Chapitre 17 : Le manque

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La porte se referme dans un léger clic, et le silence qui s’installe semble étrangement dense, comme si l’air lui-même s’était alourdi autour de moi, comme si chaque son, chaque souffle, chaque mouvement était absorbé par cette chambre où tout semble trop calme, trop maîtrisé, trop en contraste avec ce qui se passe en moi. J’ai l’impression que mon corps tout entier vibre encore du simple fait d’être ici, du simple fait d’avoir prononcé ces deux mots, "pour plus", et pourtant, je ne sais même pas comment ils sont sortis, ni pourquoi ma voix les a portés sans que mon esprit n’ait eu le temps de les filtrer.

Marc ne dit rien. Il ne réagit pas. Il se contente de retirer sa veste avec cette nonchalance parfaitement calculée, sans précipitation, sans geste inutile, comme s’il avait tout son temps, comme si tout était déjà écrit, comme s’il n’y avait jamais eu de doute sur le fait que j’allais rester, que j’allais obéir, que j’allais être là, devant lui, maintenant. Il la pose soigneusement sur le dossier du fauteuil, ajuste distraitement le col de sa chemise, avant de venir s’asseoir au bord du lit, face à moi, son regard ancré au mien, lourd, précis, perçant d’une manière qui me donne le vertige, qui me fait vaciller sans qu’il n’ait besoin de bouger.

J’ai envie de parler, de combler ce silence qui s’étire et me consume, de dire quelque chose qui briserait l’évidence de ce qui va se passer, mais ma gorge est sèche, et aucun mot ne vient. Il m’observe avec cette patience implacable, cette façon d’attendre sans attendre, de me sonder sans poser de questions, de me voir sans même que je ne sache ce qu’il cherche à déchiffrer en moi, et quand enfin il parle, c’est d’une voix basse, maîtrisée, posée avec une douceur qui ne laisse pourtant aucune place au doute.

— Déshabille-toi.

Ce n’est pas un ordre brutal, ce n’est pas une demande hésitante, c’est un fait, une vérité, une évidence posée entre nous comme une pierre qu’on laisse tomber dans l’eau, et dont les ondes s’étendent lentement, implacables, sans retour en arrière possible. Un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale, incontrôlable, violent dans sa douceur, et je sens la chaleur s’étendre dans mon ventre, une vague diffuse d’appréhension et d’excitation entremêlées, une brûlure nouvelle qui me fait trembler sous mes propres doigts alors que je commence à déboutonner mon chemisier.

Le tissu glisse sur mes épaules et tombe à mes pieds dans un bruissement discret, laissant apparaître mon soutien-gorge simple, sans dentelle, sans artifice, et un instant, je ressens un pincement étrange, presque de la honte, presque une envie de m’excuser pour cette banalité, pour ce manque de préparation, pour ce corps exposé sans fard, sans mise en scène, comme s’il n’était pas à la hauteur de l’instant. Mais quand je relève les yeux vers Marc, il n’y a ni jugement ni déception dans son regard, juste cette même intensité implacable, cette manière de me regarder comme si rien d’autre n’existait, comme si chaque détail comptait, et pourtant, il ne dit rien, il ne commente pas, il attend, simplement.

— Continue.

Je dégrafe mon soutien-gorge, et l’air frais effleure aussitôt ma peau nue, accentuant cette étrange sensation de vulnérabilité qui me traverse de part en part. Mon souffle est plus court, mes gestes moins assurés quand je fais glisser la fermeture de ma jupe, la laissant tomber doucement le long de mes jambes, et l’espace d’une seconde, je me demande encore ce que je suis en train de faire, je me demande encore si je peux reculer, si je peux changer d’avis, mais je ne bouge pas, je n’hésite même plus.

Je fais glisser ma culotte, et me tiens là, nue, face à lui.

Ma poitrine se soulève trop vite sous l’effet de ma respiration erratique, mon premier réflexe est de croiser les bras, de couvrir ce corps que je ne sais pas comment exposer, mais je me force à ne pas le faire, à rester immobile, à tenir sous son regard, même si l’envie de détourner les yeux est presque douloureuse.

Marc ne bouge pas, il continue de m’observer, et je sens chaque seconde peser un peu plus sur ma peau nue, chaque battement de mon cœur résonner dans ma cage thoracique comme un tambour sourd, jusqu’à ce qu’enfin, sa voix vienne briser le silence.

— Allonge-toi sur le lit.

Je m’exécute, sans discuter, sans réfléchir, le poids de son regard me suivant jusqu’à ce que mon dos rencontre les draps, doux, froids contre la chaleur de ma peau nue. La sensation est étrange, entre confort et soumission, et je lutte pour contrôler mon souffle, pour ne pas laisser paraître cette fébrilité qui me traverse, cette tension qui me dévore, mais je sais qu’il la voit, je sais qu’il la sent, et quand il parle à nouveau, c’est pour prononcer une phrase qui me fige instantanément.

— Montre-moi comment tu te fais jouir, dit-il, sa voix basse, un défi jeté dans le silence.

Mon souffle se bloque. Je cligne des yeux, les joues en feu, une vague de honte me submergeant si fort que je voudrais disparaître. Me toucher devant lui ? Ici ? Sous ce regard qui ne cille pas ? Mes doigts tremblent, refusent de bouger, et je sens mes cuisses se presser plus fort l’une contre l’autre, comme pour me protéger de cette demande qui me terrifie.

Il ne dit rien de plus, se contente de me fixer, son silence plus lourd qu’un ordre, et je sais que je n’ai pas d’échappatoire. Alors, lentement, timidement, ma main droite glisse sur mon ventre, descend jusqu’à la ligne douce de mes poils pubiens, hésite au bord de ma fente. Mes joues brûlent, ma gorge est nouée, et je sens une chaleur humide s’éveiller malgré moi, trahissant cette honte qui me paralyse.

Je ferme les yeux, incapable de soutenir son regard, et mes doigts frôlent mes lèvres, effleurent la chair sensible. Un frisson me secoue, un mélange de gêne et d’excitation qui me fait haleter. Je commence doucement, presque à contrecœur, les bouts de mes doigts caressant mon clitoris en cercles légers, hésitants, comme si je testais les limites de ma propre audace. Ma main tremble encore, chaque mouvement est maladroit, et je sens mes cuisses frémir, refusant de s’ouvrir complètement, gardant cette barrière fragile entre lui et moi.

Il ne parle pas, mais son regard pèse sur moi, un poids invisible qui m’oblige à aller plus loin. Mes doigts appuient plus fort, glissent sur ma peau mouillée, frottent mon clitoris avec une pression qui m’arrache un soupir. La honte s’effrite peu à peu, se dissout dans la chaleur qui monte, dans cette pulsation sourde qui s’éveille entre mes jambes. Mes hanches bougent d’elles-mêmes, un léger roulis qui suit le rythme de mes caresses, et je sens mes seins se soulever plus vite, mes tétons durcir sous l’air frais et l’excitation qui me dévore.

Un gémissement m’échappe, faible, presque un murmure, et je sens mes cuisses s’écarter malgré moi, s’ouvrir timidement, exposant ma chatte rose et luisante à son regard. Mes doigts s’enfoncent plus bas, écartent mes lèvres, plongent dans ma moiteur brûlante. Je les fais aller et venir, lentement d’abord, mes phalanges luisantes de mon propre désir, chaque mouvement amplifiant cette vague qui me submerge. Mon autre main trouve mon sein droit, le pétrit sans douceur, pince le téton entre mon pouce et mon index jusqu’à ce qu’un gémissement rauque s’échappe de ma gorge.

Je me lâche enfin, mes cuisses s’écartent largement, mes hanches se soulèvent du lit, mon cul légèrement relevé, offrant une vue complète de mon sexe trempé, de mes doigts qui s’agitent maintenant avec une urgence brute. Mes seins tressautent à chaque spasme, mes tétons durs comme des pierres, et je sens cette boule de chaleur grossir dans mon ventre, prête à éclater.

Mes doigts plongent plus profondément, glissent dans mon sexe avec un bruit humide, obscène, et mes hanches ondulent contre ma main, cherchant cette délivrance qui monte, qui me brûle. Je suis trempée, mes cuisses luisent de ma mouille, et chaque mouvement m’arrache un son, un cri étouffé, une supplique que je ne retiens plus. Ma main libre malaxe mon sein gauche, tire sur le téton jusqu’à ce que la douleur se mêle au plaisir, et je me cambre encore, le dos creusé, les jambes ouvertes en grand, totalement offerte sous son regard.

L’orgasme approche, violent, inéluctable, et je sens mes cuisses trembler, ma poitrine se soulever à un rythme désordonné, mes doigts frottant mon clitoris avec une frénésie qui me fait perdre pied.

— Stop.

Sa voix claque, brutale, froide. Mes doigts se figent instantanément, ma main encore enfoncée entre mes cuisses, mon sexe palpitant autour de rien. Un gémissement de frustration m’échappe, presque un cri, et je rouvre les yeux, hagarde, les joues trempées de sueur, les lèvres entrouvertes sur un souffle haletant. Mes cuisses tremblent, mon clitoris pulse douloureusement, et cette chaleur insupportable reste là, suspendue, refusant de s’éteindre.

Je le regarde, suppliante, au bord des larmes, mais il reste impassible, son visage fermé, son regard noir plongé dans le mien avec une satisfaction froide qui me fait frissonner.

Je reste là, pantelante, le corps en feu, les doigts encore luisants posés sur mes cuisses écartées, la poitrine soulevée par des respirations désordonnées. Il m’a arrêtée au bord du gouffre, et cette frustration me dévore, me consume, me laisse tremblante, brisée, désespérée sous son contrôle implacable.

Un silence lourd s’étire, ponctué seulement par mon souffle erratique. Mes jambes sont encore ouvertes, mes cuisses humides, mon sexe gonflé et luisant sous la lumière tamisée, exposé à lui comme une offrande qu’il refuse de prendre. Mes mains glissent lentement sur le lit, cherchant un appui, mais mes muscles tremblent, incapables de se détendre. Je veux parler, supplier, mais ma gorge est trop nouée, mes lèvres trop sèches.

Il se lève sans un mot, ajuste la manche de sa chemise avec une nonchalance qui me coupe le souffle, et je comprends que c’est fini, que je dois partir. Mes doigts cherchent ma culotte à tâtons sur le sol, mes mouvements maladroits, presque fébriles. Je l’enfile, le tissu glissant sur mes cuisses encore moites, frottant contre ma peau sensible et m’arrachant un frisson involontaire. Le soutien-gorge suit, mes mains tremblantes bataillant avec l’agrafe dans mon dos, mes seins lourds se pressant contre le tissu alors que je lutte pour reprendre contenance.

Je ramasse ma jupe, la fais remonter sur mes hanches, mes doigts crispés sur la fermeture éclair, et le chemisier blanc glisse sur mes épaules, mes tétons encore durs frottant contre le tissu fin alors que je boutonne à la hâte, laissant le haut légèrement entrouvert, incapable de cacher cette chaleur qui me brûle encore. Mes cheveux sont en désordre, collés à ma nuque par la sueur, et je sens mes jambes vaciller lorsque je me redresse, les cuisses serrées pour contenir cette pulsation qui refuse de s’éteindre.

Je jette un dernier regard vers Marc, mais il est déjà tourné vers la fenêtre, immobile, comme si je n’étais plus là, comme si ce moment n’avait été qu’un détail dans son monde. Ma gorge se serre, un mélange de frustration et de désir inassouvi me tordant les entrailles, mais je ne dis rien. Je ramasse mon sac, les doigts crispés sur la lanière, et me dirige vers la porte, chaque pas un effort, chaque mouvement ravivant la moiteur entre mes jambes.

La poignée est froide sous ma paume, et j’ouvre la porte, laissant l’air frais du couloir s’engouffrer contre ma peau encore brûlante. Je franchis le seuil, mes talons claquant doucement sur le sol, et la porte se referme derrière moi avec un bruit sec qui résonne dans le silence. Dans le couloir désert, je m’arrête une seconde, le souffle court, les jambes tremblantes, mes doigts effleurant mes lèvres encore humides de sueur et de désir. Je suis seule, mais son regard est toujours sur moi, gravé sous ma peau, et je sais que je ne serai plus jamais la même.

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