maître me baise et comment j'arrive à reprendre un peu confiance en moi. Oui, je peux être une bonne salope et être bonne ! Je peux en avoir rien à foutre que ma chatte déverse les chutes du Niagara sur ma chaise de bureau juste en sentant l'odeur de foutre de Maître. Putain, que je t'emmerde, mon cerveau, je veux juste prendre mon pied !
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