L'enfant précieux
— Il a coupé le contact, il est au courant.
Suza nous l’annonce en rage en venant interrompre notre réunion. On avait déployer nos troupes sur tous les fronts, dix mois après la bonne nouvelle. Il y a en ce moment des pertes et on se doute que Gorgin nous piège.
— C’est bien ce qu’on pensait ! Bon, on est fixé, on fera sans.
— Dorine, pourquoi il est venu que deux fois ?
— Hasus, la première fois c’était…enfin je ne sais pas comment il a pu faire mais il attend que Taurin pour qu’ils se battent. La dernière fois, c’est moi qui n’est pas compris aussi comment ça marche, sachant que je l’ai aperçu torturé des prisonniers. Des images furtives, violentes que j’ai coupé court en pensant à autre chose. J’en suis finalement heureuse que cela soit un échec, ça sentait le piège.
— Il sait maintenant que je suis avec vous, de mon côté, je pense fortement qu’il va revenir à la charge pour établir la même stratégie.
Elle s’installe avec nous dépité. La première fois que je la vois dans cet état. Pourtant, elle est d’habitude très optimiste et fier de moi durant ma formation intense. Entre les exercices physiques, je prépare des poisons, arrive à me rendre invincible et échoue encore à me transformer.
J’apprends à la connaître autant que l’inverse et je l’a remercie à chaque occasion du sort qu’elle m’a réservé. Une chance que je saisis tout les jours tout comme mon ventre qui grossit.
— Dorine ça va ?
Les autres reprennent le bilan sur la grande carte et je ressens à peine Nayla ainsi que Vikia qui me secouent.
— Elle est blanche ! Donisop, Suza ! Je pense qu’elle va accoucher !
— Ma chérie ?! Dis un mot, s’il te plait.
Je voudrais mais je ressens comme un monstre qui désire s’échapper. Comment ça c’est supportable de ressentir de telles douleurs ?! Parce que je suis une humaine ?
Mon hurlement transperce mes oreilles, mon sang pulse dans mon crâne tellement fort que j’en transpire. Je panique, je m’agite et Taurin me soutient puis me soulève jusqu’à la tente de Suza.
Une fois sur son lit de peau de Gascon aussi doux que du coton, elle s’affaire à me poser des plantes sèches et me murmurer des sages oraisons. Mon homme reste paralyser, incapable de parler.
— Taurin au lieu de rester comme un poteau, rassure là aussi !
— Oui pardon Doni ! Ma chérie, je suis là, tout va bien se passer.
Je lui brise sa main droite, il résiste tout en me tenant par l’autre épaule.
— Tu as déjà donner naissance Doni ?
— Oui Vikia. Dorine, j’en suis désolé par avance de voir ton intimité mais c’est que…
— Putain de merde !! Tu es gynéco !! Sortez-moi de là !!
….
Gynéco ? Aucune idée de ce que ça veut dire. Mes baisers touchent encore du sang alors que Nayla essuie au fur et à mesure avec du linge mouillé. Elle reste calme et je me demande, c’est quoi, son secret ?
— Vikia aide moi à la déshabiller.
— Oui bien sûr Suza.
Vikia laisse tomber sa préparation d’autres linges propres pour le bébé. Être père, j’ose le croire et aussi vite ! Un garçon ou une fille ? Ses pouvoirs ? Dire que dans tout l’Univers, c’est historique !
— On voit le bébé ?
— Il arrive ! Continue à pousser Dorine ! Courage, je sens sa tête !
— Au fait, pourquoi elle saigne ? Ce ne n’est pas normal non ??
— Bonne question Vikia, je n’ai jamais eu d’enfants et je doute que sur Terre, ça se produise.
— L’enfant peut donner ce risque. Etant une mortelle avec un peu de toi Suza et du sang de Taurin….
Nayla reprend ses gestes doux en bienveillance et soudain, une douce musique se fait entendre dehors. Kazou chante une belle mélodie. Ça détend Dorine et je lui en remercie. Il est certes vieux mais sa maitrise de différentes voix ainsi que ça capacité de jouer, nous a rendu pas mal service. Il est sage, discret.
— Un thé de Gire pour remonter le moral ?
— Olin ! Tu ne vois pas qu’elle en plein travail ?!
— Tu comptais bien poser tes bougies aussi Zad !
— Les gars rester dehors !
Bonin et Suza les force à sortir mais bien vite bloqué par Caquin qui a des dès dans sa paume droite et Hyrinos qui le retient aussi. Je me lève pour les retrouver :
— Puisque tout le monde est là, rester aussi ! Kazou, ramène toi !
— De l’eau, de l’eau….
— De suite Dorine, de suite.
— Tu n’arrives plus à pousser ?!
Elle s’hydrate plus qu’il ne faut et d’un œil inquiet, je demande à Doni ce qu’il faut faire.
— Taurin, tu as plus de puissance que moi, prend sa tête et aide moi vite à le sortir !
— J’ai peur de lui faire du mal !
— C’est ça ou il mourra !
— Mon cœur, s’il te plait, je n’ai plus rien en moi…
— De suite mon amour, je vais essayer.
Devant les autres silencieux, je m’agenouille pour saisir le petit crâne chaud et sous les conseils, je le tire. Dorine reprend aussi en donnant tout ce qu’elle là. Nayla et Vikia restent auprès d’elle et Suza avec l’autre, finissent de préparer de quoi laver le petit.
Enfin, avec le cordon, il est là. Un appel d’air avant de me regarder. Des yeux aussi intense que les miens et :
— C’est un garçon ! Un garçon Dorine ! Tu as accouché assez tôt, au fait, aucun risque pour la croissance ?
— Non, j’espère.
— Merci mon pote, tiens, prend le Dorine. Faudra trouver un petit nom à ce petit homme.
En larme, elle s’empare en sentant son odeur, en fermant les yeux. Personne n’ose dire ou faire quoi que ce soit.
— On va couper le cordon et le laver Dorine. Promis, on te le rend.
— Aucun soucis. Mon petit Zok, on se retrouve très vite, maman est pas loin.
— Zok ? Pourquoi pas, ça lui va bien.
— Mon cœur ? Tu veux nous laissez entre filles ?
— Oui, pas de problème. Je t’aime, on se revoit aussi vite.
Je les embrasse et d’un geste, je file avec tout les hommes. On s’installe dans la tente de restauration et on trinque avec tout les alcools possibles.
….
Zok, je suis mère. J’en ai toujours rêvé, seulement, bien qu’aucune femme ici n’a jamais été mère, je considère que s’occuper d’enfants, n’est pas le ressort des hommes. Et j’ai besoin d’avis.
— J’ai hâte que Félinda et Férin, rentrent pour le rencontrer.
— Il est si beau en plus, il est le sosie de son père, celui-là.
Je ris pendant que je me rhabille devant la réflexion de Vikia. Le couffin improvisé sur le bureau donne un beau spectacle. Toute ces femmes réunit le rend curieux. Je me place au centre pour jouer avec lui :
— J’ai conscience que c’est unique comme événement et que personne n’a jamais été maman ici. Si j’ai demandé à ce que vous restiez, c’est que j’aimerais que vous m’aidez à l’élever. Sur Terre, les hommes pouvaient le faire, mais ici, je considère que ça reste le rôle des femmes. Comment il va grandir ? Ses dons ?
— Avec plaisir Dorine. On va s’occuper de l’évolution de ton précieux enfant.
— Merci Suza bis et les autres aussi.
Je prend mon enfant qui me réclame. Il semble être plus gros que les bébés sur Terre à la naissance. Il est une rareté, je dois le protéger, quitte à mourir.
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