32 - Théo : notre amitié a une date butoir

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Elaya souffre, je le ressens chaque jour davantage. Chaque jour, elle sent maman s’éloigner un peu plus. Pourquoi sa propre mère ne la défend-elle pas ? Pourquoi laisse-t-elle Chloé s’incruster dans sa vie, dans la nôtre ? Elaya ne comprend pas. Elle répète souvent d'une petite voix brisée : « Quand on aime, on ne donne pas… Comment peut-elle me donner ? »

J’ai beau être né, cette situation me met mal à l’aise. Notre mère fait de son mieux, j’imagine. Mais au fond, je sais que tout cela la dépasse. Je veux croire que ce n’est pas une question d’argent. C’est ce que je me dis pour me rassurer. Mais quand Elaya me parle avec tant de tristesse, la culpabilité m’écrase.

Je dois me rattraper. Je dois les aider, tous les deux, Elaya et Gabin. C'est moi qui ai brisé Elaya en lui révélant la vérité. Et maintenant, je dois réparer ce que j’ai fait. Alors, je fais ce que je sais faire de mieux : je réfléchis, je planifie, je ruse aux échecs. Mais cette fois, ce n’est pas un jeu, c’est notre avenir qui se joue.

— On ne peut plus subir, leur dis-je calmement. Si on laisse faire, tout sera terminé avant qu'on ait eu le temps de réagir. Gabin, Elaya, écoutez-moi bien.

Ils me regardent, intrigués. Je capte toute leur attention.

— Le plan de la clinique repose sur un calendrier. Pour eux, tout repose sur un timing précis. Si nous parvenons à changer ce calendrier, à le bouleverser, tout s’écroule. Ils comptent sur un déroulement sans faille, sur des accouchements planifiés. Sinon, le changement d’état civil ne pourra pas être opéré. On va leur compliquer la tâche.

Gabin fronce les sourcils.

— Comment faire ? me demande-t-il, les yeux brillant d’une lueur d’espoir.

— Toi, Gabin, tu peux provoquer l’accouchement un peu plus tôt que prévu ? Si tu fais ça, tout leur planning s’effondre.

Il explose de joie.

— Ça me va. J’actionne le siège éjectable ! Naître à huit mois, ce n’est pas si terrible !

— Et toi, Elaya, tu dois tenir bon, lui dis-je en me tournant vers elle. Je sais que cela va être difficile, mais tu dois garder le moral. Ils ne pourront pas te prendre si Gabin fait foirer son adoption. Tout le trafic va tomber !

Elaya baisse les yeux, émue, mais finit par hocher doucement la tête. Elle comprend, même si cela la bouleverse.

— Alors, dans un mois, je me retrouve seule ! c’est ça le plan ? maugrée-t-elle.

Je hoche la tête

— Oui. Sauf si la naissance de Gabin se passe mal… Comme ce fut le cas pour moi …

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