Chapitre 25 : Nouvel essai
Dès les premières lueurs du matin, alors que les rayons du soleil filtrent à travers les rideaux pour caresser sa peau nue, je m’étire lentement sous la couette, savourant la douceur d’un jour de repos qui s’annonce paisible, sans contraintes ni obligations. Pourtant, malgré cette liberté éphémère, je ne parviens pas à ressentir cette légèreté habituelle, cette insouciance que je devrais éprouver en sachant que personne ne m’attend, que je peux traîner au lit aussi longtemps que je le veux. Mon esprit est ailleurs. Il s’accroche à un souvenir trop frais, à une sensation qui refuse de s’éteindre, à la présence fantôme d’un bijou qui, bien que désormais rangé dans son écrin de velours, semble encore imprimer sa marque sur ma peau.
Sans même m’en rendre compte, ma main glisse sous les draps, effleure mon ventre, descend légèrement, comme pour vérifier qu’il n’est plus là, que je suis redevenue normale. Mais au lieu de soulagement, c’est une pointe de frustration qui me traverse. Et si…
L’idée me frappe d’un coup, insolente, presque absurde, mais terriblement tentante. Et si je le portais toute la journée ? Pas seulement dans un instant de curiosité volé à la solitude de ma chambre, mais dans le monde réel, dehors, en plein jour, au milieu des gens ? Pour voir ce que ça fait. Pour comprendre jusqu’où je peux aller.
Je reste immobile, partagée entre la raison et cette impulsion nouvelle qui s’installe en moi comme une évidence. C’est une folie. Mais c’est précisément cette folie qui me donne envie d’essayer.
Je me redresse lentement, les draps glissant le long de mon corps encore engourdi par la nuit, et tends la main vers ma table de nuit. La boîte noire est là, sage et silencieuse, posée à la même place que la veille. J’effleure son couvercle du bout des doigts, hésitante, et pourtant, il n’y a pas de véritable hésitation. Je l’ouvre.
Le métal lisse et froid capte la lumière du matin, et une vague d’anticipation remonte le long de ma colonne vertébrale. Mon souffle est légèrement plus court lorsque je le saisis, lorsque je l’amène doucement entre mes cuisses, lorsque je laisse sa fraîcheur caresser ma peau déjà trop sensible. J’inspire profondément avant de l’insérer lentement, laissant mon corps l’accueillir, s’adapter à lui comme si c’était naturel.
La pression est immédiate, différente de la veille, plus marquée, plus intime. Mon ventre se contracte légèrement, mais cette fois, je ne m’arrête pas. Je me lève, ajuste ma posture, et là, la sensation change complètement. Debout, chaque mouvement, chaque pas, chaque tension dans mes muscles me rappelle qu’il est là, ancré en moi, m’appartenant autant que je lui appartiens à cet instant.
Je m’observe dans le miroir, habille mon corps comme n’importe quel autre matin – un jean ajusté, un pull confortable – et rien ne trahit ce que je porte sous mes vêtements. Rien, sauf moi.
— Putain, ça fait du bien de ne pas bosser aujourd’hui.
Gabi lève son café brûlant en guise de toast avant d’en boire une gorgée, et je souris en la regardant, appréciant la chaleur de mon cappuccino entre mes mains. Le centre-ville vibre doucement autour de nous, l’air est chargé de conversations, d’odeurs sucrées émanant des boulangeries, de l’agitation feutrée des boutiques qui commencent à se remplir. Je me sens bien. Légère. Différente.
— Alors, dis-moi tout, c’est quoi cette soudaine envie de refaire toute ta garde-robe ? demande Gabi, un sourire en coin.
Je hausse les épaules, feignant l’indifférence.
— J’en sais rien. J’ai juste envie de changement.
— Mmmh… changement, hein ?
Elle plisse légèrement les yeux, me scrutant avec cette intuition qui la caractérise trop bien.
— T’es sûre que c’est pas pour quelqu’un ?
Je souffle du nez, amusée, mais je détourne rapidement le regard.
— T’as toujours besoin de voir des mecs partout, toi.
— Bah excuse-moi, mais d’un coup, tu veux jeter tes petites culottes en coton pour acheter des trucs en dentelle… Ça fait réfléchir.
Je ris franchement, mais l’idée me plaît.
Et alors que nous passons d’une boutique à l’autre, essayant des robes trop serrées, des jupes trop courtes, des blouses trop chères, je ressens sa présence en moi à chaque pas, à chaque mouvement. C’est infime, un simple rappel, un murmure contre ma peau, mais il est là.
Et plus le temps passe, plus je réalise que j’aime ça.
Les cabines d’essayage sont exiguës, la lumière tamisée et flatteuse. Je retire mon jean, laissant mon string glisser le long de mes jambes, et l’instant où je me retrouve à moitié nue face au miroir, une vague de chaleur me traverse. Je le ressens bien plus fort dans cette position, la pression plus marquée, plus intime. Mes cuisses se serrent instinctivement, et mon souffle s’accélère une fraction de seconde avant que je ne me reprenne.
Ce n’était pas censé me faire ça.
J’avale ma salive et attrape l’ensemble en dentelle que Gabi m’a mis entre les mains. Le string fin épouse mes formes à la perfection, le soutien-gorge souligne ma poitrine sans trop en dévoiler. Je me tourne légèrement, observant le reflet du tissu délicat sur ma peau.
C’est moi, et pourtant ce n’est plus tout à fait moi.
Et c’est exactement ce que je cherchais.
Le bruit du café qui coule derrière le comptoir, le brouhaha des conversations qui se superposent sans jamais se distinguer, l’odeur sucrée des viennoiseries qui flotte dans l’air, tout est normal, tout devrait être normal, et pourtant, sous la table en bois verni, mes cuisses serrées l’une contre l’autre trahissent l’invisible secret qui me brûle la peau.
Je m’appuie légèrement contre le dossier de ma chaise, essayant de retrouver une posture naturelle, mais le moindre mouvement me rappelle sa présence, cette pression diffuse et continue, ce murmure intime ancré en moi depuis ce matin. Chaque frôlement enflamme un peu plus ma conscience, et bien que mon visage reste impassible, mes pensées, elles, sont en plein tumulte.
Je croise les jambes, et c’est là que je l’entends.
Un son infime, un léger clac contre le bois de la chaise, si discret que personne d’autre n’a pu le percevoir.
Personne, sauf moi.
Mon cœur rate un battement.
Mon premier réflexe est la panique. Je redresse légèrement les épaules, jette un coup d’œil furtif à Gabi, guettant la moindre réaction sur son visage. Mais elle sirote son café sans rien remarquer, distraite par les passants qui défilent derrière la vitre du café. Je devrais être soulagée. Je devrais pouvoir respirer à nouveau.
Mais au lieu de ça, une vague de chaleur me traverse, un frisson qui part du creux de mon ventre et remonte jusqu’à ma nuque.
C’est ridicule. C’est insensé.
Mais c’est terriblement excitant.
— Ça va ?
La voix de Gabi me ramène brutalement à la réalité, et je réalise que je suis restée figée une seconde de trop, mes doigts crispés autour de ma tasse de cappuccino.
— Hein ? Oui, oui, tout va bien, juste… j’ai dû m’asseoir bizarrement.
Elle arque un sourcil, sceptique, son regard curieux s’attardant sur moi un peu trop longtemps.
— Tu t’es fait mal au cul ou quoi ?
Je manque de m’étouffer avec ma gorgée de café.
— Mais n’importe quoi !
Ma voix est plus aiguë que je ne l’aurais voulu, et Gabi éclate de rire en me pointant du doigt, ravie de voir qu’elle a touché un point sensible.
— T’es tellement chelou aujourd’hui !
Je secoue la tête en souriant, feignant l’indifférence, et reporte mon attention sur ma boisson, tentant d’ignorer la chaleur qui me consume encore.
Mais la vérité, c’est que je n’ai pas envie que ça s’arrête.
Le soir, une fois rentrée chez moi, je referme la porte derrière moi, laissant tomber mes sacs sur le lit avant de me débarrasser de mon manteau, mon corps encore vibrant d’une tension qui ne m’a pas quittée de la journée, une chaleur sourde qui s’est insinuée en moi dès le matin et qui n’a fait que croître, lentement, insidieusement, nourrie par chaque mouvement, chaque pas, chaque pression subtile du bijou ancré dans mon intimité.
Je devrais l’enlever tout de suite.
Mais je n’en ai pas envie.
Je me tiens là, au pied du lit, les joues légèrement rosées, les lèvres entrouvertes, incapable d’ignorer l’effet que cette simple pensée produit sur moi. Je glisse mes doigts sous mon pull, le remonte doucement, sentant ma peau frissonner sous l’air tiède de la chambre, puis je le fais glisser au sol avant d’abaisser la fermeture de mon jean, savourant la lenteur du tissu qui caresse mes cuisses avant de tomber à mes pieds.
Je suis en sous-vêtements. Et pourtant, je me sens plus nue que jamais.
Mon souffle est plus court lorsque j’effleure mon ventre du bout des doigts, redécouvrant la légère pression qui pulse encore en moi, la présence du bijou qui, toute la journée, a été un murmure sous ma peau, une caresse invisible qui n’a jamais cessé de me rappeler qu’il était là. J’avance vers le lit, me laisse tomber sur les draps en expirant lentement, et quand mes jambes s’écartent légèrement, un frisson me traverse, plus fort cette fois, plus intense.
C’est différent.
Je le ressens autrement, maintenant que je suis seule, maintenant que je peux y prêter toute mon attention, m’abandonner totalement à cette chaleur qui n’a cessé de grandir en moi. Je glisse une main entre mes cuisses, effleure la dentelle fine de mon string, et déjà, je sens l’humidité qui imprègne le tissu, une vague d’anticipation me traversant comme une promesse silencieuse. Mes doigts se faufilent sous la dentelle, frôlent ma peau brûlante, et je me mords la lèvre en sentant la pression du bijou sous mes caresses, cette présence qui rend chaque mouvement plus dense, plus vibrant.
Mes hanches ondulent instinctivement, cherchant à amplifier la sensation, et je tends l’autre main plus bas, effleurant le bijou lui-même, mes doigts tremblants explorant sa base froide contre ma chair chaude. Je le touche, le fais bouger légèrement, un frôlement qui m’arrache un soupir, et je tire dessus, doucement, juste assez pour sentir une résistance délicate, une pression nouvelle qui fait frissonner mes cuisses. La sensation est intense, un mélange de chaleur et de tension qui pulse dans mon ventre, et je retiens mon souffle, mes lèvres s’entrouvrant alors que je le fais glisser un peu plus, testant mes limites.
Puis je l’enlève, lentement, millimètre par millimètre, mes doigts crispés sur le métal alors qu’il quitte mon corps, un frisson violent me traversant comme un éclair, une onde chaude et troublante qui me fait haleter, mes jambes tremblant sous l’impact. Je repose le bijou sur le lit, mes yeux fixant le vide un instant, et je glisse à nouveau mes doigts entre mes cuisses, frôlant l’endroit qu’il occupait. Mon souffle se coupe – c’est dilaté, sensible, une souplesse nouvelle qui me surprend, une chaleur réactive qui m’électrise au moindre contact.
Mes doigts explorent, hésitants d’abord, caressant cette peau tendre, et je frissonne, un gémissement léger m’échappant alors que je presse un doigt contre cette ouverture encore marquée, le glissant doucement à l’intérieur. La sensation est différente – plus douce, plus profonde, une chaleur qui s’étend dans mes reins alors que je bouge, mes hanches s’arquant légèrement pour accompagner le mouvement. Je ferme les yeux, me concentre sur cette caresse intime, et j’ajoute un deuxième doigt, les enfonçant plus loin, un rythme lent mais assuré qui m’arrache un soupir rauque, mes cuisses se resserrant autour de ma main alors qu’une tension nouvelle monte en moi.
C’est exquis, cette exploration audacieuse, cette chaleur qui pulse sous mes doigts, et je bascule la tête en arrière, ma respiration s’accélérant alors que je me donne à cette sensation, mes doigts bougeant plus vite, plus profond, chaque pression envoyant des frissons le long de ma colonne. Ma main libre glisse sur mon ventre, frôle mes seins, pince un téton à travers la dentelle, et je gémis plus fort, mon corps tout entier tendu vers cet orgasme qui approche, brûlant, inéluctable. Quand il éclate, c’est une vague qui me submerge, profonde, intense, mes doigts figés en moi alors que je tremble, un cri étouffé s’échappant contre l’oreiller, mes jambes secouées par des spasmes qui me laissent pantelante, vidée.
Je reste immobile un instant, le souffle court, encore secouée de frissons alors que mon corps se détend peu à peu, une chaleur douce persistant sous ma peau. Mes doigts se retirent lentement, glissant hors de moi avec une délicatesse qui me fait frissonner une dernière fois, et je sens cette différence – cette ouverture sensible, cette trace qu’il a laissée, un écho de sa présence qui me trouble encore.
Je me redresse enfin, mes jambes encore légèrement tremblantes sous moi, et me dirige vers la salle de bain d’un pas plus hésitant que je ne l’aurais voulu.
L’eau chaude coule déjà lorsque je me glisse sous le jet brûlant, laissant la vapeur m’envelopper, détendre mes muscles encore tendus, apaiser la fièvre qui persiste sous ma peau.
Mais alors que je ferme les yeux, que je laisse l’eau glisser sur mon corps encore marqué par ce que je viens de vivre, une pensée s’impose, irrévocable.
Je ne pourrai pas m’arrêter là.
Ce que j’ai ressenti, ce que je ressens encore…
Ce n’était qu’un premier pas.
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