CHAPITRE 47.1 * JAMES

12 minutes de lecture

DÉVOILER LES CARTES


* *

*


J.L.C


♪♫ ... ♪♫




Assis côté passager, je contemple la ville défiler. Les immeubles se succèdent, le dédale urbain s’anime sous la lueur des réverbères, le ballet des néons projette des reflets sur le tableau de bord. Mon regard suit les mouvements, traque le flot ininterrompu des rues, parvis, boutiques, voitures, piétons et vélos, mais mon esprit s’égare dans des sentiers bien plus tortueux.


Concentrée sur la route, Isla me jette un coup d’œil à la dérobée avant de me balancer, toujours si pragmatique :


— Qu’est-ce que tu comptes faire ?


Je soupire. La question du siècle....


— Fermer les yeux très fort pour voir si toute cette histoire merdique disparait par magie ?


Elle esquisse un léger sourire.


Si Moïse a eu droit à ses commandements gravés dans la pierre, j’attends que l’univers m’expédie une tablette avec des instructions claires sur « Comment rattraper ses conneries sans finir célibataire — Édition spéciale : Jugement dernier du mec qui a encore le goût sucré de la trahison dans son palais made in « la BFF experte en sabotage ». En espérant que « Offre-lui du chocolat » soit en tête de liste…


— Franchement, j’en sais rien… J’ai pas trente-six mille solutions.


— À sa place, je préférerais l’apprendre de ta bouche plutôt que de le découvrir par hasard. Si Antoine me fait ce coup, je le laisse dormir dans la panière de Milo toute une nuit. Après l’avoir étripé, bien entendu.


Je lâche un rire sec et tapote nerveusement mon index sur l’écran noir du téléphone.


— T’es marrante ! Comment je suis censé lui expliquer ce foutoir ?


Avec des marionnettes ? Un PowerPoint ? Une bouteille de whisky, une prière et un strip-tease ?


— T’imagines : « Coucou bébé, devine avec qui j’ai échangé de la salive ce soir ? ».


Ma jumelle ricane.


— Tu l’appelles bébé ? s’étonne-t-elle.


— Non.


Isla lance un regard rapide dans ma direction avant de replonger dans la jungle de métal et de klaxons. Entre sa conduite millimétrée et son instinct de psy à la volée, elle pourrait mener une double carrière. Respect.


— Simuler une amnésie temporaire, c’est pas crédible non plus, Jamie…


— Sinon, j’ai toujours l’option de filer à l’étranger et de changer de nom…


— Dis-lui simplement que t’étais au mauvais endroit au mauvais moment, pris dans le feu nourri de leur petite guerre amoureuse, et t’as fait les frais d’une vengeance sentimentale à la française, voilà tout.


Parce qu’à « Écossaise, bien sûr, il y aurait eu un coup de genou stratégique, une pinte renversée sur la tête, le tout sur un air de cornemuse à la mémoire des bijoux de famille du défunt gueule d’ange. Mais non, les Françaises, elles, préfèrent rouler des pelles aux pauvres innocents qui finissent en dommage collatéral au milieu d’un pugilat émotionnel.


— Ah, surtout, insiste bien sur le fait que c’est pas toi qui as fourré ta langue dans la bouche de sa copine ni proposé une soirée à thématique libertine. T’étais un otage là-dedans, pas le génie de la trinité passionnelle.


Détails non négligeables, en effet. Le dernier truc dont j’ai besoin serait que Victoria m’imagine entreprenant ou instigateur. Un souffle rieur m’échappe.


Avec sa verve incisive, ma sœur mériterait une médaille en rhétorique offensive.


— Merci, Izy. Je vais essayer… Mais si ça dégénère, faudra me récupérer à la petite cuillère.


— Ah non, cette fois, tu gères comme un grand !


— Un grand quoi ? Flop ? Coup de maître ? Je te ferai dire que j’excelle dans l’art du grand n’importe quoi.


Poudre, sexe, bagarres, et quelques épisodes bien craignos. Certains appelleraient ça « gagner de l’expérience », moi je préfère l’étiqueter « best-off de mes pires choix de vie ».


— Si c’est un naufrage, tente au moins de couler avec panache, commente-t-elle encore, d’une voix railleuse.


Merde, elle ne croit pas si bien dire… ou elle me connait trop bien…


Il y a eu la soirée où j’ai misé ma Honda CBR 1000R sur un pari débile. Aux fléchettes. À Aberdeen. Résultat des courses : deux cents kilomètres en stop, le nez en sang. Une autre où je me suis réveillé dans une baignoire de glace, sans trop savoir si c’était un canular douteux ou un mauvais remake d’un trafic d’organes. La faute à un excès de luxure, hein. On ne badine pas avec la meuf du mec qui te vend tes doses. Ah ! Et le plan à trois à Megève qui a viré en hypothermie, parce que rien n’est plus ridicule que de se geler les couilles par zéro degré ?


Deux nanas chaudes comme la braise, le petit-ami de l’une d’elles qui se pointe en pleine action, une retraite prématurée par le balcon, un atterrissage brutal dans la neige, torse nu, pieds nus, cerveau freezé. Mon ego a encore moins apprécié quand je suis tombé face à face avec ma frangine et Antoine au milieu du couloir de l’hôtel, eux hilares, moi, grelottant. Le pire ? Devoir toquer à la porte le lendemain matin pour récupérer mon portefeuille et m’apercevoir que l’intrus de la veille avait réchauffé le lit à ma place. Sans compter mes accès de violence gratuite…


Une session de street fight improvisée contre un type trois fois mon poids, juste pour prouver que j’étais « cap » de relever n’importe quel défi. J’ai terminé carpette, et quelques jours plus tard, je m’inscrivais à la boxe. Quitte à m’écraser sur le dos, autant apprendre à encaisser les coups. Et la fois où, complètement pété à la téquila, j’ai sauté d’un voilier à Cancún et failli me noyer. La même, mais sur ma planche à Johannesburg, le nez encore chargé comme un hangar à coke… Une overdose évitée de justesse dans les chiottes d’un club miteux à Londres, juste après l’accident qui a coûté la vie à mon meilleur pote.


Bordel, je suis une épave, un putain de radeau à la dérive, un Titanic en train de sombrer qui tente d’embarquer Victoria à bord sans même s’assurer qu’il reste un canot de sauvetage.


J’aimerais tant l’emmener en Écosse. Lui montrer Édimbourg, lui ouvrir la porte de chez moi, la guider à travers les ruelles où j’ai traîné, les pubs où j’ai refait le monde ou plutôt, les rades où je me suis fracassé la gueule à vouloir m’oublier. Il n’y a plus rien pour moi là-bas, pour nous. Tout ce que j’ai laissé derrière moi, c’est un tas de débris et une réputation qui me précède. Mon ombre s’étire trop loin, elle s’étend sur les pavés, s’ancre dans la mémoire de ceux qui ont croisé ma route, domine les murs des lieux où j'ai déraillé. À force de trop flirter avec le gouffre, je suis devenu plus que le type qui enchaîne les conneries : une putain de légende urbaine, le mec dont le nom est synonyme de parcours à ne pas reproduire, une référence pour les petits jeunes qui croient tout maîtriser. Le comble : avoir entendu ma propre histoire dans la bouche d’un inconnu, déformée, certes, mais pas si décalée de la vérité.


Maintenant, me voilà sur ce fil usé, à cheval entre mon vécu et mon avenir, avec Victoria à l’autre bout. Si elle savait… Si elle savait à quel point l’idée de la voir découvrir l’impasse où j’ai bâti les ruines de ma déchéance, pire, de l’exposer à mon passé, me terrifie… Un camé, un salopard qui a baisé avec la moitié des filles de la capitale, attiré par les excès comme un aimant à emmerdes, toujours prêt à en découdre dès que la situation chauffait, à foncer droit dans le mur à chaque virage.


Putain, c’est pas comme si j’avais évolué… En moins de 48 h, j’ai fini torché sous son regard, vomi sur ses godasses — enfin presque. Je l’ai fait pleurer, je lui ai hurlé dessus, remis en cause ses principes, sa parole, son intégrité, failli la prendre comme un animal, éclaté son patron. Niveau combo perdant, on est pas loin du jackpot. Elle était là, spectatrice de la version la plus pourrie de moi-même. Elle voulait de l’intensité ? Bah voilà, c’est cadeau. Une tragédie en trois actes. Elle a dû me détester.


Et pour couronner le tout, j’ai laissé sa pote me galocher, histoire de rendre l’ensemble encore plus pathétique. J’ai pas cherché à me retrouver dans cette panade. Leslie m’a embrassé et moi… j’ai pas bougé d’un millimètre. En un quart de seconde, tout s’est renversé. J’étais figé, muscles tétanisés, cerveau hors service. Et pourquoi ? Parce que je suis raide dingue de Victoria et que ce baiser n’a pas seulement volé mes lèvres, il a dégommé tous mes neurones. J’aurais voulu réagir, reculer, mais mon corps ne répondait plus. De toute façon, quand je merde, je suis aussi vif qu’un poisson mort.


La sensation de trahir Victoria, même involontairement, m’a paralysé jusqu’à la moelle. Son image s’est imposée dans mon crâne, fracassante. Ses yeux pétillants quand elle rigole. Sa bouche insolente et diabolique qui glisse sur ma peau ou qui me défie par les mots. Ses mains qui me retiennent, s’emparent de tout mon être. Ce goût d’elle toujours présent sur mes lèvres, dans ma tête, dans mon sang. C’est elle, bordel. Rien qu’elle.


Le silence s’allonge, englouti par le vrombissement des voitures et le scintillement des feux de signalisation. Au point mort dans les bouchons, je laisse ma nuque retomber contre l’appuie-tête et fixe l’horizon, au-delà du pare-brise, au-delà de cette ville.


— Jamie, ça va ?


La voix d’Izy me ramène à la réalité. Je cligne des paupières, perdu dans mes pensées, puis m’étire autant que le permet l’étroitesse de l’habitacle.


— Ouais, t’inquiètes. Juste un peu… fatigué. J’ai pas beaucoup dormi.


Mensonge éhonté. Si j’étais plus frais, je pourrais donner des conférences sur le sommeil réparateur. En réalité, j’ai, au contraire, passé une nuit plutôt reposante comparée à celles où l’insomnie me tient compagnie. Sans mentionner le fait de l’avoir partagée avec Vi.


— Oh vraiment ? Quelle surprise, mo brathàir…


Son intonation est traînante, pleine de curiosité. Elle arque un sourcil, passe la vitesse supérieure. Son petit air faussement innocent qu’elle adopte quand elle veut me titiller ne me trompe pas.


— Fatigué d’avoir couru un marathon sous la couette avec Victoria ? Elle t’a fait voir les étoiles, c’est ça ?


Je roule des yeux et tourne la tête vers la vitre, pour dissimuler ce sourire narquois qui me monte aux lèvres.


Sa silhouette de rêve lovée dans mes bras, le parfum entêtant de ses cheveux, son souffle chaud contre ma peau, ses doigts qui m’accrochaient doucement dans son sommeil. Une nuit à la sentir contre moi, à graver chaque frisson, chaque soupir, chaque éclat d’elle dans ma mémoire.


— Ouais, voilà. Maintenant, laisse-moi respirer, j’ai des séquelles à gérer.


Bon, en vrai, je m’en sors bien… mais faut entretenir un peu le mystère, question d’honneur.


Pour le style, je ferme les paupières. Ma jumelle se marre.


— N’empêche — au pire, je lui demanderai directement — mais je te tire mon chapeau ! Entre ton état de zombie et la quantité de whisky que t’as ingurgité, je pensais que t’allais t’effondrer avant la ligne d’arrivée, pouffe-t-elle. T’as de sacrées ressources, grand frère !


Je lâche un rire étouffé, amusé malgré moi, et secoue la tête.


Sérieusement, elle s’imagine drôle ?! Isla, la reine des piques à tout va, surtout ceux destinés à ridiculiser son cher frère. Mais elle sait à qui elle a affaire…


— La réputation des Cameron ne sera jamais entachée sur ce terrain-là, crois-moi.


Un mental d’acier, de l’adrénaline à revendre, des abdos en béton, une touche d’imprudence et une déesse à combler de plaisir. J’aurais été capable de tenir des jours entiers, sans m’arrêter. Je compte déjà les heures jusqu’au départ pour Milan… J’ai pas l’intention d’y roupiller davantage.


— J’ai hâte d’entendre le retour de Victoria sur ta prestation… histoire de voir si t’es à la hauteur de ton beau discours.


— Vas-y te gène pas !


Je hausse les épaules, feignant la désinvolture, mais une petite voix me chatouille. Victoria a apprécié, n’est-ce pas ? Pas de doute à avoir ? Si j’étais aussi bon qu’elle, je m’autocongratulerais. Mince… Vi va pas m’envoyer dans les cordes au moins ? Allez, on oublie. À mon tour de taquiner ma chère sœur…


— Dois-je te rappeler que, toi aussi, tu contribues largement à notre image de famille, mo piuthar ? Une vraie spécialiste, même.


Son regard en coin, chargé de malice, me dit déjà tout ce qui va suivre. La bataille verbale est lancée.


— Merci, tu me flattes et tu as raison : je porte notre blason avec force et honneur. Antoine ne pourra que confirmer.


Paix à son énergie. Mon beau-frère savait dans quoi il mettait les pieds.


— Ah bah tant mieux, j’espère juste qu’il a le cardio pour tenir le rythme… parce que si t’es aussi endurante que bavarde, le pauvre doit être en PLS chaque matin.


Elle éclate de rire. J’aurais dû me taire. Voilà que ma frangine surenchérit avec une tirade sur sa supériorité naturelle.


— Tu ferais bien de prendre des notes, t’as encore beaucoup à apprendre, jeune padawan. Bon, si on compare nos palmarès, tu me colles une raclée. Mais si on devait élire le meilleur élément, j’ai toujours été la plus brillante, maligne, débrouillarde, drôle, inventive, imbattable à la course et surtout, j’ai le dernier mot… même quand j’ai tort.


— OK, Madame Perfection incarnée, mais moi, j’ai une meilleure descente. Tu t’es vu après trois verres ? C’est à se demander si t’es vraiment écossaise !


— Excuse-moi, c’est juste une question de métabolisme. T’as poussé une tête de plus que moi, t’es bâti comme un viking, forcément l’alcool te fait moins d’effet. Moi, je suis agile, rapide et élégante. Toi, t’es… une armoire à glace avec un ego proportionnel à ton tour de biceps.


Je contre-attaque illico.


— Une armoire à glace qui te pulvérise dans n’importe quel défi.


— Tu veux revenir sur toutes les fois où je t’ai mis minable ?


— Tu veux reparler des fois où t’as triché pour gagner ?


— Des détails.


Ouais, comme l’objectivité dans ses souvenirs.


Soudain, une vibration dans ma main me fait baisser les yeux. Mon portable s’éclaire. Une simple notification publicitaire. J’aurais préféré recevoir des nouvelles de Victoria.


Je scrute l’asphalte qui s’étend devant nous. Les lumières des voitures clignotent dans la pénombre. La playlist Tropicool d’Isla, une compilation d’airs d’été doux et rythmés, censée instaurer une ambiance chill, emplit l’habitacle. À consommer de préférence en mode coucher de soleil, sauf qu’avec le changement d’horaires le week-end dernier, il fait déjà nuit noire sur Toulouse.


Je lâche un soupir en me réajustant sur mon siège, puis déverrouille mon smartphone. Mes doigts dévalent les applications en quête d’elle. Comme un type perdu dans un dédale numérique, je cherche désespérément à revoir son visage. Chaque jour, depuis des mois, je répète ce geste. C’est devenu une habitude, un besoin. Espérer qu’elle apparaisse, rêver qu’elle m’écrive… Ridicule, surtout quand on sait que c’est moi qui l’ai rejetée à la base. Le junkie que je suis passait son temps à vérifier son téléphone fouillant les recoins de ses réseaux à la recherche de sa dose quotidienne de regret. Mais aujourd’hui, la donne a changé. Je n’ai plus l’impression de rôder tel un spectre. Non, cette fois, je suis là, dans son présent. Pour la première fois depuis des semaines, l’attente n’est plus une illusion.


Dès que j’ouvre Insta, je tombe sur sa dernière story. Ma reine des Enfers trône dans le fauteuil démoniaque, majestueuse, magnifique, entourée de ses copines, Nina et Leslie. Le cliché respire la provocation, la sensualité, non… le sexe. N’importe quel mâle prierait pour se jeter aux pieds de ses trois nanas. À mon avis, j’exagère à peine.


Son regard intense capte la caméra. Leslie se la joue aguicheuse et débridée à souhait. Nina se cache dans une aura de pureté, avec un petit air coquin qui ne manque pas de piquant. Quant à Vi, elle dégage une assurance troublante, à l’instar de son personnage. À la fois froide et distante, mystérieuse et fatale. Je me demande si elle a conscience qu’en une photo, elle a le pouvoir de me faire douter de ma santé mentale. Elle est belle à se damner, comme toujours ou comme jamais. Oui, c’est ça, je ne l’ai jamais vue aussi puissante qu’aujourd’hui. Là, tout de suite, je ne sais pas si je veux l’embrasser ou signer un pacte de soumission éternelle. Puis je lis la légende : Perséphone attend Hadès. Bon sang, elle badine encore avec les métaphores. Mon cœur s’accélère. Un frisson d’anticipation court sur mon échine. J’ai envie d’elle. Elle m’envoûte et je souris comme un benêt. Je vais répondre à son appel et plutôt deux fois qu’une. J’irais la rejoindre, l’emmènerai dans un coin, goûterai la moindre parcelle de sa peau, savourerai chaque soubresaut, soupir, cri qu’elle m’accordera. Je la ferai mienne, d’une manière ou d’une autre, tendrement ou sauvagement. À elle de me dicter ses besoins. Je me glisserai en elle, la revendiquerai. Ma Victoire. Ma Vérité.


Mais avant, il faut que je me jette à l’eau. Littéralement. L’heure de la confession a sonné. Facile à dire, sauf que l’idée de lui avouer l’incident, ou devrais-je dire, le piège tendu ou le coup de théâtre avec Leslie me donne l’impression de devoir plonger dans un volcan en éruption. Espérons que la lave ne m’engloutisse pas à jamais…

Annotations

Vous aimez lire D D.MELO ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0