Chapitre 29 : la moindre poussée supplémentaire obtenue est capitale.
Nous étions le 9 avril 1968, jour de l’inauguration officielle du Centre Spatial Guyanais tout neuf avec le tir d’une fusée Véronique. Depuis mon arrivée à Kourou, j’avais changé de fonction et m’occupais dorénavant de la coordination de l’ensemble du CSG, des plates-formes de tir opérationnelles et de celles qui étaient en construction et notamment l’ELD, l’Emplacement de Lancement de Diamant.
Cette fois-ci, c’était Gérard mon ancien adjoint, appuyé par Helmut, venu tout spécialement du LRBA de Vernon, et par Dieter, avec nous depuis notre départ de Suippes, qui allait procéder au tir de notre belle Véronique orange. Il faut dire qu’après les lancements de Vesta, et la qualification de Diamant, je trouvais finalement Véronique assez petite.
Pour l’heure, l’ensemble de la presse française et européenne s’était déplacée ainsi que trois représentants du gouvernement : George Pompidou, le Premier ministre lui-même, entouré du ministre chargé de la recherche scientifique, des questions spatiales et atomiques – « notre » ministre à Simone et moi – et du ministre chargé des départements et territoires d’Outre-mer.
Ma Simone avait également pu faire le voyage et c’était avec beaucoup de fierté que, la veille, je lui avais fait faire le tour de mon centre spatial, certes encore en chantier, mais tellement prometteur. L’environnement et le climat n’avaient rien à voir avec le Sahara.
— C’est infernal cette humidité, Robert, comment tu fais pour supporter ça ? m’avait-elle demandé.
C’était aussi la première chose qui m’avait saisi lors de mon arrivée en Guyane quelques mois plus tôt, cette moiteur, ce sentiment presque de respirer de la vapeur d’eau. Puis, j’avais fini par m’y faire…
— On s’habitue. Tu ne vas pas rester assez longtemps, mais au bout de quelques semaines, on se dit qu’on va passer la journée en restant moite et puis on oublie.
— Eh ben, ça fait rêver… Pourquoi être venu ici alors ?
— Parce qu’on est quasiment sur l’équateur.
— Et alors ?
— Alors on bénéficie d’une poussée augmentée par la rotation de la Terre.
— Et ?
— Eh bien, soit on dépense moins d’énergie pour faire décoller une fusée, soit on l’envoie plus haut ou encore avec une charge plus importante.
— Ah, je comprends. Du coup, tant pis pour la sueur ?
— Voilà, tant pis en effet.
Je lui avais montré également les quelques piquets de clôture, en bois pas tout à fait sec, qui finalement avaient pris racine et s’étaient mués en arbustes. Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à circuler à pied sur le terrain du CSG en discutant de tout et de rien et aussi beaucoup de nous deux.
— Et toi, Robert, comment ça va ?
— Ça va pas mal. C’est le bazar avec cette foutue fusée Europa et je me pose des questions sur la vie…
— Il y a un lien entre les deux ?
C’était une bonne question en effet. Mais non, ces questions quasi-existentielles dataient de bien avant Europa.
— Non, pas de lien, enfin pas que j’identifie…
— Que veux-tu dire par « je me pose des questions sur la vie ». Tu veux parler de la vie en général ou de ta vie à toi ?
— Oh, je n’aurais pas la prétention de disserter sur la vie en général, non la mienne uniquement.
Elle laissa passer quelques secondes puis me demanda un peu abruptement :
— Tu es heureux avec moi, Robert ?
Quelle question !
— Enfin, Simone ! Bien sûr ! Je suis le plus heureux des hommes. Mais dis-moi, pourquoi cette interrogation si soudaine ?
— Ça fait quelques fois que je te sens morose, comme si quelque chose te chiffonnait sans que tu arrives à mettre les mots dessus.
— Non, Simone, je me pose des questions. Ne crois-tu pas qu’il faille s’en poser sur le sens de la vie, de temps en temps ?
— Tu fais des pirouettes, mon chéri. Ce ne sont pas des idées générales, mais bien ce que tu penses, toi, de ta propre vie. C’est le genre de sujet qui me semble primordial en effet.
Oui, je faisais des pirouettes, hésitant à aborder de front ces interrogations qui me taraudaient depuis quelque temps déjà.
— Tu as raison. Peut-être que les réponses m’inquiètent un peu.
— Sans doute, et c’est normal. Mais, dis-moi concrètement, qu’est-ce qui pourrait t’inquiéter ?
— Je ne sais pas… M’apercevoir que je ne suis pas à ma place… Que je pourrais faire mieux, ailleurs.
À près de cinquante ans, découvrir qu’on a fait fausse route depuis le début, cela doit être terrible.
— Tu veux dire avec quelqu’un d’autre que moi ?
Je la sentis sur ses gardes tout d’un coup.
— Non, pas du tout. Ça, je n’ai aucun doute, Simone, je suis là où je dois être, et avec qui je dois l’être. On a une vie un peu « atypique », mais c’est la nôtre, celle qu’on a choisi tous les deux et je ne regrette rien.
Même les enfants, je ne regrettais pas. Malgré tout, je sentais que je ne pouvais pas aborder ce sujet avec elle. M’occuper des enfants de Paulo et Josiane, de temps en temps, en tant que parrain ou oncle me suffisait. Toutefois, je savais ce thème tellement sensible pour Simone que je décidais, prudemment, de l’éviter.
Cependant, ce n’était pas son genre d’éviter les sujets sensibles et comme si elle avait des antennes ou qu’elle lisait en moi comme dans un livre ouvert, elle me questionna :
— Concernant les enfants, tu n’as aucun regret ?
— Non, aucun. Où aurais-tu voulu qu’on case un enfant, ou pire, des enfants, dans nos vies ?
— Peut-être justement que c’est pour cela que tu te poses des questions sur ta vie ?
— Non, ce n’est pas sur ce pan de ma vie que je m’interroge…
— Sur le côté professionnel, alors ?
— Oui.
— Développe…
Échanger avec elle m’avait toujours permis de clarifier mes propres idées
— Je me demande si ma vie professionnelle va se résumer à faire décoller des fusées…
— Tu sais, la mienne a consisté jusqu’à peu à faire péter des bombes, me répondit-elle avec un sourire triste.
— Non, la tienne consistait à éviter un maximum les retombées radioactives sur tous ceux qui participaient à ces essais. Tu protégeais la santé de ceux qui travaillent sur ce projet. Dorénavant, tu construis des centrales nucléaires pour fournir de l’électricité à notre pays !
— Avec bien peu de succès, parfois… Mais la page est tournée en effet. Je me sens nettement plus utile maintenant. Dis-moi, faire décoller des fusées, ce n’était-ce pas ton rêve de gosse ?
C’était explorer les étoiles, en réalité. Mais ça, je savais que je n’y arriverais pas de mon vivant. Je m’étais rabattu sur un objectif plus atteignable.
— Oui, j’ai toujours rêvé des étoiles… Mais pas de cette réalité quotidienne d’être confronté à des problèmes, de les résoudre et d’avancer jusqu’à de nouveaux problèmes, pour les résoudre à leur tour, et cetera…
— Je vois ce que tu veux dire. Une question de sens ?
— C’est un peu ça, oui.
— Et si le sens n’était pas dans les réalisations concrètes, mais dans l’esprit de ton équipe, dans ce que tu leur insuffles comme envie de travailler ensemble, tous vers un but commun qui les dépasse ?
Elle parlait de moi, Simone ?
— …
— Je pense qu’avant tout, tu es un meneur d’hommes, Robert, plus qu’un ingénieur. C’est plus rare.
— Merci, Simone. Tu dis ça parce que tu m’aimes.
— Oui, mais pas seulement. Je t’ai observé avec tes collègues, j’ai vu comment ils te regardent tous. C’est toi qui donnes un sens à tout ce qu’ils font. Tu n’hésites pas à mouiller la chemise pour eux, tu n’es pas un chef sur son trône qui fait travailler les autres, tu es avec eux, les mains dans le cambouis. Tu ne tires jamais la couverture à toi. Les succès sont ceux de ton équipe, pas les tiens propres.
Même si cette fois-ci cela affectait un peu ma modestie, elle avait raison, elle avait toujours raison, enfin presque toujours.
— Mais tu vois, j’ai bien peur que cette « capacité à mener les hommes » ne suffise pas pour cette nouvelle fusée Europa…
— Ah bon ?
— Oui, ce projet, c’est un vrai bazar. Je ne pense pas qu’on va arriver à s’en sortir.
— Toi, défaitiste ? Je ne te reconnais plus, mon chéri. Après ce que tu as déjà vécu et ce que je viens de te dire…
— Oui, mais là, ça dépasse largement mes moyens, au-delà même des capacités de la France.
— Explique-moi, Robert.
Par quel bout prendre ce « machin » ?
— En fait, c’est un projet de lanceur européen.
— En soi, c’est une bonne idée, non ?
Forcément, en soi, unir les efforts de pays européens pour construire plus vite un lanceur commun était une très bonne idée, mais…
— Si, bien sûr. Attends un peu, tu vas comprendre.
— Je te laisse continuer.
— Donc un projet européen dans lequel chacun produit un morceau de la fusée : les Anglais fournissent le premier étage, nous le deuxième, le troisième est conçu par les Allemands et la coiffe finale par les Italiens. La Belgique se charge du système de radio-guidage et les Pays-Bas de la télémesure. On doit lancer le tout depuis l’Australie, la base anglaise de Woomera.
— C’est quoi la coiffe ?
— Il s’agit de l’extrémité supérieure de la fusée, la partie qui s’ouvre et qui contient la charge utile, le satellite.
— D’accord, je vois bien que cela concerne beaucoup de monde, en effet, mais pourquoi ça ne fonctionnerait pas ?
— Déjà, parce qu’on fait un bond technologique énorme. Il s’agit maintenant de pouvoir placer des satellites jusqu’à 2000 kilomètres d’altitude, chose qu’on n’a encore jamais réalisée !
— Bah, vous en avez fait d’autres, des bonds technologiques, non ? Par exemple atteindre la stratosphère, envoyer un animal dans l’espace ou le joli truc, avec le sodium au-dessus du Sahara.
Sacrée mémoire, ma Simone. Elle se souvenait de tout, absolument de tout.
— Oui, mais là, il y a ce qu’on pourrait appeler des vices initiaux qui vont empêcher cette réussite. Je le sais, je le sens…
— Des vices initiaux ?
Je n’avais pas trouvé de meilleurs termes. J’allais devoir lui raconter les dessous de la politique européenne et de la course aux étoiles.
— Oui, déjà le premier étage est anglais…
— Tu ne les aimes pas beaucoup, ces Anglais, on dirait…
— Ce n’est pas la question, Simone. Dès le début, ils ont trainé les pieds, arguant que l’Europe n’a pas besoin de lanceur. Pour le Royaume-Uni, les USA ont des fusées, il n’y a qu’à leur demander pour les satellites européens.
— C’est plus simple en effet, non ?
— Sans doute, mais tu connais notre Général-Président : il ne veut pas qu’on soit dépendants des Américains. Et puis, ils font payer très cher l’utilisation de leurs lanceurs, les Ricains.
— Je n’ai toujours pas compris le rapport avec le premier étage britannique…
J’allais y venir, mais il fallait poser le contexte auparavant.
— C’est MacMillan, le Premier ministre anglais qui est venu voir de Gaulle et qui lui a « vendu » ce premier étage, Blue Streak.
— Et alors ?
— C’est un vieux missile qu’ils recyclent. Il a beau avoir des moteurs Rolls-Royce, il n’est pas adapté pour une fusée qui doit lancer des satellites !
— Alors si ce n’est pas adapté, pourquoi de Gaulle a dit oui ?
— J’imagine que la volonté de s’affranchir de la dépendance aux USA a été plus forte que les avis des différents conseillers français. Ils lui ont pourtant tous affirmé que c’était une connerie…
— Il ne les a pas écoutés ?
— Tu sais bien comment il est : tout le monde parle et à la fin, c’est lui qui décide, tout seul.
— Donc tu penses que, parce que c’est basé sur un vieux missile anglais recyclé, ça ne marchera jamais ?
Ce n’était effectivement pas aussi simple que cela.
— Non, s’il n’y avait que ça. En fait, chacun travaille dans son coin. Il manque un maître d’œuvre global à ce projet. Personne n’a de vision d’ensemble. Et, tu le sais aussi bien que moi, dans un projet complexe, les difficultés sont toujours aux interfaces.
Je savais que ce langage lui parlerait. Elle devait forcément être confrontée aux mêmes soucis que moi.
— Oui, je sais… C’est identique sur ces réacteurs à Saint-Laurent. Les interfaces entre les parties primaire[1] et secondaire[2] ne sont pas simples. Heureusement qu’il y a deux-trois ingénieurs qui arrivent à avoir une vision d’ensemble. Ils ne sont spécialistes de rien, mais en connaissent suffisamment dans tous les domaines pour détecter les incohérences et les incompatibilités entre les différents systèmes.
— Voilà, c’est exactement ce qui manque sur Europa. En fait, personne ne se sent concerné par la vision d’ensemble. C’est pour ça que je te dis que ça va merder, c’est sûr…
— Je comprends mieux maintenant. Mais du coup, si ça merde, ce ne sera pas ta faute, non ?
— Oui, je sais… Si je n’y peux rien, je n’ai pas de raison de m’en faire, c’est ça ?
— Tu vois, je n’ai même plus besoin de te le dire… conclut-elle avec un immense sourire avant de m’embrasser.
Nous avons poursuivi notre marche ainsi que nos discussions, puis, en fin de journée, nous avons rejoint toute l’équipe pour une soirée assez sage. Nous nous réservions pour le lendemain, après le tir de Véronique. J’avais prévu de bonnes quantités d’un rhum local que j’avais trouvé et qui avait la faculté de ne pas rendre malade, même après de grandes quantités ingérées.
L’enjeu du jour était d’importance, il ne fallait pas se rater, surtout devant autant de « beau monde ». Le choix d’une Véronique, dont nous maîtrisions totalement le lancement, avait été judicieux pour cette inauguration.
Tout s’était passé sans la moindre anicroche, le tir et le vol s’étaient avérés absolument parfaits. La presse avait été conquise. J’avais entendu des journalistes dicter à leur rédaction qu’ils venaient de voir l’inauguration du Cap Canaveral français. J’étais secrètement assez fier de ce qualificatif, même si une grosse partie du site restait en chantier. Une fois les discours prononcés et les officiels repartis, nous pûmes faire la fête entre nous.
La soirée au sein de notre équipe, à laquelle s’était bien sûr jointe Simone, avait été à la hauteur du succès. Il y avait un nombre de « cadavres » impressionnants le lendemain matin. J’avais eu raison, finalement personne n’avait été malade avec ce rhum.
Le 10, je ne suis pas allé travailler, mais, laissant Simone dormir avant qu’elle n’aille retrouver Josiane, Paulo et leur petite famille, j’avais fait découvrir la zone de l’ELD à Helmut. Les dimensions de ce lanceur étaient tout autres de celles des fusées-sondes telle Véronique. Quasiment le double en termes de hauteur et dix fois plus en termes de masse. On entrait vraiment dans le monde moderne avec Diamant B. Le moteur du premier étage allait être optimisé avec de nouveaux propergols (développés par le LRBA) et cette fusée devrait pouvoir placer une bonne centaine de kilos de satellite en orbite basse.
Mon ami allemand était impressionné par l’infrastructure et par la hauteur de plus de trente mètres de la table de lancement. Il n’en était pas revenu quand je lui ai expliqué que tout allait être climatisé. En même temps, vu l’état de sa chemise, il en avait vite compris l’intérêt. Cette transpiration n’était pas due uniquement aux effets de l’alcool ingurgité la veille. Sans doute un peu, mais pas que…
La taille requise du pas de tir nous avait imposé de ne faire qu’un seul emplacement de lancement, contrairement aux fusées-sondes qui elles, disposaient de quatre plates-formes de tir.
— Ah oui, vraiment, c’est autre chose Robert.
Son accent quelque peu guttural m’avait manqué après toutes ces années. Comme si j’étais replongé plusieurs années en arrière. Touché par cette nostalgie, j’essayai de masquer mon émotion en devenant un peu grandiloquent :
— Oui, on entre dans le monde moderne, Helmut ! C’en est fini de nos petites fusées.
— Petites, pas tant que ça. Et puis, on va tirer encore plein de Véroniques, je pense.
Après toutes ses années passées en France, il avait vraiment gardé son accent quasi intact.
— Tu as raison, au moins pour voir l’état de l’atmosphère avant de lancer les Diamants. C’est précieux les Diamants, faut y faire attention.
— Très drôle, Robert. J’aime beaucoup ton humour.
Il avait le rire facile Helmut, et avait toujours été bon public. Heureusement parce que mes blagues étaient souvent un peu pourries.
Quelques jours plus tard, il finit par repartir en métropole, construire encore plein de Véroniques. Le LRBA de Suippes devait aussi créer plusieurs moteurs pour le premier étage de Diamant. Le passage à Diamant B allait entraîner une nette amélioration du premier étage qui de Emeraude deviendrait Améthyste. Le moteur lui-même était passé de Vexin à Valois, gagnant près de trente pour cent de poussée supplémentaire. On allait aussi changer de couple carburant/comburant avec l’abandon du mélange acide nitrique/essence de térébenthine au bénéfice d’un couple innovant UDMH[3]/peroxyde d’azote[4]. Ces nouveaux ergols n’étaient guère plus stables que les précédents, les risques d’explosion restaient présents sur tout le site, d’autant plus que les stocks seraient nettement plus importants avec cette nouvelle fusée. C’est pour cela que la zone avait été décrétée « non-fumeur », et ce dès l’entrée dans le périmètre du CSG. Cependant, ils permettaient de gagner en puissance au décollage, là où la moindre poussée supplémentaire obtenue est capitale.
[1] La partie « primaire » d’une centrale nucléaire comporte les éléments qui sont au contact avec le combustible nucléaire et qui extraient la chaleur issue de la réaction nucléaire. Ce circuit est séparé, de façon étanche de la partie secondaire.
[2] La partie secondaire est un autre circuit, sans mélange avec la partie primaire, un circuit eau-vapeur qui extrait la chaleur du circuit primaire en transformant l’eau en vapeur, puis qui envoie celle-ci sur une turbine couplée à un alternateur, pour produire le courant électrique.
[3] UDMH : La 1,1-diméthylhydrazine, appelé UDMH (pour diméthylhydrazine asymétrique, en anglais : Unsymmetrical DiMethylHydrazine) est le nouveau combustible de la fusée Diamant B.
[4] Peroxyde d’azote : Le peroxyde d’azote, ou tétraoxyde de diazote, est un composé chimique de formule N2O4. Il s’agit d’un oxydant très puissant, utilisé comme comburant dans le moteur de la fusée Diamant B.
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