CHAPITRE 45.4 * VICTORIA
ATTENTION : PASSAGE ÉROTIQUE
V.R.S.de.SC
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James inspire à pleins poumons, comme si mes déclarations s’infiltraient en lui, s’insinuaient dans sa chair afin qu’il puisse les absorber enfin. Une pulsation ardente éclot sous mon épiderme, crépite et s’étire jusqu’au bout de mes ongles lorsqu’il me serre fort contre lui. Ses bras sont un rempart, une étreinte qui murmure sans mots que je suis à ma place. Je me love contre son buste, paupières closes, et m’abandonne à sa chaleur, à la cadence de son cœur qui résonne en écho au mien. Mon prénom naît sur sa bouche, un appel chargé d’éclats et de gravité. L’instinct précède la conscience, et chaque fibre de mon être ébruite avant moi mes désirs. Loin du seul réconfort, je lui soumets ma dévotion, mon souffle, mon essence entière.
Ses lèvres frôlent mon front, puis dérivent le long de ma tempe, distillant une brûlure douce et lancinante. Mon cœur bat fort contre mes côtes, l’air se coince dans ma gorge et se heurte à l’attente. Du bout des doigts, il guide mon visage vers lui. Nos regards se croisent. L’espace d’un battement de cils, je vois le basculement, le choix gravé dans la profondeur de ses iris assombris.
Il m’embrasse avec une lenteur délicieuse. Un baiser simple et absolu. Une onde de volupté roule sur ma peau, liquéfie mes doutes, réduit mes résistances en poussière. Je frémis sous l’ivresse, ma respiration s’émiette, mais James, maître du temps, étire notre connexion, goûte l’instant, s’imprègne de moi.
L’adrénaline pulse dans mes veines, déchaîne un élan impétueux qui défie nos limites. Le désir irrépressible germe telle une pousse qui renaît des cendres, fragile et vulnérable. Elle réclame la lumière, l’oxygène, le contact. Chaque effleurement, chaque vibration nourrit sa survie. La peur de la déception, la colère de l’abandon, la nécessité de ressentir, d’exister, me consume à petit feu. L’air me manque tandis que mon cœur appelle le sien.
Mes doigts, sa peau, tout en lui m’embrase. Mes mains, avides de sensations, s’égarent sur les vagues de son corps, redécouvrent chaque contour, chaque courbe sous son T-shirt. James frissonne légèrement, son souffle s’alourdit. Il exige un baiser plus affirmé, mais me laisse le temps de le suivre, de répondre à cette demande sans hâte. Il veut plus. Moi aussi.
D’un geste lent qui déclenche mon soupir, je libère son torse du tissu qui le couvre. Le coton râpe sa barbe avant de s’élever au-dessus de sa tête. Sa nudité se révèle à mon regard enflammé. Mes paumes reviennent arpenter ses angles et ses creux. Ma bouche les rallie, s’incline vers sa gorge, emprunte le sillage de ses muscles. Mes lèvres s’appesantissent sur le grain lisse de son épaule, déposent des caresses badines sur ses clavicules. Puis ma langue parcourt le chemin de son sternum, buvant chaque goutte de ce feu qui se répand entre nous. Mes sens sont en alertes et chaque parcelle de son anatomie me marque d’un souvenir ineffable. Mes ongles en quête dessinent l’arc de ses pectoraux, puis la ligne de ses abdominaux jusqu’à déraper sur la fermeture Éclair de son pantalon, dernier obstacle à franchir. Je me redresse vers son visage alors que ma main s’immisce sous son boxer et déloge sa verge gonflée de désir. Tandis que mon poing entame des va-et-vient, je m’approche de son cou pour y semer des baisers plus insistants, plus fougueux, un langage silencieux que seule sa peau comprend. Mon souffle saccadé se cale sur le sien, sifflant. Il est mon reflet, une réponse à chaque mouvement que j’entreprends.
Les paumes de James remontent le long de mes bras, s’arrêtent sur mes joues, les encadrent avec une douceur inédite. Il cherche à apprivoiser mon regard et je le laisse faire. Il me ramène vers lui, sa bouche s’abat sur la mienne avec une urgence enivrante. Je m’épanouis sous cette étreinte, me plie à la pression de ses lèvres, mais une énergie intérieure persiste et s'éveille. Nos corps se dirigent instinctivement vers le bureau, mais cette fois, c’est moi qui prends l’initiative. D’un coup de poignet, je l’installe contre le meuble. Mes mains s’emparent de ses hanches.
— Tu as fermé la porte, n’est-ce pas ? demandè-je à voix basse.
Il répond par un signe de tête, confirmant sans un mot.
Je m’accroupis devant lui, mes yeux plongés dans l’océan de ses prunelles bleues.
— Vi, je… commence-t-il, mais je le coupe.
— Remplace-la, cette image qui te hante. Cède-moi la place, James.
Que ce soit moi qu'il voie. Moi sous sa peau. Moi dans sa mémoire. Que mon empreinte chasse celle qui l’enchaîne encore, que mon souffle soit le seul qu'il retienne.
Sans plus attendre, mes lèvres s’ouvrent pour le recevoir, le cœur animé par la passion et le dévouement. Ses muscles se contractent illico, ses phalanges s’agrippent au rebord du bureau. Je le goûte, enroule ma langue autour de son membre dur et soyeux, le laisse pénétrer ma bouche avec précision et délice. Sa chaleur m’envahit, sa saveur m’ensorcelle. Chacun de mes mouvements nous entraîne plus loin, dans un voyage d’abandon sublime et de connexion complice. Mon regard harponne le sien après chaque succion, alors qu’il me lègue le contrôle de sa luxure. Je veux qu’il se défasse de ce fantôme qui le maintient dans le passé. S’il faut réécrire son histoire à l'encre du plaisir, que je sois son dernier chapitre, celui qui brûle à jamais ses anciens versets. Ses pupilles brillent de désir, mais aussi de quelque chose d’indicible, une confiance, une cession qu’il me donne aveuglément. Moi, j’espère l’absorber tout entier, disperser ses doutes, lui offrir tout ce que je peux.
Son souffle se brise dans un râle rauque lorsque je l’aspire en moi. Je réponds à sa réaction en léchant sa hampe sur toute sa longueur, m’attardant sur ses replis satinés, la rondeur de son gland, la texture de ses bourses. Mes mains suivent la cadence, vadrouillent sur le pourtour glabre de son sexe, le haut de ses cuisses, le galbe de ses fesses, intimant de douces pressions ou des griffures aériennes. Je le prends avidement, m’enfonce jusqu’à la base, puis retourne jouer avec son extrémité, décuplant son plaisir en suçant, polissant, égratignant. Sa verge tressaute sous l’effet de mes caresses, attestant de l’extase croissante éprouvée. Dans ma bouche, il dépose la clé de son intimité, m’ouvre la porte d’un monde secret où il abandonne ses peurs et ses doutes au rythme de ma langue.
Les picotements dans mon bas-ventre galvanisent ma fièvre, me propulsent dans une frénésie exquise. Mes gestes, tantôt rapides et ininterrompus, tantôt langoureux, s’affirment à mesure que ma propre excitation grimpe en flèche. Suaves, envahissantes, mes lèvres se synchronisent avec son désir, se délectent de ses frémissements, se serrent ou se relâchent dans un ballet de soupirs. Poussée par l’envie, j’ose m’aventurer plus loin, avec plus d’ardeur, quand je constate que James se raidit davantage. Chaque centimètre de sa virilité est englouti par mon audace et je profite pleinement de l’expression extatique qui peint ses traits avant de revenir à la charge. Sa gorge libère un gémissement rauque et il finit par me freiner, la pression de ses mains réclamant un sursis.
Le brasier qui nous dévore se reflète dans le regard de l’autre. Il m’incite à me relever et capture ma bouche dans un assaut brutal. J'ai à peine le temps de respirer. Tant mieux. Il me prend, je le prends. Ses doigts impatients troussent précipitamment ma robe sur mon ventre, puis trouvent son visage. Les miens tâtonnent la surface du bureau lorsqu’il me soulève pour m’y asseoir. La morsure soudaine du bois froid sous ma peau déclenche une vague de frissons qui se propage jusqu’à mes reins. Mes bras encerclent sa nuque, pendant que mes jambes, pareilles à des lianes, se perchent sur ses hanches.
Nos corps se plaquent l’un contre l’autre, nos cœurs battant au même tempo, et le rythme effréné de nos baisers gagne en ferveur. Nos langues s’affrontent et se bousculent, nos halètements font vibrer chaque fibre de mon être, une fièvre primaire guide nos mouvements nous emportant dans une danse ancestrale. Chaque seconde est une brûlure délicieuse. Sa carrure m’enveloppe comme la nuit tombe sur le jour et nos lèvres ne se détachent plus, se heurtent dans une collision ardente, s’enflamment d’un appétit insatiable.
James glisse sa main le long de mon dos, trouve la fermeture et l’abaisse d’un geste sûr et précis. Mes seins totalement découverts sous ses doigts, ma peau rencontre aussitôt l’engouement de sa bouche. J’étouffe un cri lorsqu’il emprisonne un téton entre ses dents, puis le second. Sa langue chatouille mes sens en éveil, enlumine ma poitrine d’une cascade de marques torrides qui fait pétiller des papillons au creux de mon intimité. Déjà, mon amant se précipite entre mes jambes, mais je l’arrête en tirant sur ses mèches pour l’obliger à revenir dans l'urgence de mes lèvres. J’ai besoin de son regard, de son souffle, comme d’une oasis au milieu d’un désert.
— Pas maintenant. Juste… embrasse-moi et... donne-moi tout.
Mon lion grogne, mais s’exécute. Passant un bras sous mes reins, il m’installe sur le bord du meuble tout en parsemant mes lèvres de baisers désordonnés, scellant son intention avant même que nos corps ne s’unissent. En équilibre précaire, je me cramponne à ses épaules tandis qu’il me pénètre d’un coup puissant et déterminé, signifiant d’emblée la cadence et l’intensité de notre union. Cette conquête vive et exigeante m'inspire une réponse tout aussi sauvage. Je mords la chair de son cou pour contrer le cri fervent qui remonte de ma gorge et je serre mes cuisses autour de sa taille de toutes mes forces pour l’immobiliser au plus profond de moi. Son sexe qui m’emplit, pulse, m’électrise est un pur moment d’extase. Mon regard empoigne ses pupilles bleu cobalt et mes doigts se ferrent à sa peau comme à un roc, cherchant à le rapprocher encore plus, pour que rien d'inassouvi ne persiste entre nous.
— C’est en nous que tu dois croire, murmurè-je.
Mes mots s’envolent, bercés par la fièvre de l’instant et l’écho de mes désirs. Ses iris tourmentés s’intensifient, une lueur d’espoir scintille dans le tourbillon de son ardeur. Je perçois l’infime accroc dans sa certitude, alors que mon cœur tambourine. Je poursuis d’une voix tremblante, mais ferme :
— Sans confiance, tout ce qu’on construira sera un château de cartes. Tout n’aura de sens que si nous choisissons de nous battre pour notre bonheur. Ensemble.
Il fronce les sourcils. Son visage devient un théâtre d’ombres et de luttes, mais la fissure s’agrandit pour me faire place. Mes paumes s’amarrent à son cou, tracent des promesses sur sa peau. Je désire tant le voir s’ouvrir à ce qui est, tourner la clé de ses verrous et accepter le présent.
— Le passé ne peut pas nous voler ce que nous sommes, à moins que tu le lui permettes. Concentre-toi sur notre avenir, James.
L’oxygène gonfle sa poitrine. Nos doutes s’entremêlent à nos espoirs et nous déchirent. Mais je vibre d’énergie et je suis prête à pulvériser les murs qu’il a érigés, ces barrières qui l’isolent de mon cœur.
— Ne garde que notre amour.
Il ferme les paupières et pose son front contre le mien. Son étreinte se raffermit et il valide mes mots d’un baiser tendre. L’obscurité voile mes yeux à son tour, mais un mouvement de son bassin suivi d’un grognement guttural me ramène à lui. Ses reins s’abaissent avec une détermination qui fait trembler l’air autour de nous.
— Alors, jure-moi que tu m’appartiens, Vi. Que personne ne viendra jamais t’arracher à moi.
La détresse qui érafle sa supplique s’écrase contre ma conscience. Je n’ai jamais entendu sa voix ainsi. Une faille. Un gouffre où se noie une envie plus profonde qu’un simple désir. Il ne m’enchaîne pas, il se livre. Ce n’est ni une injonction ni un caprice d’homme jaloux. Il prie sans dieu ni autel, juste la fièvre de mes lèvres pour l’exaucer.
— Dis-moi que tu es mienne autant que je suis tien.
Mon guerrier dépose les armes devant ce qu’il redoute le plus : la perte, l’abandon. Il veut la preuve, le gage que je ne vacillerai pas. Ma bouche scelle ma réponse contre la sienne, mes doigts épousent ses traits dans une douceur fébrile. Mon baiser lui appartient autant que les mots déployés comme un serment :
— Je te le promets. À toi et à personne d’autre.
À cet instant, le monde s’efface, avalé par l’incendie qui rugit entre nos corps soudés. Guidées par un désir qui ne connaît ni retenue ni limite, nos silhouettes, collées l’une contre l’autre, vibrent d’une effervescence sauvage. James, maître de ma capitulation, m’enlace avec une force brute. Son regard d’acier m’agrippe tout comme ses mains. Soudain, il se retire, m'arrachant un gémissement de déplaisir pendant que mes ongles se plantent dans son dos.
— Je ne vais pas me contrôler, Victoria, souffle-t-il contre ma tempe.
Chacun de mes nerfs exulte, mon sourire effleure le sien tandis que je plonge mes doigts entre nous et ramène sa verge en moi. Mon bassin répond spontanément à son défi. Je veux qu’il se déchaîne. Ses pupilles s’élargissent, affamées, obscures, impitoyables. Dans un mouvement fulgurant, il presse ses lèvres sur les miennes. D’une poussée fougueuse, il se loge en profondeur, puis avale le cri qui, cette fois, n’a pas été retenu par ma discipline. Mon instinct prend le dessus et je me cambre à sa rencontre. James réagit à mon invitation, abaissant ses hanches avec une précision délicieusement brutale. L’univers bascule, il n’y a plus que sa chaleur, son poids, sa force contre moi.
Mon amant, ivre de désir, relâche un son primal, déchiré par l’envie qu’il n’arrive plus à contenir. Malgré la lenteur de ses coups de reins, une violence sous-jacente en découle. Mais ses gestes contredisent ses intentions. James fait preuve de maîtrise pour ne pas me brusquer, même si son corps clame l’inverse. Alors, c’est à moi d'intensifier notre fusion. Dans ce crescendo de passion, j’abandonne son étreinte. Mes bras cherchent un appui solide et je m’accoude au plateau dans mon dos. James ramène mes fesses sur le rebord et ma jambe se perche sur son épaule. Sa paume se précipite sur ma nuque, et nos fronts se rencontrent, connectant nos souffles dans un seul frisson.
Cette étreinte vorace est une affirmation de notre envie désespérée d’être à l’autre. La collision de nos chairs fait écho à chaque vibration qui traverse mon être et me mène inexorablement vers l’orgasme. Des gouttes de sueur perlent sur nos peaux. J’ai l’impression de suffoquer sous cette chaleur. Mes muscles se tendent et se relâchent sous la pression de sa puissance, tandis que la vague afflue fatalement. James la ressent et, dévoué à notre plaisir mutuel, enclenche des caresses sur mes replis intimes de sa main libre.
Une minute suffit pour que mon excitation atteigne son paroxysme. Un tremblement parcourt mes membres, une prémonition de la déferlante à venir. Aussitôt, j’arrête son poignet, retiens mon souffle, savoure l'intensité avant que l'extase n'explose. Je veux qu’il vive l'infini de mon abandon. Le corps totalement en émoi, je reviens contre son torse, empoigne sa chevelure et referme mes cuisses autour de lui. Un baiser final, une morsure féroce sur sa lèvre, puis je me laisse engloutir par ma délivrance en rejetant ma tête en arrière, mes bras juchés autour de son cou.
Quelques instants plus tard, alors que mes propres secousses s’évanouissent, mon homme me rejoint. Je le contemple. Son visage exprime l’apogée de son orgasme. Soumis à la décharge extrême de sa jouissance, ses sourcils se plissent, ses yeux s’étrécissent, ses mâchoires se verrouillent et sa bouche grimace avant qu’un râle court ne s’en échappe.
Avachies contre son corps, mes jambes se déploient de part et d’autre. Le contact de ses muscles encore agités par la dernière pulsation me cède un souvenir brûlant. Ses ongles continuent de marquer leur empreinte sur ma peau. Les miens se faufilent vers sa nuque pour y appliquer une pression apaisante et reconnaissante.
Peu à peu, sa respiration se stabilise, tout comme la mienne. Un rire léger résonne dans l’espace auquel je réponds en écho. James laisse tomber son front contre mon épaule, se réfugiant dans l’intimité de mon cou. Mon lion au repos, repu et alangui. L’idée qu’il pourrait rester ainsi en moi pour toujours m’effleure. Mais non, on finirait déshydratés...
Un silence complice s’installe, plus éloquent que mille discours. Sa barbe me chatouille, et son haleine chaude berce mon accalmie. Nos doigts s’entrelacent avec une douceur infinie, prolongement paisible de notre union. L’ombre de nos silhouettes mêlées dessine une frontière floue, où il n’y a plus de séparation, juste une mer sans tempête ni marée. Il embrasse tendrement le creux sous mon oreille et je frémis. Ses lèvres dansent sur ma peau comme des comètes : éphémères, mais brûlantes, abandonnant derrière elles une traînée de lumière qui ne s’effacera jamais. James est mon étoile filante. Mais il ne disparaîtra pas dans la nuit. Il brillera toujours dans mon ciel.
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