Cadeaux Partie Deux

6 minutes de lecture

Mes pas lourds m’accompagnent dans ma stratégie pour fuir. Déjà, le fait de lui avoir balancé « Azé est morte par ta faute mais pour continuer à l’avoir à ta guise, elle est ta servante ! ».

J’en ai tellement rit de mon intuition, qu’il a choisi de me placer dans le sous-sol dans une pièce froide, éclairés faiblement par des lanternes. Des gardes patrouillent toutes les secondes.

La servante dont j’ai deviné sa fonction avait accroché mon attention morne et je n’ai que relié tardivement sa mort par étranglement à là. Morte de faim, elle a subit encore les rages de Gorgin.

Il faut que je la mette dans ma poche, elle va forcément se souvenir de moi et pourra me donner des nouvelles de ma famille. Elle est un cadeau. Justement la voilà ! Le garde ouvre la lourde porte grinçante et d’un ton haut m’ordonne :

— Recule !

— Je ne compte pas sortir, je dois combattre dans l’arène !

— Votre repas Monsieur.

— Attendez ! Je voudrais vous parler.

Azé ne bouge pas mais je sens qu’elle n’a jamais eu quelqu’un qui ose lui demander quelque chose. De dos, elle replace tremblante le gobelet d’argile sur le plateau avant de le laisser sur la table en se tordant les mains.

Je ne sais que dire de plus et le garde ne met d’aucun secours. Pourtant, j’ose me rapprocher d’elle.

— J’ai besoin de me confier, vous comprenez bien que je ne suis pas un prisonnier ordinaire. Je suis le frère de votre Maître, le traite. Ma famille est dans la même situation et j’aimerais que vous me donnez des nouvelles de temps en temps sur eux. En espérant qu’ils soient bien traités.

Elle acquise lentement, tête baissée et commence à partir. Soudain, elle chuchote au garde qui nous laisse en paix. Face à face, porte close, je peux admirer ses yeux rouges intenses qui reflètent sa force de vivre.

Je peux deviner ses ailes noires dans ses veines sur ses épaules qui cherchent à se déployer pour prendre enfin une belle liberté.

— Il t’a brisé.

— Depuis ton départ.

— Tu m’as reconnu comme moi je sais ce qui s’est passé.

— Je suis lié à lui. Tu pourras me faire chanter si cela te souhaites, je n’ai aucun pouvoir pour le faire changer d’avis. En revanche, je te garanti que les tiens seront bien traités. Ton épouse m’accompagnera dans quelques tâches et ton fils, sera lui aussi surveillé à mes côtés.

— Je ne compte aucunement lui donner un autre plan. Seul la vie des miens m’incombe. Si en échange, tu leur donnerais de mes nouvelles, je t’en remercierais d’avance.

— Autre chose ?

— Sait tu où est Xiam ?

— Mon frère s’est envolé par ta faute.

— Je pensais qu’on nous l’avait enlevé et que donc tu saurais où il était.

— Tu avais douze ans, me laissant seule dans ma cage pour t’offrir le luxe de Xiam. Il me semblait que c’était le cadeau parfait pour vos parents. En fait, tu as l’a délibérément mis dehors.

— M’enfin non ! C’était….

Son demi sourire indique que je m’enfonce. Plus je remonte le fils de ma mémoire, plus elle a raison. J’était seul et plusieurs sentiments s’étaient agglomérés jusqu’au mensonge. Inventant le prétexte du vol qui avait à nouveau réveillé le monstre…

— Pourquoi pleures tu petit garçon ?

«

— Pourquoi pleures tu petit garçon ?

À genoux sur le parquet du salon, ma vision trouble ne me permet plus de tenter d’apercevoir Xiam, son frère. Je l’aime beaucoup mais, mes parents aussi. Azé reste l’amie de Gorgin qui est d’une tranquillité, d’un bien être incroyable.

Sauf que je n’ai jamais le droit de m’en occuper s’il n’est pas sur place. En plus, mes parents sont convaincu que je ne suis pas capable non plus, si je devais le faire que pour Xiam. Car j’avais malheureusement tué quelques plantes et des œufs de quelques espèces….

J’en suis jaloux, je suis en colère de tout cette injustice et que personne ne me comprennent ! Heureusement, aujourd’hui, vu que je suis malade, ils m’ont laissé me reposer, partit chercher un traitement contre la durule, des cloques qui me grattent dans le dos depuis trois jours…

— Qu’a tu fais petit garçon ?

Sa douce voix me remet ici, dans la dure réalité. Il faudra que j’invente un mensonge pour m’en sortir. Les Miris sont de belles créatures qui savent tout et sont capable de rapporter si cela les arrangent…Et moi, justement pas !

— Tu n’as rien vu hein Azé ?

— Tout.

— Quelqu’un l’a volé ! Ok ?!

— Tout va se payer petit garçon, tout va se payer »

— Je crois que tout le monde savait la vérité.

— Quelle fût ta punition ?

— Une semaine dans ma chambre, toute manière j’étais très contagieux. Ma jalousie m’a brisé et j’ai fragilisé mon frère. Il était vraiment capable d’amour !

— Tu crois vraiment ?

— Sinon pourquoi te laisser en vie ?

— La rareté. Une fois que tu étais hors de sa vue, il m’a bien caché pendant de si longues années. C’est quand tu lui as coupé une deuxième fois la confiance, qu’il m’a déchu de mes pouvoirs. Cette sorcière m’a rendu humaine et me voilà esclave de tout services hors luxure.

— Il n’a jamais considéré Belina ! Il n’aime personne au final, tout ce qu’il intéresse c’est se s’amuser un temps ! Tu as raison, tout ce qui est rare, exotique c’est sa passion.

— Tu sais prendre soin toi ?

— Enfant, il m’arrivait de ne pas faire gaffe mais je n’avais aucune intention de base de vraiment maltraiter. J’ai grandi en m’occupant de mes plantes et aujourd’hui, je continue de donner de l’attention, de l’écoute, de l’amour à mes proches, ma femme, mon fils, mes amis. J’ai au moins le mérite de savoir reconnaitre les erreurs. Quand on aime une chose, il faut toujours même en cas de blessure, être capable de réparer et de pardonner. Je pensais d’ailleurs parents m’auraient blanchis bien plus tôt, heureusement, ils l’ont réalisés un jour. Gorgin a su manipuler tout le monde et continue encore. Alors, oui, j’étais naïf car j’étais le petit garçon blessé, le petit garçon qui avait et a des émotions. Le petit garçon pleure en moi, tout les jours sauf que devant toi, se dresse un homme sincère, aimant et prêt à tout pour défendre l’acceptation de la diversité, de l’amour entre toutes les créatures. Les humaines sont aussi pures que toutes les déesses saines de l’Univers. Et quand je gagnerais, je te promet de rendre tes ailes. Suza, je l’ai retrouvé, bien qu’ayant perdu une main, elle aussi s’est envolé et continue la rébellion au-delà de ses murs avec les fidèles.

— De tout les prisonniers que j’ai pu croisé, tu es bien le seul qui ose me parler et qui est bien dans la vérité. J’aurais aimé connaitre l’état de mon espèce ainsi que nos dons. Seulement, de ce que j’ai pu en développer, je ressens qu’il va perdre. Tout royaume s’effondre un moment donné, dans l’arène il verra ta brutalité et je connais ses faiblesses, le jour où tu iras le battre.

Elle s’est encore plus approché de moi, nos bouchent presque au corps à corps.

— Tu veux le voir mort ?

— Il m’a brisé comme tu disais et je comptais bien te revoir un jour. Le destin de m’avoir laissé, était le bon. J’ai pu découvrir qu’il use de ses machines et ses petites créatures, pour se montrer puissant. Ses liens de feux sont brisables par la logique pure de l’eau.

— Sait-il se battre ?

— Il va et vient en un claquement de doigts seulement, je ne l’ai jamais vu se battre. Les lames vont vite le dépasser, il a en peur. C’est un petit dernier présent que je t’offre. Dans sa main gauche, son majeur lui manque, il s’était sectionné en voulant stopper un garde rebelle. Ce dernier, dans sa volonté de fuir, ne l’ai pas fait exprès.

— J’avais remarqué tout à l’heure. Un bon point, cela ne repousse pas. Merci de ta confiance, je te libère avant qu’il te punisse trop.

— Il est fort occupé cependant, c’est bien exacte, j’ai a faire. D’ailleurs, ton épouse m’attends pour la suite de la distribution des repas.

— Elle me livrera jamais ici, j’imagine ?

— Normalement non.

Elle se perd une dernière fois dans mes yeux avant de partir. Ayant besoin de remettre les choses aux clairs, je décide de manger plus tard. Ainsi Gorgin n’a vraiment pas grand-chose comme dons ? Bien qu’il soit rapide, je sais manier les lames.

Il suffira juste qu’il pense m’attaquer pour d’un éclair réussir à le toucher. Pour le moment, je pense à Dorine et Zok. Comment vont-ils passer ces premiers jours ? Et les autres ? Dans l’arène ou dehors ? Vont-ils eux aussi, réussir ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire La passeuse d'histoires ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0