Chapitre 48 : La vérité frappe

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Le café est un havre discret dans la lumière déclinante de cette soirée d’hiver, ses vitres embuées par le froid de 18h. Je suis assise à une petite table près de la fenêtre, mes doigts serrant une tasse encore pleine, le liquide tiède depuis trop longtemps. Vincent est en face de moi, son manteau posé sur le dossier de sa chaise, ses yeux sombres cherchant les miens avec une intensité que je refuse de croiser. L’air sent le café moulu et la pluie qui s’annonce dehors, une mélodie douce jouant en fond, mais tout ça semble loin, étouffé par le poids de ce qu’il veut dire.

— J’ai refait notre film des dizaines de fois dans ma tête, Cloé, commence-t-il, sa voix basse, presque hésitante. Huit ans, tu te rends compte ? J’ai tout repris, chaque moment, chaque dispute, et je trouve pas où j’ai merdé. Je suis persuadé que c’est pas moi, que le problème venait pas de moi.

Il s’arrête, attend une réponse, mais je reste silencieuse, mes yeux fixés sur la tasse, mes doigts crispés autour de la porcelaine. Il insiste, un peu plus fort, un peu plus désespéré.

— C’est ça, non ? Dis-moi, Cloé. J’ai besoin de comprendre pourquoi tout s’est effondré comme ça.

Ses mots s’enfoncent en moi, clairs, tranchants, et quelque chose clic dans ma tête – il a raison. Ce n’est pas lui. Ça n’a jamais été lui. Je lève les yeux, croise son regard, et ma voix sort, claire, posée, comme si les pièces d’un puzzle s’assemblaient enfin.

— T’as raison, Vincent. C’est pas toi. C’est moi. J’ai essayé de t’aimer, j’ai voulu y croire, pendant huit ans, j’ai tout fait pour que ça marche. Mais je me suis menti. J’ai jamais aimé un homme comme il faudrait, comme toi tu méritais. J’ai cru que ce qui me manquait, c’était plus de passion, plus de contrôle, mais c’était pas ça. C’était les femmes. C’était elle.

Les mots tombent, lourds, nets, et je réalise ce que je viens de dire en même temps que lui – "C’était elle." Gabi. Mon cœur bondit, une vérité brute éclatant en moi comme une lumière trop vive, et je vois Vincent cligner des yeux, pas choqué mais éclairé, ses épaules s’affaissant légèrement comme si un poids invisible s’envolait.

— Oh… murmure-t-il, un souffle qui n’a rien de surpris, juste une clarté soudaine. Ça explique tout, en fait.

Il hoche la tête, un sourire triste aux lèvres, et je me lève d’un coup, ma chaise raclant le sol.

— Faut que j’y aille, dis-je, ma voix tremblante d’urgence, et je ne lui laisse pas le temps de répondre.

Je sors du café, mes pas rapides sur le trottoir humide, mon souffle formant des nuages dans l’air froid. Je suis calme, mais déterminée, une certitude brûlante me poussant vers elle, vers Gabi, comme si tout ce que j’ai fui ces derniers mois convergeait enfin.

L’appartement est silencieux quand je pousse la porte, une odeur de savon flottant dans l’air, douce et humide. Gabi est dans le salon, sortant de la douche, une serviette blanche nouée autour d’elle, ses cheveux blonds mouillés tombant en mèches désordonnées sur ses épaules. Elle me voit, fronce les sourcils, un sourire interrogateur aux lèvres.

— Cloé ? Qu’est-ce qui se passe ? dit-elle, sa voix chaude, teintée d’une surprise légère.

Je ne réponds pas. Mes pas claquent sur le parquet alors que je m’avance, une détermination brûlante dans mes veines, et avant qu’elle puisse ajouter un mot, je l’embrasse – mes lèvres s’écrasant sur les siennes, pleines, ouvertes, un baiser qui déborde d’une urgence contenue. Elle tressaille, son souffle s’arrêtant une fraction de seconde, puis elle répond, ses lèvres s’entrouvrant sous les miennes, chaudes, accueillantes. Sa langue effleure la mienne, un frôlement qui m’électrise, et je sens une chaleur liquide naître au creux de mon ventre, mes mains glissant sur ses épaules humides pour tirer sur la serviette. Le tissu tombe au sol, un murmure léger, dévoilant son corps – sa peau luisante, ses courbes tendues, une beauté brute qui me coupe le souffle.

Ses doigts plongent dans mes cheveux, tirant légèrement alors qu’elle approfondit le baiser, un gémissement étouffé vibrant entre nous. Je la pousse doucement contre le canapé, mes lèvres ne quittant pas les siennes, et ses mains s’attaquent à mon pantalon, déboutonnant avec une hâte fiévreuse, le tissu glissant sur mes hanches avec mon string, tombant en tas à mes pieds. Mon débardeur suit, arraché par ses doigts empressés, et je suis nue, ma peau frémissant sous l’air frais alors qu’elle me dévore du regard, ses yeux verts brillant d’un éclat sauvage.

— Viens là, murmure-t-elle, sa voix basse, presque un ronronnement, et elle m’attire sur le canapé, mes jambes s’écartant pour m’asseoir à califourchon sur ses cuisses.

Nos seins se frôlent, un contact qui durcit mes tétons alors que je me penche pour l’embrasser encore, mes doigts glissant sur sa nuque, traçant la ligne délicate de sa peau. Elle soupire dans ma bouche, ses mains saisissant mes hanches pour me presser contre elle, et je sens son souffle s’accélérer, un rythme qui fait pulser mon sexe. Mes lèvres descendent, effleurant son cou, goûtant la douceur salée de sa peau humide, et je glisse plus bas, mes doigts caressant ses seins, les pressant doucement alors qu’elle se cambre, un frisson la traversant.

Ma main descend, frôle son ventre tendu, et s’insinue entre ses cuisses, trouvant sa chaleur humide, délicate. Mes doigts glissent sur son sexe, caressent ses lèvres avant de s’enfoncer doucement, un mouvement lent qui lui arrache un soupir profond, ses hanches s’avançant pour m’accueillir. Je bouge en elle, mes doigts dansant à un rythme régulier, et elle ferme les yeux, ses lèvres s’entrouvrant sur un son qui me fait frémir. Elle jouit ainsi, un orgasme qui la fait trembler sous moi, ses mains agrippant mes épaules alors que son souffle se brise, doux et vibrant.

Mais je veux plus, je veux tout d’elle. Je la tire doucement vers le sol, le tapis râpeux sous nos corps, et je m’allonge sur elle, mes lèvres cherchant les siennes alors qu’elle me retourne, ses mains pressant mes hanches pour me plaquer contre le sol. Elle se redresse, ses cheveux humides tombant autour de son visage, et se penche sur moi, sa bouche capturant un téton, le suçant avec une tendresse fébrile qui m’arrache un gémissement. Ses doigts glissent entre mes cuisses, effleurant mon sexe avant de s’enfoncer, profonds, précis, et je m’arque sous elle, une chaleur liquide montant en moi alors qu’elle me caresse, ses lèvres murmurant contre ma peau :

—T'es tellement belle…

Je jouis sous ses doigts, un premier orgasme qui me traverse comme une vague, mes hanches s’élevant alors que je murmure son nom, mes doigts s’enfonçant dans ses cheveux. Elle ne s’arrête pas, sa bouche descendant sur mon ventre, et je la tire vers moi, renversant nos positions pour m’asseoir sur elle, mes cuisses encadrant son visage. Ma langue trouve son sexe à nouveau, l’effleure avec une lenteur qui la fait frissonner, et je glisse plus bas, mes lèvres frôlant ses fesses, explorant avec audace la peau tendre autour de son anus.

— Cloé… ? murmure-t-elle, surprise, un léger tremblement dans la voix.

— Laisse moi faire, mes mots doux mais fermes.

Je continue, ma langue traçant des cercles délicats avant de s’insinuer, un contact humide qui la fait haleter.

Ses mains serrent mes cuisses, un soupir rauque lui échappant alors qu’elle s’abandonne, son corps s’ouvrant sous moi. Mes doigts rejoignent ma langue, glissant doucement dans son anus, un puis deux, avec une tendresse assurée, et elle frissonne, ses hanches ondulant alors qu’un deuxième orgasme – anal, profond – la submerge, un son guttural s’échappant de sa gorge alors que ses cuisses se resserrent autour de moi, tremblantes, vibrantes. Je prolonge son plaisir, mes doigts ralentissant alors qu’elle s’effondre, pantelante.

Elle me tire à elle, nos corps glissant l’un contre l’autre, et ses lèvres capturent les miennes dans un baiser fiévreux, ses doigts revenant entre mes cuisses. Elle me caresse, rapide, tendre.

Un deuxième orgasme me traverse, intense, mes ongles griffant son dos alors que je m’arque contre elle, un cri étouffé s’échappant de ma gorge alors que je m’effondre, nos corps enchevêtrés sur le tapis, nos souffles mêlés dans un silence brûlant.

On finit dans les draps, plus tard, après s’être traînées jusqu’au lit, et je la regarde, ses yeux verts brillant dans la pénombre. Les mots sortent, clairs, vibrants :

— C’est toi, Gabi. C’est toi qu’il me manquait depuis le début.

Elle sourit, un éclat tendre et amusé traversant son regard, et glisse une main dans mes cheveux.

— Ça t’aura pris pas mal de temps, mais le résultat me plaît, dit-elle, sa voix taquine, avant qu’un rire léger ne s’échappe d’elle.

Je ris avec elle, nos voix se mêlant dans la pièce, et on s’enlace, nos corps nus pressés l’un contre l’autre, une joie pure, légère, emplissant l’espace après tant de tempêtes.

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