Jour 1
Couché 1h. Réveillé à 3h32. La durée moyenne de mes nuits depuis bientôt six mois.
Avant, j'étais tiré du sommeil par mes angoisses de mort. Elles ont disparu. Je n'ai à la place qu'un sentiment de vide et l'agacement d'être trop tôt éveillé.
Ce qui ne change pas, c'est ce qui vient ensuite. Le cerveau qui s'allume. Les pensées qui fusent et se confondent en un amas sombre d'absurdités.
Je repasse dans le désordre les éléments perturbants de la journée passée. Un dimanche en famille. L'agitation. Le bruit. La fatigue accumulée qui joue désormais fortement sur ma capacité à être avec les autres. Capacité déjà très relative, mon introversion rendant naturellement les interactions extrêmement coûteuses.
Je réalise qu'avec le temps, je parle de moins en moins. Je m'efface petit à petit, comme si j'avais choisi cette manière douce de quitter le monde.
Une mort lente, à petit feu.
La mort de l'âme avant celle du corps.
Une mort avant la mort.
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