Chapitre 2
Lorsqu'il sortit en courant de la bibliothèque avec le livre maudit, il bifurqua dans la rue du Président Kruger et continua rue Jean-Pierre Timbaud puis freina dans la rue de Visien, avant de pousser le portillon du numéro 43. Il ne savait pas ce qu'il s'était réellement passé et sauta dans son lit pour repenser aux terrifiants évènements de l'allée 154. Il revît les lumières s'éteindre, accompagnées d'un petit bruit de verre caractéristique, il repensa à ce souffle d'air froid, glacé même. Il relît son nom, inscrit en rouge; non, en sang, sur les pages défraichies et jaunies par le temps de ce livre sans auteur. Il se dit qu'il en reparlera le lendemain avec ses amis. Il en était à se demander si la malédiction, car c'en était une, était apparue uniquement pour lui ou si tous les lecteurs avaient ressenti ce froid anormal lorsque le sommeil l'emporta loin, très loin...
Il était une ombre dans la lumière. Un grain de sable dans l'immensité des nuages, au coeur d'une toile d'un blanc éclatant, aveuglant. Un reflet plus vif, plus lumineux encore que le reste attira son attention. Il se retourna afin de mieux voir l'origine de ce reflet. Il s'agissait d'une croix. D'une croix d'une taille exeptionnelle, qui luisait dans ce vide lumineux. Son attention fût, encore une fois, attirée par un phénomène plus étrange encore : une partie du bas de la croix fuyait, gouttait à l'infini tandis qu'une autre était floutée par des tremblements de l'air, des convections, signe d'une importante source de chaleur. La troisième parti vibrait elle-même de l'interieur, tremblait tandis que la dernière, entourée de nuages, soufflait faiblement. Lorsque son champ de vision remonta, il s'apperçut de son erreur. La gigantesque croix était en réalité une épée, d'une taille formidable, qui ne pouvait être portée par aucun humain. Il semblait que même en marchant des jours, des semaines entières, on ne pourrait atteindre cette lame...
BIP, BIP, BIP
Thomas se réveilla en sursaut, couvert de sueur. Il repensa à ce rêve, si réaliste, mais qui avait été interrompu par un bruit aussi stupide que la sonnerie de son réveil... SON RÉVEIL!! On était mardi, il devait se rendre au collège. Il enfila rapidement ses vêtements, un vieux jean et un tee-shirt vert sombre. Il se précipita dans l'escalier, bouscula une plante verte et sauta dans la cuisine. Il attrapa brusquement une barre de céréal avant de sortir, en claquant la porte violement. Il couru à en perdre haleine dans les rues de la capitale jusqu'à rentrer en trombe dans la cour du collège. Il était tellement préoccupé par son retard qu'il ne remarqua pas l'absence de personnel à la vie scolaire. Il monta quatre à quatre les escaliers et poussa la porte de son cours de français. C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il était seul. Il se replongea dans sa course effrénée et se souvînt qu'il n'avait croisé personne dans la rue. Il redescendit prudemment les escaliers en direction du secrétariat mais ne vît personne. Pas un chat. Il cria alors de toute ses forces. Rien. Il s'accroupit dans un angle du collège pour faire le point. Les gens avaient disparus. Il était probablement seul. Il avait assez à manger dans la capitale, avait autant de voitures qu'il voulait et pouvait s'installer comfortablement quelque part. La situation aurait pu être pire. Il voulut tout de même vérifier une chose. Il décida qu'il s'installerai dans le collège. À ce moment, son téléphone vibra. Plein d'espoir, il alluma l'appareil et bondit de joie lorsqu'il vît la notification. Un message de Kathia. Il l'ouvrit. Elle lui demandait ce qu'il se passait. Il lui répondit aussi vite que ses doigts purent pianoter sur le minuscule clavier electronique. Il lui dit que tout allait bien, qu'il fallait qu'elle vienne au collège le plus vite possible. Deux secondes plus tard, lui parvint un nouveau message : "ok". Elle allait bien. Tout allait bien. Il revint sur ses pas jusqu'au collège, quand son téléphone vibra de nouveau.
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